‹ Solutions de la question d'OrientChapitre 3 sur 29 · TOTAUX · texte numérisé non relu

TOTAUX

Ottoman?

Grecs

Arméniens

Juifs

Slaves

Roumains

Albanais

Tatars

: Arabes

Syriens.

Ciialdéens ....

Druses

Kurdes

Turkomans, . . . Tsiganes

h'AImanach de Gofka pour 1854 décompose ainsi le nombre comparé des mahométans et des grecs :

Mahométans dans la Turquie d'Europe . 4 ,550 , 000

— dans la Turquie d'Asie . 12,650,000

— dans la Turquie d'Afrique 3,800,000

Mahométans : — Total . 21,000,000

Grecs dans la Turquie d'Europe. . . . 10,000,000 — dans la Turquie d'Asie 3,000,000

Grecs

Total 13,000,000

Si la Russie s'appropriait tout le littoral de la mer Noire, depuis Odessa jusqu'au Bosphore, et depuis le Bosphore jusqu'à Trébisonde, si elle s'appropriait Varna, Schumla, Andrinople, Constantinople ; si elle s'appropriait la pleine possession des bouches du Da-

nube ; si elle s appropriait le pou\ oir de fermer la mer de Mannara ; si elle s'appropriait les châteaux des Dardanelles, à cet accroissement du territoire et de la puissance moscovite, l'Autriche trouverait-elle une compensation équivalente dans une extension de territoire qui lui serait offerte en Servie, en Yalachie, en Bulgarie ' L'Angleterre trouverait-elle une compensation équivalente dans la prise de possession de l'Egypte? La France trouverait-elle une compensation équivalente dans l'aïuiexion à l'Algérie des régences de Tunis et de Tripoli , et dans la possession exclusive ou dans le protectorat commiui des Lieux Saints? (l)L^ntel partage de l'empire ottoman aurait-il lieu d'abord sans défense de l'empire partagé, et ensuite sans rivalité et sans combat entre les puissances copartageantes ? Que ferait-on des 21,000,000 de musulmans tpi existent sous des noms divers ? Les vouerait-on à l'extermination ? Qui se chargerait de l'accomplissement de cette œuvre et à quel titre aurait lieu cette extermination ? Serait-ce à titre de tolérance religieuse et de civilisation exemplaire? Se contenterait-on de les repousser et de les parquer en

(1). " Dans quelques années, la Russie aura Constantinopl", la plus grande] partie delà Turqnic|et toute la Grèce. Cela me jjaiait aussi ccrlain que si la chose eut drjà eu lieu. Presque toutes les cajoleries d'Alexandre à mon égard avaient pour but de me faire consentir à effectuer ce projet. Je m'y opposai, prévoyant que l'équilibi-c de l'Europe serait détruit. D'après le cours naturel des choses, dans quelques années la Turquie tombera au pouvoir de la Russie. La plus grande partie de sa population e>t grecque, et l'on peut diic que les Grecs sont Russes. Les puissances qui en souffriront et qui pourraient s'y opposer sont l'Angleterre, la France, lu Prusse et l'Autriche.

" Quant à l'Autriche, il srra très facile à la Hussic de Ceii'jnger à embi-asser sa cause, en lui donnant la Servie et d'autres provinces limitro])l:('s des États autrichieus qui s'étendent jusque près de ('onsfanîiiiopl(\

" Si jinnuis la France et l'Angleterre s'allieul de bonne foi, ce sera pour empêcher l'exécution de ce projet. Mais cette alliance même ne suffirait pas. La France. l'Angleterre et la Prusse réunies ne sauraient s'y opjioser. La Russie et l'Autriche pourront l'effectuer en tous temps.

" Une fois maîtresse de Constantinople, la Russie a tout le commerce de la Méditerranée, devient une grande puissance maritime, et Dieu sait ce qu'il en peut résulter ! Elle vous cherche querelle,

Asie(])? Où et comment ? Ne serait-il donc pas au moins aussi facile, et aussi juste que les Grecs qui préféreraient la domination russe à la domination turque, quittassent volontairement la Turquie pour aller s'établir en Russie? Il suffit de poser ces questions pour faire voir que le partage européen de l'empire ottoman ne saurait avoir la prétention d'être une solution, car il lui manquerait d'être matériellement et -moralement possible.

Mais le partage européen de la Turquie tut-il, ce qu'il n'est pas, praticable, ce partage laisserait subsister tout entière la question primitive qui a servi de prétexte ou de motif à l'ambassade extraordinaire du prince Menschikofî à Constantinople , à l'invasion par l'armée russe des Principautés danubiennes, et par suite, à la rupture de tous les rapports entre le czar et le sultan. Cette question, c'est celle de l'usage des Lieux Saints ; cette question , c'est celle de savoir comment et par quels mo^-ens mettre un terme à la rivalité entre les Latins et les Grecs, entre les Latins, dans lesquels se personnifie la France, et les Grecs, dans lesquels se personnifie la Russie?

Il y a du vrai dans ces paroles de M. Poujoulat :

'• La question des Lieux Saints n'est certes pas

fait marchei- sur i'iiicle une anniV' de 70.000 lions soldats, ce ijui n'est rien pour la Russie, y joint 100,000 canailles de Cosaques et autres Barbares, et rAngleterrc perd l'Inde. De toutes les puissances, la Russie est la ])lus redoutalile, surtout pour vous (Anglais) ! Ses soldats sont plus braves ijuc les Autrichiens, et elle peut en lever autant cju'illui plaît. En bravoure, les soldats français et anglais sont les seuls qu'on ])uisseleur comparer. Tout cela, je l'avais prévu. Je rois dans l'avenir plus hiit que les autres; aussi, je voulais opposer une barrière à ces Barbares en rétablissant le royaume de Pologne, et eu mettant sur le troue Poniatowski ; mais vos imbéciles de ministres ne voulurent point y consentir!... "

iv'KMPEREtTU. Napoléon en eril, ou VEcho de Sainte- Hélène, par O'Méara.

(1) Les Ottomans ue se^ maintiendront ni dans l'Asie- Mineure, ni dans la Syrie, ni dans l'Egypte, lorsque les Russes, maitres de la l'rimée, du phare de la mer Caspienne, le seront aussi de Constantinople. (l'empeef.tjr. }fémorial de Sainte-Hélém.^

toute la question d'Orient ; car l'Angleterre, si intéressée dans les affaires de l'empire ottoman, se place en dehors du débat pour la question des sanctuaires ; mais la question des Lieux Saints est une partie très considérable et tout à fait capitale de la question d'Orient; elle se mêle à ses plus intimes profondeurs (1). ..

La même opinion est exprimée par M. Famin :

» La question des Lieux Saints, loin de descendre, ainsi qu'on l'a prétendu, aux infimes proportions d'une querelle locale, à laquelle la France ne saurait attacher qu'une importance transitoire et de dernier ordre, mérite, au contraire, d'appeler constamment sa sollicitude et sa sympathie, non pas seulement parce qu'elle intéresse sa foi et ses croyances, ou qu'elle lui rappelle tant de glorieuses traditions de son histoire, mais encore parce que sa politique, sa prospérité et le rang qu'elle occupe dans le monde lui en font une loi (2) . -

On appelle Lieux Saints les églises constraites sur les lieux où se sont accomplis les principaux événements de la vie de Jésus-Christ.

Voici ceux qui attirent encore aujourd'hui les pèlerins :

1" A Nazareth, l'église de l'Assomption. — Aux catholiques.

2° A Bethléem, l'église de la Nativité. — A toutes les communions chrétiennes.

3° A Sichem, l'église de la Samaritaine sur le puits de Jacob. — Détruite.

4" A Cana, l'église où Jésus-Christ changea l'eau en vin. — Aux Grecs.

(1) pouJOULAT. La France et la Russie à Constantinople.

(2) CÉSAR FAMIN. Histoire 4e la rivalité et du protectorat di$ Églises chrétiennes tn Oriejxt,

5° A Tibériade, l'église où saint Pierre reçut ses pouvoirs de Jésus-Christ. — Aux catholiques.

6° A Jémsalem, l'église de la Présentation. — Aux musulmans.

7° A Jérusalem, l'église de la Flagellation. — Aux catholiques.

8° A Jérusalem , l'église du Saint-Sépulcre. — A toutes les communions chrétiennes.

9° A Jémsalem, l'église des Apôtres. — Aux musulmans.

10" Au mont Olivet , L'église de l'Ascension. — Aux musulmans.

11" A Gethsemani , l'église où est le tombeau de la Vierge. — A toutes les communions chrétiennes.

12° A Gethsemani, la grotte de l'Agonie. — Aux catholiques.

13" L'église de Saint-Jean-Baptiste. — Aux catholiques.

14" L'église de la Décollation, à Sébaste — Aux musulmans.

Jérusalem compte 15,000 habitants.

La population chrétienne y est comprise pour ' 3,390 habitants; savoir :

Grecs 2,000\

Catholiques 900 J

Arméniens 350l o onrv

Koptes 100/ ''^•'^^"•

Syriens 20l

Abyssiniens 20J

Le nombre des pèlerins est évalué à 12,000 par an . Ce sont presque tous des Grecs ou des Arméniens. Les catholiques comptent à peine, dans ce nombre, pour le chiffre de 80. On voit à toute heure leurs groupes nombreux occuper le parvis de l'église du Saint-Sépulcre, attendant qu'il plaise aux Turcs d'en ouvrir les portes.

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