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LA LUMIÈRE : ÉCLAIRAGE DE NUIT

mode d'éclairage nous reporte à trois mille ans en arrière : c'est la chandelle de résine, ou la lampe antique avec sa mèche en corde et son rouge lumignon, enfumant l'atmosphère du logis; la lueur blafarde de ces lumières n'offre aucun attrait au travail des yeux et de l'esprit. Aussi, la lecture est-elle chose rare au sein de nos campagnes. La lampe reste suspendue auprès de la cheminée, où elle permet à peine de reconnaître les personnes rangées à quelque distance ; les paysans passent ainsi leurs soirées, les ressorts de l'intelligence presque toujours détendus, ou dépourvus au moins de tout moyen d'avancement dans les faits de la vie.

Au Familistère, la bougie stéarique et les lampes perfectionnées servent à l'éclairage de l'intérieur des habitations ; la famille et les amis trouvent autour de la table la lumière nécessaire pour que chacun puisse se livrer à des occupations sérieuses pendant les soirées d'hiver ; aussi la lecture y est-elle passée en habitude, et les bons auteurs, que la bibliothèque du palais renferme, élèvent au Familistère le niveau intellectuel et moral des esprits.

Nous avons constaté que les progrès dans •l'emploi de la lumière sont parallèles aux progrès de l'intelligence ; les villes les mieux éclairées sont aussi les plus avancées dans la voie du progrès. Nous pouvons donc conclure que, si l'obscurité dans laquelle vivent nos campagnes correspond à un état d'ignorance faisant obstacle au pro-

grès, un effet contraire doit se produire sous l'influence de la lumière qui abonde jour et nuit au Familistère.

La clarté répandue partout dans l'habitation, dans les cours, les escaliers, les galeries, etc.... est le signal du progrès intellectuel et moral des générations qui vont renaître à la nouvelle lumière sociale.

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