LA VILLE AU MOYEN AGE
Si l'isolement fait la faiblesse des hommes, l'union fait leur force. Aussi est-ce dans les villes que les populations ont pu, au moyen âge, maintenir une petite place à la Liberté. Retranchées dans leurs rues, étroites à tel point qu'elles n'étaient que des ruelles où l'on pouvait, des étages, écraser les envahisseurs, les populations pouvaient s'opposer aux exactions qui désolaient et ruinaient les campagnes.
Les gens du fisc se risquaient peu volontiers dans ces passes dangereuses, et la résistance s'organisant , il en résulta plus de liberté pour les habitants des villes. C'est dans l'association de leurs
forces que les hommes ont toujours trouvé la protection qui leur convient.
Mais ce ne fut pas sans inconvénient que des agglomérations considérables se formèrent ainsi, car lorsque la science et les moyens de l'hygiène manquent à l'humanité, lorsque l'esprit des populations est impuissant sur les questions de salubrité, les causes d'encombrement capables de concentrer et de réunir les effets de la malpropreté et de l'insouciance des familles sont à craindre.
L'habitation humaine est soumise aux lois de l'hygiène auxquelles on ne peut contrevenir sans en être victime.
Quand l'administration publique, inintelligente et sans vigueur pour le bien, est incapable d'une bonne police de l'hygiène, l'habitation, placée dans les meilleures conditions, est naturellement celle qui peut le plus facilement se passer de la direction intelligente qui fait défaut.
Les maisons des campagnes, placées à distance les unes des autres, dans des conditions suffisantes d'air et d'espace, rendaient moins dangereuse l'incurie de leurs habitants : les fumiers et les ordures entourant l'habitation, la malpropreté intérieure même, ne pouvaient produire des foyers délétères aussi dangereux que sur les points où la concentration était plus intense.
Pour avoir contrevenu aux lois de l'hygiène, les villes, au moyen âge, ont été de tristes exemples