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INFLUENCE DES PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DU SOL

signalé ces faits. Les feuilles en décomposition sont déchirées en petits fragments, partiellement digérées, puis saturées d'excrétions intestinales et urinaires. Il se forme de l'humus qui a un caractère particulier et qui semble éminemment favorable à la nutrition végétale et au développement des bactéries et autres plantes inférieures.

M. Von Hausen a étudié cette transformation de matières organiques, ainsi que M. Kostytcheff. M Millson à prouvé que la fertilité naturelle des plaines de la Guinée était due aux facons que donnent les vers de terre et M. Wollny a pu constater que la présence de ces animaux dans un sol augmentait les récoltes.

. [ne faudrait pas songer à améliorer les propriétés physiques d’une terre sans considérer les aptitudes etles besoins des plantes que l'on désire cultiver. Quelques exemples en donneront rapidement une idée. |

Une terre humifère perméable, riche en azote, pauvre en calcaire, convient parfaitement à des plantes telles que des Azalea, des Andromeda, des Rhododendron; essayez d'y cultiver des tabacs ou du maïs, des haricots ou du blé, vous obtiendrez des résultats désastreux comme rendements. Si dans un pareil sol, vous ajoutez 3 à 5 0/0 de marne ou 1 à 2,5 0/0 de chaux et des phosphates, vous aurez de magnifiques récoltes de haricots et de blé, mais les Azalea et les Rhododendron mourront ou péricliteront certainement.

En résumé, il faut toujours étudier les rapports des plantes avec les substances que l'on désire introduire dans le sol comme amendements sous peine parfois de résultats fâcheux.

La conclusion de l'étude des propriétés physiques des terres est qu’elles jouent au point de vue de la culture des plantes un rôle prépondérant.

Il est donc indispensable d’avoir une idée exacte de la constitution physique de la terre où on cultive.

L'examen de la végétation spontanée peut a priori dans quelques cas donner une notion de l'élément prépondérant; ainsi dans les terres argileuses, on constate la présence des « Potentilla anserina, P. argentea, Orobus tuberosus; dans un sol calcaire, Veronica hederæfolia, Campanula glomerata, Onobrychis viciæfolia, Lithospermum officinale, les Lavandes, Thyms ; pour une terre siliceuse les Silènes, la Veronica verna ; dans un sol contenant beaucoup d'humus, Vaccinium myrtillus, V. uliginosus, Oxycoccos palustris, Caluna vulgaris, Erica cinerea, scoparia, tetralix et vagans, Spergula subulata, Empetrum nigrum, Eriophorum vaginatum, E. latifolium, E. angustifolium, Sphagnum obtusifolium, S. acutifolium, Rumex acetosella.

En outre, dans les terrains à sous-sol argileux, on rencontre l'Equisetum arvense. Mais les indications que fournit la végétation sont beaucoup trop peu précises et dans tous les cas il faut recourir à l'analyse physique de la terre.

Analyse physique du sol.

La prise d’échantillon de la terre qui doit être soumise à l'analyse est une opération beaucoup plus délicate qu'on ne le suppose généralement.

Si on doit cultiver dans un sol en place, on doit avoir une idée de l'épaisseur de la couche cultivable, de la nature et des propriétés physiques du sous-sol.

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En plusieurs points différents du terrain considéré, on fait ouvrir une tranchée de 1 mètre de profondeur. On note l'épaisseur du sol et du sous-sol. Puis on prélève verticalement avec une bêche une tranche de terre de toute l'épaisseur du sol et on la jette dans un panier. On répète cette opération autant de fois que l'on a fait ouvrir de tranchées de manière à avoir réuni une vingtaine de kilos de terre. On mélange intimement tous ces échantillons et, sur l'ensemble, on en prélève 3 kilos qui serviront pour l'analyse mécanique, 1 pour l’analyse physique et le dernier pour l'analyse chimique. Ces trois échantillons sont mis dans des flacons bouchés.

. Si on ne doit pas utiliser le sol sur place, mais

4 pour des cultures en bâches, en bacs ou en pots, on

| en fait réunir des tas que l’on brasse à plusieurs reprises, puis on prend en différents points et à différentes profondeurs de petites fractions de terre que l’on mélange et c'est dans ce mélange que l’on prend les 3 échantillons.

Il est d’abord utile de déterminer rapidement la densité de la terre. On prend à cet effet une éprouvette graduée de 1 litre, on y verse 450 centimètres cubes d’eau distillée. D'un autre côté, on a pesé 100 grammes de la terre dont on veut déterminer la densité. On verse cette terre dans l’éprouvette dont on lave les parois avec 50 centimètres cubes d’eau. On

3 lit sur l'échelle le nombre de centimètres cubes dont le volume primitif (500 e.m. c.) a été augmenté, soit 999 — — D donne a — 1,052, densité cherchée.

. On procède ensuite à la détermination de la quanté d’eau contenue dans l'échantillon. Il suflit de faire deux pesées de 10 grammes de terre dans deux

soucoupes tarées, que l’on place pendant deux ou trois jours dans une étuve chauffée à 190° ou 105° au moins. Quand les soucoupes ne varient plus de poids, la différence entre ce poids et le chiffre primitif représente le poids d’eau contenue.

On procède ensuite à l'analyse mécanique. Toute la terre à analyser ayant été passée à l’étuve, on en prend 200 grammes que l’on place sur un tamis à mailles de 1 centimètre de diamètre. Il reste sur les mailles soit des pierres ou des débris organiques, on les frotte avec la main pour faire tomber la terre qui y adhère, puis on les classe en débris organiques qui sont facilement séparables, et en pierres calcaires. Une goutte d'acide faisant effervescence permet de reconnaître les pierres calcaires. On pèse toutes ces substances et on en établit la proportion pour 100.

Toute la terre qui a passé au travers des mailles du tamis est jetée sur un autre dont les mailles ont 0 cm. 01. On force au passage les particules avec la paume de Ja main et on imprime un mouvement de va-et-vient. On pèse la fraction du sol restée sur le tamis, puis on la verse dans un vase assez profond rempli d'eau. L'humus surnage, on le recueille avec une spatule, on le met à l’étuve et on le pèse quand il est sec.

Il y a au fond du vase du calcaire, de la silice et de l'argile ; on décante, puis, sur le mélange, on verse de l’eau tiède aiguisée d'acide chlorhydrique. Le calcaire se dissout, on lave à plusieurs reprises et on filtre. Pour séparer la silice de l'argile on emploie le procédé que nous décrirons pour l'analyse physique de la terre fine. Le poids du calcaire est obtenu par

différence. On peut par exemple alors dresser le tableau suivant :

TERRE DE BRUYÈRE DE RAMBOUILLET (Seine-et-Oise)

RO D eee = J1,80-0/0 HO ILO PMR E MR PNR A Eye 1101 Particules Particules de plusde 0 m. 01 de plus de 0 m. 001 Pierres calcaires %/2#0;0% 0/0 0,0 0/0 — non calcaires, 0,20 11,89 — argileuses . . 0,0 0,0 Débris organiques. . 2,20 6,22 2, 40. 18,11 Re Re Matières grossières. . 20,51 0/0 ÉGrPorAner L'&re. 19,49

Le poids de la terre fine est obtenu par différence.

Cette analyse mécanique de la terre arable à une

grande importance; elle est à tort négligée beau-

coup trop souvent. Son principal intérêt est de permettre une interprétation rationnelle des nombres donnés par les analyses physiques et chimiques et de permettre les calculs exprimant la valeur exacte du stock d'éléments fertilisants contenus dans la terre. Nous n’estimons pratiquement utile pour des cultures d'une faible durée comme celles que l’on exécute dans des pots, bâches, que les particules terreuses qui ont moins de Î millimètre de diamètre. Ceci est certainement arbitraire et montre la nécessité de la fréquence des analyses quand le même sol doit porter plusieurs cultures. On admet que plus les corps sont finement divisés, plus leurs chances de solubilisation sont accrues, par consé-

quent leur assimilabilité par les plantes est rendue plus facile, soit à l’état de solution, soit en place. Les chances de solubilisation par contact des racines sont plus grandes pour les fines particules que pour les grosses. On sait en effet que les racines peuvent, par contact, modifier la nature des éléments insolubles sur lesquels elles se fixent. C'est un fait

d'expérience que la zone absorbante des radicelles

offre une réaction acide (due aux acides citriques et maliques). Ces solutions acides attaquent les particules rocheuses et forment avec leurs bases des composés dialysables qui peuvent être absorbés.

Analyse physique de la terre fine.

Cette suite d'opérations, de même que l'analyse chimique dont il sera question plus loin, ne peut être faite avec profit que par un chimiste exercé. Il nous semble peu avantageux de conseiller d'entreprendre ces opérations délicates quand on ne possède pas un matériel approprié et une longue pratique. Les laboratoires d'analyses sont répandus partout aujourd'hui et pour un prix minime on peut rapidement avoir des données exactes. Le seul soin à prendre est de faire la prise d'échantillon comme nous l'avons indiqué et de bien spécifier ce que l'on désire connaître au sujet de la terre qui va être soumise aux études du chimiste.

Pour l'analyse mécanique et physique, demander : la quantité d’eau contenue dans l'échantillon et sa densité ; puis une analyse mécanique complète, comme nous l'avons indiqué, et enfin la proportion de terre fine et sa composition centésimale en silice, calcaire, argile et humus.

“> À ES ce EC Eee 0 0- cCRE D

Gufan ds EL ui

Le chimiste vous remet alors un bulletin d'analyse

ainsi CONÇU :

Eau . 42,5 0/0

Densité. . 1,385 Particules Particules

de plus de 0 m. 01 de plus de 0 m,. 001

Calcaire. . 0,05 0/0 0,90 0/0

SIICE: 1,00 4,25

ATOHES 0,00 0,00

Humus . 1579 8,05 2,90 29+20

Matières grossières. . 16,00 0/0

Terre fine. . 84,00

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