‹ Solutions des objections contre la communion fréquente et quotidienne [microforme]Chapitre 22 sur 27 · MR · texte numérisé non relu

MR

Paie. à

prie et se dévoue pour les autres Âmes. Lorsque Jésus apaisait les flots sur la mer de Tibériade, la barque de Pierre voguait au large, et les apôtres écoutaient délicieusement les enseignements du divin Rabbi. De même, quand Jésus nous délivre de la tentation, notre âme est comme portée sur des flots tranquilles, dans la sérénité de son innocence, au gai soleil de la grâce, et parle doucement à Dieu et l'écoute dans la prière.

Cependant, il faut l'avouer, cette sérénité n’est pas la règle ordinaire: le plus souvent, ce sont là de simples accalmies, du moins pour ceux qui débutent dans la dévotion eucharistique : elles sont données à l'âme pour lui permettre de se reposer et de reprendre courage. D'ordinaire, la tourmente continue à mugir plus ou moins forte. Parfois même, c'est le jour de la communion qu'elle éclate avec le plus de furie. Mais le chrétien éclairé, loin de s’en effrayer, en conclut que le démon est mécontent et fait un suprême effort pour saisir l'âme qui lui échappe. Il sait que Dieu prend plaisir (1) à le voir lutter pour pouvoir le récompenser un jour plus magnifiquement. Bien que la tentation, en soi, ne soit pas une cause directe d’un mérite plus grand, nous pouvons cependant dire que bien souvent, voguer sur les flots irrités, au milieu du sifflement des vents et des éclaboussures de la vague, sans jamais sombrer ni faiblir, est plus beau que voguer sur une mer calme et paisible. Il y a des âmes qui béniront Dieu éternellement de les avoir ainsi laissées dans la tempête, car la tempête, comprenez-le bien, c'est la

[1] Sainte-Catherine de Sienne tentée pendant 3 jours, est presque réduite au d ir; elle se suspend par ia chevelurr afin que ja douleur qu'elle éprouverait lui fit oublier les représentations iufames dont elle est assaillie. Enfin elle est délivrée et Jésus la console en lui disant: ‘ Ces choseste déplai- & ient, parceque j'étais au fond de ton cœur."

gloire et la récompense, quand ce n’est pas le naufrage, et ce n'est jamais le naufrage quand on porte un Dieu tendrement aimé dans son cœur.

L'Eucharistie est une nourriture, caro mea vere esf cibus, dit Jésus. Or, si je vous disais d'un aliment, que tous ceux qui jouissent d’une bonne santé en usent ordinairement, et que plus ils en font usage, mieux ils se portent, il n'y à personne qui ne le souhaitÂt. qui ne le voulût tous les jours. Je d's qu'il y a dans l'Eglise, dans nos tabernacles, un pain tel que ce sont les plus forts qui en font leur nourriture, et que les plus faibles qui en font leur nourriture deviennent les plus forts. Pourquoi vous tenir éloigné de ce pain ? (r)

Tous les matins le Seigneur descend sur l'autel, et comme à Zachée il vous dit tout bas : il faut que je loge aujourd'hui chez vous, Aodie in dom) tua opertel me manere. Si vous entendiez sa voix et si vous donniez tous les jours l'hospitalité À cet hôte divin, ne croyezvous pas que ce Dieu auquel vous auriez ainsi offert un asile et un tabernacle sur la terre, en le recevant dans

[1] Que ceux qui communient rarement, dit saint Alphonse, disent la vérité, en avouant qu'ils ne veulent pas communier souvent pour ne pas s'obliger à mener une vie plus retirée, à se détacher davantage des créatures et des plaisirs terrestres. On sait bien que la fréqnente communion pe peut s’accorder avec les passe-temps inutiles, les nmitiés mondaines, la vanité, l'estime de soi-même, la bonne chère, et autres imperfections semblables : voilà pourquoi on renonce à Communier souvent On craint les rs pri ches intorieurs que fait Jésus-Christ. chaque fois qu'on le recoit dans son Su reinent d'amour: en un mot, on s'approche de lui si rarement, parcequ'on veut vivre avec plus de liberté.

Prenez bien garde, continue saint Alphonse, que cette titdeur obstinée, dont vous pouvez et ne vonlez pas sortir, ne vons fasse tomber un jour dans quelque abime. Ah!levez-vous sans tarder. sortez d'un état si misérable: donnez à Dieu le reste de votre vie qui finira peut-être bientôt . Je vous dis et vous assure qu'à l'heure de votre mort vous ne vous répentirez pas des communions que vous aurez faites avec la permission de votre directeur, mais

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bien de celles que vous nonviez fai

} et qu Jus AurFEZ Otnises Par Hivgiigeuvce, Sainte Marie-Magdeleine de Pazzi vit un jour une âme qui souffrait dans le purgatoire, pour avoir omis une communion par sa négligence; depuis ce moment, quand une de ses sœurs négligeait de communier, la sainte en ressentait une si grande peine qu'on la vit plusieurs fois pleurer de douleur.

VOS poitrines, ne pourrait vous refuser un asile et un tabernacle dans les cieux ?

S. Jean nous dit dans l’Apocalypse (xix. 17) qu'il vit un ange debout dans le soleil et qui criait à tous les oiseaux traversant l’espace : ‘‘ Venez, rassemblez-vous pour le grand festin de Dieu.”

Le soleil, c’est l'Eglise.

L'ange de Dieu debout dans le soleil, —c'est le Pontife actuel au cœur de père, au zèle d'apôtre, qui parle à tous les ministres de l'Evangile répandus dans le monde entier, leur adressant cette parole ardente : Commnnio frequens et quotidiana.... quam maxime Promoveatur, et demandant à tous ses enfants d'entendre son appel et d'obéir à sa voix. Oui, aujourd'hui, Pie X, au nom de Jésus, crie à toutes les Âmes qui traversent le ciel, à toutes les Âmes qui voient et ne se traînent pas dans la fange : Venez, rassemblez-vous pour le grand festin de Dieu.

Ce festin, dans l'Apocalypse, était la cène de justice ou Dieu donnait la chair de ses ennemis aux oiseaux de proie ; aujourd’hui c'est la cène d'amour, l’agape fraternelle, enchanteresse où il se fait lui-même la proie de nos âmes.

Grâce à Dieu, les âmes entendent cet appel qui part du cœur de Jésus Eucharistie, de tous les horizons elles volent vers l’hostie, et il nous semble entendre leurs frémissements d'ailes autour du tabernacle, car les âmes eucharistignes ont des ailes qui les aident à fuir les bas-fonds de la terre. Mais pourquoi ne sont-elles pas plus nombreuses encore ?

Je termine ici.

qu: la pratiquent saintement, et de vous montrer enfin qu: loin d’avoir peur de la sainte communion, nous d:vons tous la recevoir souvent et réaliser de plus en plus les vœux de l'Eglise, quinous la présente chaque jour.

Communiez, communiez souvent, tous les jours, et, dans la mesure de votre influence, propagez autour de veus la communion fréquente, que désire si ardemment Notre-Seigneur Jésus-Christ. N'écoutez pas la voix des contradicteurs et pratiquez la loi. Marchez d'un pas ferme sur les traces des saints. ‘Communiez souvent, Philothée, dit le cher saint François de Sales, et le plus souvent que vous pourrez, avec l'avis de votre père spirituel ; et, croyez-moi, les lièvres deviennent blancs parmi nos montagnes en hiver, parce qu'ils ne voient et n'y mangent que la neige, et à force d'adorer et manger la beauté, la bonté et la pureté min: en ce divin sacrement, vous deviendrez toute balle, toute bonne et toute pure.”

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