L'EAU : SOURCES, FONTAINES ET CONSOMMATION
avec des matières organiques en décomposition ; car les principes de la décomposition organique exercent, sur tout ce qui les approche, une action contraire à la vie et à la santé.
Un forage a donc été pratiqué à travers le terrain d'alluvion sur lequel repose l'édifice du Palais ; ce forage traverse une couche calcaire, puis un banc d'argile, et c'est dans le second banc calcaire, placé sous l'argile, que l'eau potable est puisée.
Le tubage du puits est établi de façon à empêcher toute infiltration des terrains d'alluvion. Ce tubage est en fonte de fer, et non en bois, car le bois présenterait par lui-même l'inconvénient d'introduire dans l'eau des matières organiques en décomposition, ce que nous devons et voulons éviter.
Ces précautions prises, un générateur et une petite machine à vapeur sont placés à proximité du puits ; cette force motrice a diverses destinations, mais elle sert d'abord à faire, mouvoir la pompe qui élève l'eau nécessaire à tous les besoins du Palais.
Les conduites d'eau suivent les couloirs des caves dans les rigoles d'irrigation; par cette disposition, l'eau conserve sa fraîcheur, et les conduites sont faciles à visiter et à réparer.
Aux angles des cours intérieures , près des escaliers, un tuyau vertical élève l'eau jusqu'aux réservoirs placés dans les greniers ; des branchements particuliers sont dirigés vers les cabinets d'aisances
et autres endroits où un emploi fréquent de l'eau est nécessaire.
A chaque étage, des fontaines permettent de prendre l'eau nécessaire aux besoins de la population et à ceux de la propreté intérieure du Palais, entretenue partout avec soin.
Dans ces conditions, la consommation moyenne de l'eau est de vingt litres par jour et par personne. Si l'on compare cette consommation à celle du ménage ouvrier où la femme, obligée d'aller chercher l'eau à distance et de la monter aux étages, n'emploie qu'avec parcimonie cette eau, souvent affadie dans des vases peu propres à sa conservation, on concevra quelle heureuse influence l'abondante consommation de l'eau saine et pure du Familistère doit exercer sur la santé. Car il n'est pas à douter que sur les vingt mille litres d'eau, qui entrent chaque jour dans les habitations du Palais, dix-sept mille litres au moins vont à la rivière, emportant avec eux, par les conduits de descente et les égouts, les causes qui engendrent ailleurs la mauvaise odeur et l'insalubrité de la maison du pauvre.