‹ Solutions des objections contre la communion fréquente et quotidienne [microforme]Chapitre 19 sur 27 · II · texte numérisé non relu

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de notre droit ; mais que nos directions soient avant tout catholiques, et qu’elles n'aillent jamais jusqu'à entraver la liberté de la conscience. On fausse les âmes par cet ut abus d'autorité, et, sans le vouloir, on contrarie les = desseins que Notre-Seiyneur à sur elles.

= Donc, pour les enfants aussi, la communion fréquente ils et quotidienne. Si l'on veut créer des générations te chrétiennes, puissantes, qu'on donne aux enfants la le divine Eucharistie, qui seule, fait les chrétiens rs convaincus. Que leur seconde communion ne soit pas, ” dorénavant, fixée à un intervalle de plusieurs semaines à ou même d'une seule semaine ; c'est le lendemain

" même de la première communion que doit avoir lieu

la seconde communion et les enfants doivent ètre laissés

parfaitement libres de répondre à l'invitation de Jésus qui aime les petits ; ils doivent même être invités à le et faire le plus souvent possible. ‘ la i : LA COMMUNION FREQUENTE ET QUOT'I' ÈNNE L le Pour les jeunes gens n “ Ce que l’on vient de dire pour les enfants, s'applique il avec bien plus de force encore aux jeunes hommes de 16 l 1e à 20 ans, à ces années redoutables où la lutte des st passions vient se compliquer des exemples corrupteurs

se du monde, et de mille difficultés provenant du dehors. , | Saint Philippe de Néri, qui, au XVIe siècle, dévouait 1 Sa vie à la sanctification de la jenuesse de Rome, et

- dont le témoignage a le double poids d’une sainteté

24 angélique et d'une expérience spéciale, déclarait que la

= fréquente communion, unie À la piété envers la sainte

= Vierge, était non pas le meilleur, mais l'unique moyen

de conserver un jeune homme dans les bonnes mœurs

et dans la vie de la foi, de le relever dans ses chutes et de réparer ses faiblesses.

Un étudiant vint un jour le trouver, le suppliant de l'aider à se défaire de mauvaises habitudes dont il était depuis longtemps l'esclave. Saint Philippe ie consola, lui donna de sages conseils, et après avoir entendu l'humble aveu de ses faiblesses, il le renvoya absous et

heureux, en lui recommandant de venir communier le lendemain. ‘S'il vous arrivait, ce qu'à Dieu ne plaise, de retomber dans le mal, revenez me voir aussitôt ajouta-t il, et confiez-vous à la bonté de Dieu.” Le lendemain soir, saint Philippe vit revenir à son confessional le pauvre jeune homme pour lui avouer une rechute. Le bon saint le releva cette deuxième fois comme la première, lui dit de lutte: avec courage, lui donna de nouveau l’absolution et lui ordonna comme la veille de recourir au Corps sacré du Seigneur. L'étudiant, combattu d'un côté par la viclence de l'habitude, et de l'autre par son désir de revenir à Dieu, puisa dans cette direction miséricordieuse et dans la fréquentation de la sainte Eucharistie une si vigoureuse énergie, qu'il revient treize jours de suite auprès du saint, qui ne se laissait pas plus dans sa charité que l'autre dans sa pénitence. L'amour enfin l'emporta, et Jésus compta dans les rangs de ses fidèles un nouveau serviteur, qui fit en peu de temps des progrès si rapides dans la sainteté, que saint Philippe le jugea digne du sacerdoce. Adinis plus tard dans la Congrégation de l'Oratoire, il édifia Rome par son zèle et ses vertus, et mourut jeune encore de la mort des saints. Il se plaisait à raconter lui-même l’histoire de sa conversion Pour encourager ies pauvres pécheurs, et pour faire comprendre aux jeunes gens que la communion fréquente était leur salut.

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Que je voudrais donc le leur faire comprendre aussi, dit Mgr de Ségur, et les voir tous recourir à la chair sacrée de Jésus-Christ ! Le jeune homme est placé par la fougue même de son âge entre deux extrêmes : entre l'amour fatal de sa chair révoltée qui le déshonore et le perd, et l'amour de la très-sainte et très-adorable chair du Sauveur, qui le sanctifie, le sauvegarde et lui donne la force de vaincre ses passions. [1 faut qu'il choisisse ; s’il ne veut pas de ce second amour, il tombera dans le premier. A dix-huit ou vingt ans, la Continence n'est pas possible sans l'Eucharistie ; encore moins cette vigueur dans le bien, cette candeur dans la force et toutes ces vertus naissantes qui font d’un jeune Chrétien ce qu'il y a sur la terre de plus charmant et de plus respectable. :

Lorsque les passions éclatent dans l'adolescent, dit le père Coubé, S. J., il lui faut une énergie surhumaine pour n'être pas dévoré. Or, cette énergie, nulle part il ne la trouve plus abondante que dan: l’Eucharistie, C'est ce que l'expérience a montré à tous les directeurs de l'enfance. On peut dire hardiment que presque tous les jeunes gens qui ne communient pas sont la proie assurée du vice, tandis que ceux qui communient fréquemment et avec de sérieuses dispositions restent purs comme des anges ou le redeviennent en peu de temps.

Le cœur de l'homme vierge est un vase profond ; Lorsque la première eau qu’on y verse est impure, La mer y passerait sans laver la souillure,

Car l'abime est immense et la tache est au fond.

Ces vers sont d’un poète, flétri hélas ! par la débauche, et ils ne disent pas toute la vérité. Ce que ne peuvent toutes les eaux de l'océan, le sang de Jésus le

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peut dans la communion. Si vous avez été victime de quelque faiblesse, sachez que le contact intime et répété de Jésus Eucharistie vous rendra votre pureté et vous la conservera. L'expérience montre quelle est l'influence de la communion sur la vie d'un jeune

homme. Il n'est pas de vices qu'une fréquentation régulière des sacrements ne finisse par extirper ; il n'est pas de résurrection qu'elle ne puisse accomplir.

Qui que vous soyez donc, jeune homme, pur encore, ou déjà tombé, venez à la communion, qui seule vous maintiendra dans l’ordre, ou vous y rétablira. Rien n'est facile, croyez-moi, comme d'être chaste avec l’'Eucharistie. Ce que vous ne pouvez pas sans Jésus, vous le pouvez aisément avec lui. Pensez à votre avenir ; pour être un jour un homme de bien, il vous faut passer dignement les années de votre adolescence: et, Je le répète, pour y garder l'honneur sain et sauf, il ny a pas d'autre moyen pour vous que de recourir À l'Eucharistie.

Quelle admirable métamorphose dans nos collèges, si la fréquente communion y prenait nniversellement son empire. Au lieu d'une indifférence religieuse plus corruptrice que les mauvaises mœurs, on verrait notre jeunesse, naturellement si vivante, si aimable, si brillante d'esprit et de cœur, se relever de la nullité intellectuelle où une grande partie végète, et donner à l'Eglise et à la patrie, des hommes forts pour la lutte ; tout s'étiole loin de Jésus-Christ, rien ne peut fleurir que par son divin oontact.

Vous avez des études à faire 2 Voici quelques lignes qui méritent votre attention.

‘La communion ne nne pas des facultés qu'on n'avait pas ; mais ses effets intellectuels n'en sont pas moins immenses.

“La communion met en œuvre les facultés qu'on a; elle les bénit, les déploie, les grefte, les arrose ; elle les réchauffe, les éclaire, les vivifie d'un soleil meilleur.

‘* Elle les oriente, elle les dirige vers leur vrai pôle ; elle leur donne certains mouvements plus étendus, plus utiles, plus permanents.

C'est vrai, parfaitement vrai ; et j'ai sous les yeux des Âmes d'enfants qui m'offrent ce beau spectacle d'âmes élevées pur Dieu vivant en elles,

Pour moi, il est une vérité d'une certitude absolue: Prenez deux enfants du même âge, de moyens égaux, ayant mêmes professeurs et même ardeur pour le travail. Que l’un passe toute une année dans la grâce, et l'autre cette même année sans la grâce: ces enfants, égaux au départ, ne le seront pas à l'arrivée.

L'un aura dépassé l'autre de beaucoup à tout point de vue, par le fait seul de la présence habituelle de ta £race dans son cœur.”

Ainsi s'exprimait un zrand penseur, le P. Gratry. Que dire, après cela, de ceux qui prétextent, pour s'abstenir de ia communion, Île temps qu'elle leur ferait perdre ?

Vous n'avez pasle temps! prenez le! Auenn temps ne sera mieux employé pour le succès de vos travaux.(r)

Habituez-vous, dans une vie occupée, à prendre le temps de nourrir votre âme ; sinon vous serez un agité, Jamais un apôtre. Vous tomberiez dans l'écueil

{1} Nous savons que le maitre des philosophes st des thtologitns. saint Thomas, à déclaré qu'il avait plus appris aux pieds de son crncifix que dans les livres, 1

Et de nos jours, l'illustre orateur ailx mand. Windthorst, a fait trembler et finit par vaincre Bismarok, Chacun de ses gro ts discours était uno b tia livrée contre le ehancelier de fer. pour la liberte de l'Eglise. Or.illes a écrit tous aux pieds de son caucifix, et, avant de Jese pronencer, il s'armait dans la communion, rappelant ainsi les primieis chretiens cuund ils devaicnt tonfesser le nom du Christ

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naturaliste qui attend tout de l'effort humain et rien de la grâce divine.

Ayant communié, vous serez deux pour travailler ! Le secours plus abondant de Jésus est-il à dédaigner ?

Si vous n2 communiez pas, oh ! alors, quel risque de temps perdu et de moindre succès ! Vous êtes plus exposé au péché, et celui-ci enténèbre votre esprit et amollit vatre volonté.

Vous aves une vocation à décider 2 Rappelez-vous que c'est une chose bien grave que la vocation. ‘* La prédestination, dit saint Augustin, renferme et suppose l'union de trois grâces desquelles le salut dépend : celle du baptîme qui la commence; celle de la vocation qui la contirue; celle de la persévérance qui l'achève. Ce sont comme trois anneaux qui forment cette chaîne mystérieuse, et la vocation, étant celui du milieu, lie tellement les deux autres, que sans elle on ne peut se prévaloir du premier, ni se promettre le dernier, parceque, communément, Dieu joint les grâces qui doivent suivre le Baptême et procurer la persévérance, à celle de la vocation.

‘Aussi, un jeune homme, à dater de sa première communion n'a rien de plus important à demander à Dieu que la grâce de cornaître sa vocation.

Je voudrais, dit Mgr Baunard, que dans chacune de vos communions vous placiez cette intention en tête de toutes les autres. Que de destinées ont été éclairées par le rayonnement de l’hostie ! De combien d'existences cette table et cet autel furent le point de départ! Ilne faut pas attendre la e/raite de fin d'études pour penser à sa vocation, (1)

[1} Saint Alphonse écrivait à un jeune homme : “ Le choix d'un état est

de la dernière importance parce que, de là, dépend le salut éternel, Celui qui embrasse l'état auquel Dieu l'appelle se sauvera facilement; mais, pour celui

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À l'exemple de saint Louis de Gonzague qui connut les desseins de Dieu sur lui en s'adressant à sa mère du ciel, vous devez, fous Les jours, demander à Marie la grâce de connaître votre vocation,

Et puis, ccmme sans la communion, une v-cation ne peut s'affermir et encore moins se développer, il devra être fidèle à communier fréquemment.

La vocation ecclésiastique dit Mgr de Ségur, est cet ensemble de qualités et d'attraits qui rendent un jeune homme propre à devenir un jour un bon prêtre, Ces qualités et ces aptitudes viennent de Dieu et c’est en ce sens que la vocation au sacerdoce est une élection Civine. Mais il en est des vocations comme des plantes: pour que le germe d'une plante, d'un lis pur exemple, puisse croître, développer ses feuilles et ses belles fleurs, il faut une certaine mesure de soleil, de chaleur, de rosée ; il faut des soins assidus pour préserver le lis de ce qui pourrait briser sa tige. Ainsi en est-il des vocations au sacerdoce : il faut pour les faire grandir et fructifier, un ensemble de soins, une direction, une atmosphère de sainteté, sans lesquels elles ne peuvent que se perdre. Le Séminaire est la terre choisie où l'Eglise transplante ceux de ses enfants qui veulent être un jour ses ministres, et la sainte communion,

qui n'obéit point à la vocation divine. il lui sera difficile et même moralement impossible de se sauver, La plus grande partio de ceux quise sont damnés se sont damnés pour n'avoir pas correspondu à leur vocation

Il faut päier instamment le Seigneur de vous faire connaitre sa volonté, ‘ quel que soit l'état auquel il vous destine Mais. remarquez bien que, pour obtenir ceqte lumière, vous deveg la demander en vous tenant dans une ‘* pieuse indifférence.” Celni qui prie Dieu de léclairér sur le choix d'un état sans être dans cette indifférence, et qui. au lieu de se conformer à la volonté de Dieu, demande plutôt que Dieu se conforme à la sienne. ressemble à un pilote qui feint de vouloir, muis qui, en “réalité. ne veut pas que son vaissean avance : il] commence par jeter l'ancre à la mer. et. ensuite. il tend les voiles. Le Seigneur ne communique point sa iumière aux personnes a)nsi disposées, et il ne leur parle point Si. au contraire. vous le suppliez avec une généreuse indifférence et avev Ja résolution de suivre sa volonté. il vous fera connaitre clairement l'état qui eskle meilleur pour vous." EE

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