‹ Solutions socialesChapitre 11 sur 172 · LE SALARIAT · texte numérisé non relu

LE SALARIAT

La capacité et le savoir furent relégués au second rang, et le salaire fut la seule part faite au travail.

Je ne pouvais rien contre la puissance de l'habitude ; j'aurais voulu pratiquer un mode nouveau et plus équitable de répartition entre mes ouvriers et moi qu'il eût été sans influence : un grain de sable jeté au fond de la mer n'en change point le lit.

L'industrie ne marchait qu'avec les éléments et les formes brisées d'un passé de servitude dont les débris se rassemblaient d'office, sous l'empire de l'habitude, pour reconstituer, au profit du maître, des privilèges arbitraires analogues à ceux du seigneur sur ses vassaux.

C'est l'herbe mauvaise du passé repoussant sans cesse sur le terrain labouré par la Révolution, mais non amendé des principes nouveaux qui doivent faire fructifier le sol mieux préparé de l'avenir.

Ce sont les habitudes féodales, conservant leur empire dans les faits et dans les idées de ceux-là mêmes qui ont le plus grand intérêt à leur transformation.

C'est le fait de l'ignorance d'une société qui, après avoir brisé les liens de la servitude, place encore malgré cela le travail dans des conditions arbitraires, parce que l'esprit public n'a pas su s'élever à la science du droit véritable, et encore moins concevoir les formes propres à consacrer ce droit !

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