‹ Solutions de la question d'OrientChapitre 4 sur 29 · CKKATION FACTICE D DN EMPIRE (^REC · texte numérisé non relu

CKKATION FACTICE D DN EMPIRE (^REC

La tiare grecque relevOe et tiiomplianti.' depuis ta Baltique jusq l'à la Méditerranée, on verrait de nos jours nos provinces attaquées par une iiiié.' (10 fanatiques et de barbares; etbi. dans cette lutti> tardive, 1 Europ.' civilisée venait à . érir, notre cuupai)ln indiflereiice exciterait justemmt les plaintes de la postérité, et serait un titre d'opprobre dans l'histoire. L'EMPEREUR. Message au Sénat, 2'J janvier 1867.

L'on peut dire que les (irecs sont Russes.

L'EMPERELR.

L' lève, c'est de croire q le des populations chrélienucs , disséminées et faibles, vont se constil ner dans l'Orient en féliération solide et p;iissanto contri' la Kus-ie; et !■ réveil, lui'ssieurs, vnulcz-vous que je vous le iii>e?

Lo réveil ! C'est la R\issie à Constantinop'e, et saisissant tonte la Perse et toute r.\sie .Min. Mire. C'est l'AiiKleterre possédant à jamais la .Méditerrané" par l'Esypte. C'est enttn ces populations chrétieniii'S d'Asie, qu • vous prélendez ressusciter et qui ne peuvent ri'ssiisciL'r qu'à votre ombre , se déchirant elles-mêmes en guerres intestini's et foulées sous lis pieds de nouveaux tyrans.

LAMARTINE. Chambre dei rté/jutés, 2 juillH t*Ji».

Si un empire prec est jamais créé dans un conjurés européen, nous répondons de sa destinée; car étant né d'un miracle, tout lui sera possible. Mais q ti fera le miracle?

SAINT-MARC GIRARDIN. 25 juillet 1K.5:{.

Si le partag-e européen de la Tuitiiiie n'est pas plus effectivement une solution que rintégrité nominale de l'empire ottoman, la solution qu'on poursuit seraitelle donc dons la création d'un empire grec mis à la place de l'empire turc, ainsi cju'il s'est trouvé pour le proposer des publicistes et des journaux, en France et en Angleterre (1) ? Examinons sur quels raisonnements se tondent les promoteurs de cette solution, et

(1) M. John Lemoinne. De l'intéfjrité de Cemitirc oltomun ; 18-5:3. Solution de la queslion d'Orient (traduit de l'anglais'; 1853. La Gazette de France, vouée à la défense des prétentions du prince N. Stephanopoli Coninène.

quels moyens d'exécution ils indiquent. Ils copient M. de Maistre, s'exprimant ainsi : " Les Turcs sont aujourd'hui ce qu'ils étaient au milieu du XV*^ siècle, des Tartares campés en Europe. Rien ne peut les rap]D rocher du peuple subjugué, que rien ne peut rapprocher d'eux. Là, deux lois ennemies se contemplent en rugissant; elles pourraient se toucher pendant l'éternité, sans pouvoir jamais s'aimer. Entre elles point de traités, point d'accommodement, point de transactions possibles. L'une ne peut rien accorder à l'autre, et ce sentiment inême qui rapproche tout ne peut rien sur elles. De part et d'autre les deux sexes n'osent se regarder , ou se regardent en tremblant comme des êtres d'une nature ennemie, que le Créateur a séparés pour jamais. Entre eux est le sacrilège et le dernier supplice. On dirait que Mahomet II est entré hier dans la Grèce, et que le droit de conquête y sévit encore dans sa rigueur primitive. Spectateurs dédaigneux et hautains de notre civilisation, de nos arts, de nos sciences, ennemis mortels de notre culte, ils sont aujourd'hui ce qu'ils étaient en 1454, un camp de Tartares assis sur une terre européenne. La guerre entre nous est naturelle, la paix forcée. Dès que le chrétien et le musulman viennent à se toucher, l'un des deux doit périr. -

Ils ajoutent et ils disent :

•• Quand même nous arriverions à faire que les chrétiens fussent aussi heureux que les Turcs, ils n'en seraient pas moins frappés du stigmate intolérable de la servitude. C'est comme lorsqu'on nous dit que les noirs sont plus heureux esclaves cju'ils ne le seraient libres ; c'est possible : mais bien traités , bien nourris, bien vêtus, ils n'en sont pas moins des esclaves, des choses ; ils ne sont pas des honunes. Eh bien, tant qu'ils seront soumis au sceptre de la Turquie, les chrétiens ne pourront jamais, en aucun temps , d'au

cune manière, arriver à l'égalité sociale. Nous voulons bien que le Sultan ait les meilleures intentions du monde , qu'il soit humain , bienfaisant , clément , cela ne prouve qu'une chose : c'est qu'il est un incrédule , un sacrilège et un traître envers sa religion. S'il est orné de toutes les vertus chrétiennes, c'est qu'il n'est plus qu'un faux musulman. S'il pratique la tolérance, alors il est déjà perdu, car le principe, la force et la vertu de l'islamisme, c'est l'intolérance. LeKoran ne repose que sur le principe de la guerre à mort, de la guerre éternelle aux infidèles ; il défend aux croyants de s'arrêter dans leur œuvre de conquête et de carnage avant que le monde entier ait été soumis à l'islamisme. Le jour donc oa le chef des croyants a fraternisé avec un chien de chrétien et qu'il a traité avec lui d'égal à égal, ce jour-là il a apostasie, et en principe il a abdiqué. Le sultan n'a pas même le droit d'être tolérant : les deux lois ennemies ne peuvent rien s'accorder. L'islamisme est un dogme, un système tout d'un bloc ; on ne peut rien en détacher ; il faut tout conserver ou tout anéantir. •■

Le publiciste dont nous venons de citer textuellement l'opinion est un rédacteur du Journal des Débats ; il se nomme M. John Lemoinne. Tout ce qu'il dit pour établir l'incompatibilité d'existence entre l'islamisme \\\ et le christianisme est de la même force, de la même justesse, et appartient au même ordre d'idées qui prévalait :

En 1215 , lorsque le concile de Latran , appelé XIP concile général, proclamait en ces termes, chapitre in. page 148, l'incompatibilité d'existence entre le catholicisme et l'hérésie :

■' Il y a une seule Église miiverselle des fidèles hors

(1) Islam, dont ou a f&it islamisme, signifie : Résignation à la vo lonté de Dieu.

de laquelle il n'y a pas de moyen de salut pour personne.

.. Que les condamnés (les hérétiques) soient

abandonnés aux puissances séculières existantes, ou à leurs magistrats, pour leur être infligé le châtiment convenable, les ecclésiastiques étant préalablement dégradés de leurs ordres; de telle manière que les biens des personnes ainsi condamnées, si ce sont des ecclésiastiques , soient annexés ( appNcentii}' ) aux Eglises dont ils ont reçu des traitements.

■- Soient les puissances séculières averties et

engagées, et, si le cas le requiert, contraintes par les censures ecclésiastiques de prêter en public le serment de s'appliquer sincèrement et de toutes leurs forces, pour la défense de la loi, à exterminer des contrées soumises à leur juridiction tous hérétiques signalés par l'Eglise.

.. Si un seigneur temporel, requis et averti

par l'Eglise, négligeait de purger son pays de cette difformité de l'hérésie , qu'il soit lié des chaînes de l'excommunication par le métropolitain et par les autres évêques de la même province. Et si, dans le cours d'une année, il néglige de satisfaire à ce devoir, qu'il en soit donné connaissance au souverain pontife, afin qu'il déclare ses sujets déliés, à compter de ce moment, de leur serment de fidélitt'^ envers lui, et fasse occuper ses domaines par des catholiques, qui les possèdent sans contradiction , après avoir exterminé les hérétiques et les maintiennent dans la pureté de la foi.

.. Les catholiques qui, ayant pris la croix, se

dévoueront à l'extermination des hérétiques, jouiront par là même des indulgences et seront admis aux saints privilèges accordés à ceux qui vont au secours de la Ïerre-Sainte.

.r De plus, à l'égard des croyants qui reçoivent, défendent et encouragent les hérétiques, nous les frappons d'excommunication; et quiconque aura

été ainsi excommunié, et dans le cours de l'année aura dédaigné de donner satisfaction, nous décrétons qu'à compter de ce moment, il soit marqué d'infamie ; qu'il ne soit admis à aucune charge publique, à aucun conseil; qu'il ne puisse ni élire personne à aucune espèce de fonctions, ni témoigner. Ordonnons aussi qu'il ne soit point admis à tester, en sorte qu'il n'ait ni la faculté de faire son propre testament, ni celle d entrer en possession d'aucune succession ou héritage. -

En 1229, lorsque le concile de Toulouse rendait la décision suivante : •' Chapitre lY. Quiconque à l'avenir permettra sciemment à un hérétique, soitpom* ou soit par une autre cause , de demeurer sur son territoire, s'il l'avoue, ou bien en est convaincu, perdra à perpétuité sa possession , et son corps sera dans la main de son suzerain pour en etœ fait ce que de droit.

" Toute maison où l'on trouve im hérétique doit être rasée ; tout prince, ou seigneur, ou évêque, ou juge cpi épargne mi hérétique, perd sa possession ou son emploi. -

En 1246 , lorsque le concile de Béziers rendait la décision suivante : " Chapitre XXXIX. Pour que les juifs puissent être discernés d'avec les chrétiens , nous oi'donnons et nous prescrirons sévèrement qu'au milieu de la poitrine ils portent le signe d'une roue, faite de roseau, dont le cercle soit de la largeur d'im doigt etde la hauteur d'une demi-palme. Ch. XLIII. Déplus, sont excommuniés les chrétiens qui , en cas de maladie, se confient à des juifs pour les soins médicaux. "

En 1095, lorsque le pape Urbain II faisait entendre ces paroles : " X'ous ne regardons pas comme homicides ceux qui , enflammés du zèle de leur mère, l'Eglise catholique, contre les excommuniés, en auraient tue quelques-mis -

En 1200, lorsque le pape Innocent III déclarait qiie Dieu a établi siTr la terre des empereur.^ et des

rois principalement pour prêter leur glaive à l'Eglise et exterminer les hérétiques.

En 1251 , lorsque le pape Innocent FV" prescrivait ce qui suit :

" Nous maudissons entièrement ceux qui s'éloignent de la foi catholique, nous les poursuivons de nos vengeances, nous les dépouillons de tous leurs biens ; nous les enchaînons par les lois comme gens ayant fait naufrage de la \ie ; nous leur enlevons les successions ; nous les déclarons privés de tout droit légitime.

• Les hérétiques doivent être contraints par la torture à dénoncer les autres hérétiques et amis dhérétiques qu'ils connaissent, de même que les voleurs et les brigands, dans les choses temporelles, sont contraints à révéler leurs complices.

" Quiconque aura été surpris donnant im conseil ou un secours à un hérétique (homme ou femme), qu'il soit infâme ipso jvri à perpétuité, sans préjudice des autres peines ; qu'il ne soit plus admis ni à occuper im emploi public, ni à porter témoignage, qu'il soit incapable de tester ou d'hériter. Que personne ne soit plus tenu envers lui, mais que lui reste tenu envers les autres.

'• Que l'autorité civile procède contre les accusés (accusés d'hérésie), d'après les lois promulguées à Padoue par Frédéric II (1). -

En 1520, lorsque le pape Léon X condamnait, dans sa bulle E x sur g e Domine , comme erreur de Luther, la proposition suiAante : " Le Saint-Esprit " ne veut pas qu'on brCde les hérétiques. »■

En 1713, lorsque Clément XI, dans la fameuse

'1) " Celui qui s'écarte de la foi catholique, ne fût-ce qu'eu uu seul article, et qui. pastoralement exhorté, refuse de se rétracter. s.era brûlé vif eu face du public. •■ iMauisi, tome XXIII, page 586.)

bulle Unigenitus, ordonnait à tous les dignitaires de l'Église d'invoquer, s'il est nécessaire, le secours du bras séculier pour obtenir l'obéissance aux prescriptions de cette bulle dirigée contre les jansénistes.

Eh bien ! ces prescriptions des conciles et des papes qui firent couler tant de flots de sang sont-elles encore en vigueur ? Après avoir fait reculer devant elles l'humanité, la civilisation, n'ont-elles pas à leur tour reculé devant la civilisation, l'humanité? Si Louis XIY régnait de notre temps, signerait-il encore la révocation de l'édit de Xantes, qui coûta si cher à l'industrie et à la prospérité de la France? Approuverait-il encore cet ordre donné par le ministre Louvois au duc de Noailles : « S. M. veut qu'on fasse •• essuyer les dernières rigueurs à ceux qui ne vou- " dront pas se faire de sa religion ? ••

Si Bossuet. d'accord avec saint Thomas d'Aquin (1), vivait en 1853, dirait-il encore que la révocation de l'édit de Nantes fut " le plus bel usage de l'autorité •-, et ajouterait-il : " Poussons jusqu'au ciel nos acclamations et disons à ce nouveau Constantin, à ce nouveau Théodose, à ce nouveau Marcien, à ce nouveau Charlemagne, ce que les six cent trente Pères dirent autrefois dans le concile de Chalcédoine : " Vous avez affermi la foi, vous avez exter- '• mine les hérétiques, c'est le digne ouvrage de votre " règne (21. ■•

Eh bien, si le catholicisme a fléchi, si l'extermination des hérétiques n'est plus prêchée en chaire, ni formulée en édits, si les bCichers de l'inquisition se sont éteints, si la civilisation et la liberté l'ont enfin emporté sur la superstition et l'intolérance, malgré

" L'hérétique obstiné [perlinax) doit être excommunié par ise et livré par elle an jugement de l'antorité civile pour qu'il

l'Egli . . . . - . .

soit exterminé de ce monde par la mort. [A mundo exterminanJum morte.) >• (Saint Thomas d"Aqui>'.)

(2) Oraison funèbra de Michel Letellier.

le serment encore actuellement exigé des évêques (1), pourquoi le progrès qui s'est opéré en Occident ne s'accomplirait-il pas en Orient sous la pression des mêmes nécessités sociales?

Est-il vrai que le Koran s'y oppose?

Ouvrons-le :

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