‹ Solutions de la question d'OrientChapitre 14 sur 29 · DÉPENSES · texte numérisé non relu

DÉPENSES

fr.

Liste civleju sultan. 17,250,000

— de la sultane. . 1,932.000

Employés 44,850,000

Armée 69,000,000

Marine.

Affaires étrangles.

Routes et pavages.

Vacoufs et rentes. .

Banq. ottom.(subv.)

Total.., 173,052,000

Il n'y a peut-être pas un pays où la disproportion entre les traitements accordés aux employés supérieurs et les émoluments des grades inférieurs soit aussi considérable qu'en Turquie. Tel employé de la douane ou de l'arsenal reçoit de 25 à 30 francs par mois , tandis que son chef de service reçoit de 1,000 à 1,200 francs; tel général de division peut toucher par an jusqu'à 138,000 francs, tandis que le capitaine recevra moins de 1,400 francs.

Mais plus cette disproportion est excessive , et plus elle rend la réforme facile.

L'entretien de l'armée absorbe plus du tiers, près de la moitié des revenus ; cette dépense pourrait être considérablement réduite sans aucun inconvénient, sans aucun danger, si l'indépendance de l'empire ottoman , de ce gardien européen du détroit des Dardanelles , était efficacement assurée par un traité d'alliance défensive conclu avec l'Angleterre et la France, celles-ci agissant dans un intérêt commun , strictement défini et hautement avoué ; car , il faut bien qu'on le sache, ce n'est pas le sultan que défendent ces deux puissances lorsqu'elles s'interposent entre lui et le czar : ce qu'elles défendent , c'est leur propre existence.

L'avantage d'une alliance défensive ainsi hautement avouée et strictement définie serait de mettre la France désormais à l'abri du risque de retomber dans les inexplicables et injustifiables fautes qu'elle a commises notamment en 1827 et en 1840.

Si la Turquie a trouvé d'abondantes ressources , si elle s'est imposé d'immenses sacrifices pour la défense de sa nationalité , elle saura trouver des ressources non

moins abondantes, elle saura s'imposer des sacrifices non moins grands pom^ fonder sa prospérité. 11 suffira, pour l'y décider, qu'elle apprenne que, dans ce siècle de concurrence industrielle et de rivalité commerciale, la paix est devenue pour les nations immobiles une épreuve plus redoutable encore que la guerre ; il suffira qu'elle sache que maintenant l'accomplissement de tous les progrès est pour tous les peuples une question de vie ou de mort.

Finalement , la solution que je propose se résume dans ces deux lignes :

Elever la question d'Orient pour la simplifier ; la simplifier pour la résoudre.

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