CHAPITRE LVIII
Conclusion.
Vous tous à qui ce livre est destiné, lecteurs chancelants dans la foi ou emportés bien loin par les vagues du doute et les courants de l'opinion , mais dont le cœur n'a point fait avec l'incrédulité un pacte indissoluble , que vous en semble , ai-je rempli ma tâche ? Peut-on encore être homme sans être chrétien?
J'ai fait briller à vos yeux une faible partie des rayons du soleil de vérité, loin duquel il y a nuit close dans les intelligences , froid glacial dans les cœurs. Ceux d'entre vous qui n'éprouveraient point encore le besoin de croire, ne sentiront-ils
pas du moins Tobligation d'examiner ? Et certes , la chose en vaut bien la peine.
Si , pour prendre rang parmi les princes de ce monde, vous aviez dans votre portefeuille un seul des titres nombreux qui fondent les droits du christianisme à votre croyance, resteriez-vous oisifs? diriez-vous, Que m'importe? — Eh quoi! le diadème éternel que la Religion vous offre serait-il moins à vos yeux qu'une de ces couronnes terrestres que la mort brise contre la pierre du sépulcre , quand les révolutions ne les traînent pas dans la boue !
Que demande-t-on de vous, en effet, quand on vous exhorte à étudier la Religion ? — On veut que vous examiniez s'il est vrai que le jour oii le christianisme apposa son cachet mystérieux sur votre front , à l'entrée de nos temples , vous devîntes les fils adoptifs du grand Monarque des temps et de l'éternité ; s'il est vrai que , dans le séjour de la gloire , près du trône qu'environnent des milliards d'intelligences célestes , il y a un trône qui vous est destiné , et auquel vous ne pouvez renoncer sans rouler dans un abîme sans fond d'abjection et de misère ; s'il est vrai
cpie les moments si rapides de la vie ne vous sent accordés que pour vous préparer à cette destinée sublime.
Avouez du m.oins que le christianisme agrandit merveilleusement l'homme , et que s'il faut une intelligence bien épaisse pour résister à l'évidence de ses preuves , il faut un cœur bien vil pour être insensible à la grandeur de ses promesses.
Sortez de ses doctrines, que trouverez-vous? Le voici :
Qu'est-ce que l'homme? — C'est un tube digestif ouvert par les deux bouts.
Qu'est-ce qui le distingue de son chien ? — Il a la parole de plus , deux pieds de moins.
Que fait-ilsur la terre? — .... il digère.