‹ Sols, terres et composts utilisés par l'horticultureChapitre 98 sur 173 · CLASSIFICATION · texte numérisé non relu

CLASSIFICATION

Supposons qu'une terre en place contienne 60 0/0 de silice et 40 0/0 d'argile; nous nous trouvons en présence d'un sol silico-argileux qui peut être :

Rocheux.

(ee | L Caillouteux.

Silico-argileux soit. . . . 4.

Graveleux.

Sableux.

Si une terre contient 60 0/0 d'argile pour 40 0/0 de silice, elle est alors argilo-siliceuse et c'est de la même manière que nous pouvons définir comme types les sols silico calcaires, argilo-siliceux, argilocalcaires, calcaro-siliceux, calcaro-argileux, silicohumifère, humifère-siliceux, humifère - argileux. Dans la nature, l'association de tous les éléments est possible et en toutes proportions; seulement il nous serait impossible d'étudier des types spéciaux dont le nombre serait aussi considérable que le nombre des terrains naturels eux-mêmes. On aurait des types de terres silico-argilo-calcaires, calcaro-argilo-siliceuses, ete., etc., et la complication deviendrait d'autant plus grande que l’on spécifierait chaque fois l'étage géologique.

Ainsi donc, au point de vue pratique ; quand un sol naturel ne rentre pas nettement dans une des catégories saillantes que nous aurons l’occasion de passer en revue. Il faut le considérer comme un cas isolé et en faire une étude particulière; qui amènera à connaître ses qualités et ses défauts, sa composition et ses propriétés.

Nous voulons simplement montrer avant d'entrer dans notre sujet l'avantage de la classification mixte sur la classification dite physique et sur la classification purement géologique. L'appellation « sol

calcaire », ne désigne rien de précis à notre esprit; pas plus que celle de « sol Bathonien », mot qui indique l’origine et la composition probable mais ne peut être connu que d’un nombre limité de personnes, tandis que l'expression de « terrain calcaire rocheux Bathonien » est plus claire, plus compréhensible et tout aussi scientifique.

Nous allons maintenant appliquer à l'étude des sols naturels en place la classification que nous venons d'exposer, en insistant sur les propriétés physiques et chimiques de chacun des types particuliers, ainsi que sur leur composition, leur utilisation, leurs aptitudes à des cultures déterminées et les améliorations possibles à y exécuter.

Terrains siliceux rocheux. — Dans les régions de formation primitive (granite, gneiss) on trouve assez souvent des terrains siliceux rocheux. En général, seule leur exploitation sylvicole peut être rémunératrice. À cet égard, la végétation forestière du massif Vosgien est remarquable. Les Epicea et les Abies pectinata prospèrent dans les éboulis de Gérardmer, les reboisements de Plombières et du Val d'Ajol montrent le parti que le sylviculteur habile peut tirer des pentes rocheuses qui semblent inutilisables. Dans le même ordre d'idées, on trouve de beaux exemples de reboisements en Suisse, dans les environs d’Interlaken. La région granitique Pyrénéenne est couverte de forêts où la végétation est moins luxuriante que dans les Vosges; ceci tient en partie à la nature impénétrable des gneiss et des

micaschistes qui permettent difficilement le passage des racines et rendent ainsi les reboisements très difficiles. En Auvergne, sur les rocs siliceux se trouvaient d'assez belles forêts qui ont peu à peu disparu ; maintenant on y voit de maigres chênes et quand l'eau est abondante, on peut y planter des châtaigniers avec assez de succès. Les pins sylvestres ont donné aussi quelques bons résultats.

Nous passons aux terrains de « transition » dont nous prenons pour premier exemple les Grès Armoricains de Bretagne. En général, on y remarque des collines à arêtes vives dont de bons exemples peuvent se remarquer dans les environs de Domfront ; ces collines sont constituées par de gros blocs de grès à grains très fins. Rarement la végétation ligneuse y est belle, c'est à peine si quelques chênes parviennent à enfoncer leurs racines dans les fissures où peu à peu le grès devient un peu friable. Quand les crevasses sont plus abondantes, on peut y élever des pins maritimes; mais de nombreux essais de création de vergers de pommiers ; n'ont pas donné de bons résultats quoique, cependant, souvent de grands efforts aient été faits pour défoncer profondément le sol avant la plantation.

Dans les Vosges, se rencontrent en abondance les grès rouges Vosgiens; les sommets des collines et des montagnes sont dénudés; on trouve en se rapprochant des parties basses des pins sylvestres. En réalité, seuls les résineux peuvent donner là des résultats intéressants.

Il faut arriver aux formations tertiaires pour retrouver des sols siliceux rocheux. Il y à en de très importants exemples dans les environs de Paris. Les grès de Fontainebleau ont un grain moins fin

que les précédents et sont plus facilement désagrégeables.

Les blocs de grès reliés par des sables fins sont aptes à une végétation forestière qui est souvent très belle; les hêtres, chênes et de très beaux châtaigniers caractérisent cette région où les

bruyères, les Pteris aquilina et les bouleaux ainsi que les Juniperus abondent.

Terrains siliceux caillouteux. — En général, ces sols ne sont fertiles et cultivables que quand l’eau est abondante. Sur les bords de la Moselle, où l’irrigation est intense, la végétation herbacée est magnifique; mais sans eau, ces terres sont très arides se couvrent de Genêts à balais, de Cheleria crispata et de Sédum acre. C’est ce que l’on peut constater, en pire, dans les vastes plaines de la Crau au-dessous d'Arles; ce sont là des champs de pierres. La seule amélioration possible consiste en colmatages au moyen desquels un peu de limon du Rhône vient se déposer entre les pierres, ce qui permet de semer des Graminées. Au point de vue horticole donc, aucun parti convenable à en tirer.

Terrains siliceux graveleux. — Quoique arides et brülants en été, froids en hiver ces sols sont un peu moins mauvais que les précédents.

En général, ce sont des terres très perméables, meubles, qui manquent de chaux et d'acide phosphorique ; elles peuvent donner de bons résultats culturaux quand on peut y faire de fréquentes irrigations. A l'état naturel, on y voit beaucoup de Fétuques et de Genêts à balais. Dans les Vosges où ces sols se rencontrent fréquemment ; on les a beaucoup améliorés en leur incorporant des amen-

dements calcaires et des charrées (cendres de bois lessivées), les prairies y sont devenues productives et la culture arbustive possible.

Les contreforts des monts des Maures et de l'Esterel qui bornent la Corniche ont donné naissance à de semblables sols, surtout dans les désagrégations de micachistes. Souvent là, on dispose les jardins en terrasse et quand l’eau est abondante et les fumures organiques un peu copieuses, la végétation y est luxuriante. Les orangers, les müriers et la vigne y croissent à merveille et Les cultures de Phœnix et de Chamærops s'y veient fréquemment (le Pritchardia filifera, en dix ans, y forme des troncs d’un mètre). Un assez grand nombre de vignobles des bords du Rhône sont établis sur des terres de cette nature, qui, même reposant sur des sous-sols rocheux impénétrables donnent des produits estimés.

Dans les formations tertiaires du sud-ouest de la France, on trouve des sols siliceux graveleux. Sur les flancs de colline du Médoc, où ils présentent souvent une épaisseur considérable. Ils sont éminemment propices à la culture de la vigne et on récolte là des vins d'excellente qualité. Leur défaut capital est d’être brülants en temps de sécheresse et, il faut des végétaux comme la vigne, doués d’un puissant système des racines pour y résister.

Quand l'épaisseur du sol diminue et surtout quand le sous-sol devient argileux, comme dans les landes de Gascogne ; il faut trouver pour les utiliser des végétaux très peu exigeants. Seuls les pins maritimes y végètent et c'est à peine si quelques maigres récoltes de seigle peuvent être enlevées sur les éclaircies.

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Terrains siliceux sableux. — Les terrains siliceux sableux se rencontrent très fréquemment dans notre pays. En général, ils n’offrent ni résistance, ni ténacité ; se dessèchent facilement, devenant poussiéreux après quelque temps de sécheresse. Leur culture est facile et ils sont très perméables. Au point de vue de leur constitution chimique; ils manquent de chaux, de potasse et d'acide phosphorique. Très souvent un faible apport d'engrais organique y est rapidement sensible.

Dans le centre de la France, Saône-et-Loire, Creuse, Haute-Vienne, Corrèze, on trouve de pareils sols formant souvent les pentes des collines et qui sont désignés sous le nom général d’arênes granitiques. La végétation naturelle y est pauvre, les Genèêts à balais, les Digitales et les Carex s'entremêlent ; mais, si on y fait des apports de chaux et d'acide phosphorique, on peut y récolter du seigle et même du méteil. Il faut incorporer des doses massives de calcaire pour y acclimater des légumineuses.

La région primitive des Vosges renferme aussi des sols sableux. Souvent là, l’eau ne manque pas et les irrigations bien entendues, combinées avec des amendements convenables, permettent la culture du seigle,même des carottes et des pommes de terre, si les fumures organiques sont un peu abondantes. À la suite d'améliorations successives on est parvenu à y cultiver le lin dans les environs de Remiremont.

Les contreforts gneissiques des Pyrénées ont donné naissance à des terrains sableux qui sont souvent couverts de prairies de Graminées. L'absence. d'eau rend maigres ces pâtures et la presence de nombreux troupeaux de moutons, les re-

boisements bien difficiles; on pourrait citer de pareilles terres dans l'Ardèche, la Lozère et l’Aveyron. Quand le sol est assez profond, on pourra tenter la plantation de quelques-unes des essences que nous indiquons à la suite de ce chapitre et le produit sylvicole peut souvent y être rémunérateur.

En Bretagne, la désagrégation des granites a donné naissance à des sables très pauvres en chaux et en acide phosphorique ; les irrigations sont le plus souvent là, assez difficiles à établir. En plus, on a dans ces régions la mauvaise habitude de recourir à l’écobuage pour améliorer les prairies. Non seulement cette opération qui consiste à brüler les herbes est peu utile, mais elle est aussi nuisible en empêéchant l'accumulation des matières organiques qui seules peuvent augmenter un peu la fertilité du sable et lui donner quelque cohésion. Au point de vue horticole donc peu de chose à faire dans ces sols, sauf la grande culture maraïchère avec de très copieuses fumures, souvent d'herbes marines mélangées avec les tangues (amendements calcaires marins) (Roscoff). s

La vaste plaine qui borde la partie orientale des Vosges et qui s'étend jusque dans la Bavière Rhénane, présente souvent des terrains siliceux sableux. D’après quelques analyses que nous avons pu consulter; elles contiennent de 0,2 à 0,7 0/00 d'acide phosphorique ce qui est beaucoup en-dessous de la moyenne et de 0 à 6 0/00 de chaux et 0,8 à 0,9 0/00 de potasse.

De pareils sols sont naturellement pauvres et secs ; ils sont cependant très facilement améliorables et cultivables en raison de leurs propriétés physiques ;

les irrigations qui sont souvent faciles à y faire,

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permettent la création de belles prairies et dans les parties les moins humides ; on peut planter des résineux, pins et épicea avec chance de belle venue. Les cultures arbustives y prennent de jour en jour de plus en plus d'importance.

Nous arrivons à l'étude des formations crétacées. Les premiers exemples sont fournis par les sols qui résultent de la désagrégation des grès verts Néocomiens inférieurs. Ils sont très fins, mélangés de chlorite et d'oxyde de fer.

Aux environs de Vendœuvre, près de Bar-sur- Aube, ces sols sont très profonds et en général fertiles quand l'apport de matières organiques y est régulier. Là, les phosphates minéraux augmentent de beaucoup les récoltes ; on constate aussi que naturellement la houlque molle y est très abondante.

Dans le Cher, ces sables reposent parfois sur des couches argileuses qui se trouvent à une faible profondeur; la conséquence malheureuse de ceci est qu'ils sont très humides en hiver et très secs en été. La création de prairies permanentes n'a pas donné là de bons résultats; par contre, les châtaigniers semblent y croitre assez vigoureusement.

Près du Mans, le sol sableux est rougeûtre ; quelquefois verdâtre, un peu plus profond ; couvert de bruyères, d'ajoncs et de genéts. Là, les semis de pins maritimes ont donné d'excellents résultats ; malheureusement ces plantes ont été fortement éprouvées par les gelées de nos grands hivers.

On a pu y réussir la plantation de Pins laricio qui y croissent très rapidement. Ce terrain très perméable, à facilité le développement de la culture maraichère dans les environs du Mans. Avec des

apports considérables d’humus et d'amendements

calcaires, on est parvenu à constituer des sols très

fertiles où la production légumière est intense.

Il faut arriver à l'étage Suétonnien de l'Eocène pour trouver des formations sableuses de quelque importance. À Bracheux, dans les environs de Paris, les sables qui reposent sur un sous-sol formé de caillasses siliceuses sont très perméables et la végétation forestière y est belle.

Il en est de même dans les environs de Neauphlele-Château (Seine-et-Oise); on a établi là avec succès, sur les flancs des coteaux bien exposés, des cultures hâtives de primeurs qui donnent de bons résultats. On y récolte des petits pois, des haricots et aussi les premières asperges des environs de Paris ; quand on fume soigneusement et que la terre est profonde.

Dans les parties sèches, les charmes et les châtaigniers peuvent former d'assez beaux taillis.

Au même étage géologique appartiennent les sables de Beauchamp qui affleurent près d’'Erblay (Seine-et-Oise), et dont les propriétés physiques sont souvent malheureusement et brusquement modifiées par la présence de bancs d'argile. Sur ces terrains, dans la forêt d'Ermenonville et aux environs de Villers-Cotterets; les forêts sont belles, il y a là une végétation puissante de chênes, hêtres, bouleaux et châtaigniers. Les chênes ne viennent bien que dans les sables profonds, mais les bouleaux et les pins sylvestres s’accommodent de plus faibles épaisseurs. Les cultures potagères de Méry-sur-Oise et de l'Isle-Adam ($Seine-et-Oise) sont renommées et leur production de petits pois et de haricots alimente une partie des marchés de Paris.

Dans la formation du Miocène se présenten les sables, dits de Fontainebleau, qui occupent dans la

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zone parisienne un vaste espace. Les couches de sable y sont puissantes, dépassant souvent 30 mètres. La forêt de Fontainebleau repose en partie sur ce terrain, et on peut également en citer des affleurements à Bellevue, Versailles, Viroflay, Saint- Cyr, Feucherolles. La caractéristique de la composition de ces sables et leur pauvreté en acide phosphorique 0,005 à 0,009 0/00.

Dans les parties profondes, les chênes et les hêtres sont beaux, les pins assez rares, les châtaigniers abondants et on peut y réussir des plantations de bouleaux. Ces sols sont éminemment propres à la création de cultures maraïchères et forment d'’excellents sous-sols pour les cultures de plantes exigeant des terres spéciales. Au point de vue de la grande culture elles sont infertiles, par conséquent inexploitables.

Les sables de l'Orléanais sont également peu fertiles; cependant, ils ont été reconnus favorables à l'établissement de pépinières de sevrage, demandant un terrain très perméable et où les opérations culturales sont toujours faciles. En Sologne, les terrains sableux sont très répandus, ils reposent malheureusement sur une couche argileuse horizontale qui rend l'écoulement des eaux de drainage impossible, le pays est marécageux, par conséquent insalubre et difficilement habitable. Ces sables manquent tous de chaux, de potasse et d'acide phosphorique. De nombreuses analyses ont donné comme moyenne 0 gr. 1 0/00 de potasse, 0,02 à 0,04 d'acide phosphorique ce qui est extrèmement peu. En dehors de la région marécageuse, des landes incultes couvertes d'Erica occupent une partie de cette région qui comprend environ 45,000 hectares.

On à pu réussir à en reboiser 25,000 environ, avec despins maritimes qui y donnent de maigres produits, Les landes sableuses de Gascogne forment le prototype des terrains sableux dérivant du Pliocène. Dans la région nord-ouest, les particules de sable sont assez grosses ; elles deviennent de plus en plus petites à mesure que l’on se rapproche de la zone des dunes qui bordent la mer. On a réussi à planter là des pins maritimes qui y donnent de bons produits; les carex et les arundo s’y sont multipliés. Le plus souvent la couche sableuse est peu profonde, supportée par un sous-sol rocheux et compact; l’alios mélange d'argile, d'oxyde de fer et de matières organiques. L'exploitation sylvicole à pris dans ces régions une grande importance et dans la partie occidentale on tend actuellement à faire des plantations de vignes.

Parmi les sols sableux des formations géologiques actuelles, on peut citer les sablettes des bords de la Loire, qui, le plus souvent, mélangées de limon argileux et de matières organiques, sont utilisés avec le plus grand succès par les pépiniéristes des régions Orléanaises et Angevines pour la multiplication de la plupart des végétaux ligneux.

Au point de vue des propriétés physiques, les terrains sableux sont en général des plus perméables, la circulation de l’eau y est active. Ces terres ne conservent pas d’eau en été, perdant presque tout par l’évaporation spontanée. Elles sont brülantes l'été, et froides l'hiver; les phénomènes de retrait y sont insignifiants car elles n'ont aucune cohésion et par conséquent se transforment l’été en poussière que le vent entraine facilement.

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Au point de vue chimique, elles manquent de chaux, de potasse, d'acide phosphorique et d’azote ; elles sont donc souvent très peu fertiles et gagnent toujours à être améliorées surtout par des fumures organiques qui augmentent leurs propriétés physiques et chimiques.

Engrais convenables aux terrains siliceux.

Il est très important de savoir quels sont les engrais qui peuvent être employés sans danger sur les terrains siliceux avec certitude de succès.

L'apport de fumier de ferme y est toujours avantageux; mais il ne faut donner à ces sols que des. fumures. légères, très souvent répétées et peu de: temps seulement avant la culture.

Il en est de même pour les autres engrais organiques; déjections étendues d’eau (engrais flamand). C'est sur les terrains siliceux que les meilleurs résultats ont été obtenus par à la suite de l’épandage d'eaux d'égout, et c'est dans ces conditions que les doses les plus fortes ont pu être distribuées.

On peut avec grand avantage incorporer des poudrettes dans les terrains sableux quelque temps. avant la culture; etles engrais verts y produisent leur maximum d'action. C’est là que leur décomposition est la plus rapide, quand on prend la précaution toutefois de les enrober d'une couche de chaux vive. Les goémons et les varechs d’échouage ont transformé en jardins fertiles les côtes sableuses de: la Bretagne, leur emploi ainsi que celui des tourteaux résiduaires est toujours à conseiller dans ce cas, en ayant soin d'y ajouter de la chaux vive. Les eaux de féculerie et de distillerie, les écumes de déféca-

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tion donnent des résultats avantageux dans les sols sableux.

Au point de vue des engrais azotés, on peut donner du nitrate de soude aux terres sableuses ; mais il faut se rendre compte que la déperdition de ce sel y est extrêmement rapide sous l'influence des eaux de pluie et qu'il doit être épandu à très petites doses souvent renouvelées. L'emploi du sulfate d'ammoniaque n'est pas recommandable sur les terres siliceuses. L'apport d'engrais organiques azotés ne donnerait pas dans ces sols de bons résultats si l'azote introduit ne nitrifiait pas. Il est donc indispensable pour assurer la nitrification d'incorporer de la chaux. Si un peu de calcaire ou de dolomie préexiste, la nitrification est au contraire active. Autant que possible, on aura intérêt à mélanger au sol sableux des marnes très calcaires et non de la chaux vive.

Pour les engrais phosphatés, qui sont toujours employés avec les plus grands avantages pour les terrains siliceux ; il convient d'abord de voir si le sol contient des matières organiques. Dans ce cas on peut incorporer utilement des phosphates fossiles, nodules broyées, phosphates d’os et précipités et aussi les scories basiques moulues de déphosphoration.

En général, il faut dans les terrains sableux éviter l'apport de superphosphates ; le phosphate ammoniaco-magnésien et les craies phosphatées y peuvent donner de très bons résultats.

Il ne faudra jamais confier de fortes quantités d'engrais potassiques aux sols siliceux, souvent à cause du manque de chaux, ceux-ci y sont caustiques, par conséquent toxiques pour les plantes.

Il semble donc indispensable d'incorporer de la chaux aux sols sableux avant d'ajouter des engrais potassiques. Il faut cependant faire exception au sujet du carbonate de potasse, qui peut être de la plus grande utilité, surtout quand la terre contient un peu d'humus et aussi, du sulfo-carbonate et du nitrate de potasse agissant comme engrais azoté et potassique.

La chaux est l'élément qui manque le plus généralement aux sols siliceux; nous avons vu qu'il en fallait environ 1/1000 pour assurer l'alimentation des plantes, mais au point de vue de l'amélioration des propriétés physiques, il faut élever cette dose à 1/100 au minimum.

On aura surtout avantage à marner plutôt qu'à chauler. Le plus souvent, les terrains siliceux sont suffisamment riches en oxyde de fer; il ne semble pas utile de leur ajouter cet élément, de même queles sulfates et chlorures de magnésium qui pourraient être toxiques. Employer de préférence si on désire apporter de la magnésie des marnes magnésiennes

et surtout le phosphate ammoniaco-magnésien.

= Nous croyons utile d'indiquer les principaux végétaux ligneux et herbacés qui sont susceptibles de croître dans les terrains où la silice est l'élément prépondérant. Il est évident toutefois, que chaque plante ayant des besoins alimentaires différents ne pourra prospéreridentiquement à ses voisines dansun même sol. Quelques-unes se contentent d'une faible couche de terre, d’autres sont plus exigeantes. Les indications qui suivent et que nous devons en grande partie aux savantes recherches de M. Nicholson, curator des Royal Kew Gardens Angleterre, sont donc essentiellement pratiques. Ce sont des faits d'observalion, et, en tout cas, ces indications pourront être

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utiles aux horticulteurs et aux architectes paysagistes pour la création de jardins ou de parcs sur des sols

siliceux.

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