COMPLEMENT DE LA DOCTRINE
La sommunion spirituelle
Suivant le concile de Trente, nous pouvons faire non-seulement la communion sacramentelle, mais aussi la communion spirituelle. Cette dernière pratique consiste essentiellement dans un acte de foi vive et de charité fervente, accompagné d’un grand desir de s'unir à Jésus, divin amant de nos âmes.
Cette communion spirituelle si peu pratiquée par les chrétiens de nos jours, est un trésor qui remiplit l'âme de mille biens ; qui est si efficace qu’elle peut produire parfois, selon saint Alphonse, ies mêmes grâces que la
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communIon sacramentelle, et de plus grandes encore. En effet, bien que la communion sacramentelle où l'on reçoit réellement la sainte Hostie, sait, de sa nature, d'un plus grand profit, Parce que, comme sacrement, elle agit ex opere operato, cependant il se peut qu'une âme fasse la communion spirituelle avant tant d'huimilité, d'amour, de ferveur, qu'elle obtienne plus de grâce que n'en obtiendrait une autre en communiant sacramentellement, mais avec une disposition moins parfaite.
Notre Seigneur fit connaître la satisfaction qu'il prend à ces communions spirituelles et les grâces qu'il y répand, en montrant à une de ses fidèles servantes deux vases précieux, l’un d'or, l'autre l'argent, et lui disant que dans le vase d'or il conservait ses communions sacramentelles, et dans celui d'argent ses communions spirituelles.
Pour montrer davantage que cette manière de faire la communion lui est très agréable, bien des fois Notre- Seigneur s'est plu à exaucer par des miracles visibles les pieux désirs de ses serviteurs, en les communiant tantôt de sa propre main, comme il le fit à la bienheureuse Claire de Montefarco, à sainte Catherine Sienne et à sainte Lidwine ; tantôt par la main des anges, comme il arriva à saint Bonaventure, aux saints évêques Honorat et Firmin, et à saint Stanislas de Kostka ; ou encore bien souvent par le moyen
l'auguste Mère de Dieu qui daigna communier ainsi le bienheureux Sylvestre.
Ne vous étonnez pas de cette tendre condescendance, car la communion spirituelle embrase l'âme d'amour de Dieu, l’unit à lui et la dispose à recevoir les grâces les plus signalées.
Maintenant donc si vous réfléchissez À ces cheses, comment pourriez-vous vous abstenir de cette pieuse
et très avantageuse Pratique, et quelle excuse pourriez- YOUS Invoquer pour vous en exempter ?
De grâce, prehez cette bonne habitude de la communion Spirituelle, et rémarquez qu'elle a pour vous cet avantage sur la communion Sacramentelle, que cette dernière ne peut se faire qu'une fois le jour, tandis que vous pouvez faire la communion spirituelle à toutes les messes que vous entendez, par exemple à la grand'messe du dimanche, et encore en dehors de la messe, le matin et le soir, le jour et la nuit, à la maison et en voyage comme à l'église, et cela sans aucune permission,
Pour vous faciliter une si excellente pratique, voici ce que vous pouvez faire. Si vous communiez spirituellement pendant la messe, au moment ou le prêtre se dispose lui-même à Communier, recueillez-vous en vousmême et prenez la poêture la plus modeste : puis formez dans votre cœur un acte de sincère contrition, et vous frappant humblement la Poitrine en signe d'indignité d’une si grande grâce, faites les actes d'amour, d'offrande, d'humilité que vous avez coutume de faire quand vous communiez Sacramentellement et désirez vivement recevoir Jésus caché par amour pour vous au saint Sacrement.
Qûe vous fassiez cette communion spirituelle dans l’église ou dans un autre endroit quelconque, vous pouvez encore exciter votre ferveur en vous représentant
que la très sainte Vierge, ou votre Ange gardien, ou votre saint Patron, ou Jésus lui-même vous donne la sainte communion ; figurez-vous la recevoir vraiment, et, serrant Jésus sur votre cœur, répétez-lui cette prière de saint Alphonse, qui peut servir de formule pour la COMMUNION spirituelle.
‘* Mon Jésus, je crois que vous êtes présent dans le ‘‘très saint Sacrement. Je vous aime par-dessus toutes
‘ choses et mon âme soupire
après vous. Puisque je "ne puis maintenant vous recevoir dans le saint Sacre-
‘ment, venez au moins d'une manière “6
spirituelle dans mon cœur. Je vous embrasse comme ‘en moi et je ‘‘permettez
si vous étiez m'unis entièrement à vous ; oh! ne point que je me sépare jamais de vous ! O ‘Jésus, mon souverain bien et mon ‘‘blessez et enflammez mon ‘‘toujours de votre amour. (1) Puis restez silencieux .
dedans de vous, et, communié, adorez-le,
doux amour, cœur afin qu'il brûle
contemplez votre Dieu au comme si vous aviez réellement
remerciez-le, dites-lui : Je vous Dresse Sûür mon cœur, o mon bien-aimé, tout à vous ; ne permettez séparé de vous.
et je me donne Pas que je sois jamais
Enfin, remarquez-le bien, la communion spirituelle ne doit être faite que quand il y à impossibilité de faire la communion Sacramentelle, qui de sa nature à une valeur beaucoup grande.
Pour les enfants
La voix de Rome s'est fait entendre : À la Sainte Table, Les enfants, Le Plus possible, même tous Les jours.
Ce mot d'ordre est formulé en ces termes :
1. ‘Que l’on fasse tous les efforts possibles poyr Promouvoir la communion fréquente et quotidienne dans toutes les maisons d'éducation chrétienne.” (2)
2. ‘* [ls auront un soin tout spécial de faire naître un vif désir de la communion quotidienne dans les
(1] Ind, de 60 jours, une fois Par jour, pour ies fidèles qui font cet acte à
n'importe quel moment de la journée, [Rescrit du 30 juin 1893], [21 Décret de la S. Cong. du Conce, 20 déc. 1905.
cœurs purs et dépourvus de varnes craintes des enfants, quand ïls les préparent à la première communion : qu'ils veillent à leur faire faire cette première communion dès qu’ils en sont capables, et À la leur faire renouveler si possible tous les jours.” (1)
3- ‘La communion fréquente est recommandée mème aux enfants, selon la teneur de l’article premier du décret. Une fois admis à la Table sainte, suivant les règles tracées dans le catéchisme romain, chap. 4, n 63,ils ne doivent plus être empêchés d'y participer fréquemment, mais on doit bien plutôt les y exhorter. Toute pratique contraire en vigueur, en n'importe quel heu, est réprouvée." (2)
Nul doute n'est donc possible ; si tous les fidèles sont invités à communier tous les jours, les enfants le sont a des titres très particuliers : ils peuvent et doivent communier souvent. Notre-Seiwneur ne leur demande que ce qu'ils sont capables de lui donner, et il connait mieux que nous cette légèreté qui nous effraye ; mais il sait aussi, et beaucoup mieux que nous, que l’innocence est le plus précieux de tous les trésors, que LE démon veut la leur ravir de bonne heure, et que la communion seule peut les défendre des ruses de l'ennemi.
On ne communie jamais trop quand on communie bien, avons-nous dit plus haut, et il suffit, pour bien communier, de recevoir le Sauveur avec une sincère Bonne volonté. Cela est vrai des enfants comme des hommes, et l'expérience fait connaître que rien n'est plus sincère que la bonne volonté d’un enfant qui vient de faire sa première communion. Il aime Jésus-Christ,
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S.S. Pie X le 27 juil. 1906.
[2] Réponse de Ja S, CoxGer, pu Coxcite. 15 sept, 196,
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il le désire, pourquoi ne pas le lui donner ? Il est souvent plus digne de le recevoir que nous autres, qui dédaignons sa piété. ‘Laissez venir à moi les petits enfants, nous dit le divin Maître ; le royaume du ciel est pour ceux qui leur ressemblent.” Le royaume du ciel sur la terre, c’est l'Eucharistie.
‘‘ Les enfants sont légers,” dites-vous ?
Rien n'est plus vrai, et c'est à cause de cela même qu'il faut les faire communier souvent quand ils aiment et veulent aimer le bon Dieu, Ils ont un cœur affectueux et porté à aimer Notre-Seigneur quand on le leur fait connaître ; ils ont une âme ouverte à tous les effluves surnaturels.
A cet âge de l'enfance les impressions se succèdent rapides et fugitives à la surface de leur âme. Elles semblent glisser sans la creuser, et cependant elles y laissent par leur répétition des empreintes qui restent longtemps et même toujours. Aux impressions futiles ou malsaines qu'ils peuvent recevoir d’ailleurs, il faut donc opposer de nombreuses impressions religieuses. 11 faut frapper ces petits cœurs, il faut les inonder de la grâce sanctifiante et de ces grâces actuelles dont l'Eucharistie est la source. Rien ne leur donnera une religion profonde et solide comme les impressions chrétiennes et eucharistiques souvent réitérées ; c’est le seul moyen de préparer pour l'avenir des hommes forts dans la foi.
‘{ Les enfants sont légers ? ” Oui, mais ils sont bons et affectueux, et il faut donner à leur besoin d'aimer son véritable aliment; il faut leur faire aimer Jésus- Christ, et pour cela il faut les mettre souvent en rapport intime avec Lui. Leurs défauts, tout réeis qu' ‘is sont, ont peu de consistance, et c'est la piété qui empêchera ces défauts de devenir des vièss,