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LE CAPITAL DE L'OUVRIER

vent en résulter au profit des classes laborieuses. Peut-être est-il de la première importance que la Société ne se laisse pas entraîner dans une voie de Participation IndividuelIe,comme les entreprises coopératives, qui ont fait l'objet de l'attention publique depuis quelques années, en ont montré les tendances. Il faut, pour élever les masses au bien-être, que les profits du Travail soient surtout appliqués à inaugurer les institutions qui peuvent donner à tous ce bien-être , et non à constituer immédiatement des ressources au seul avantage de quelques-uns.

C'est moins, beaucoup moins, dans le partage direct de ces profits que se trouverait le moyen d'amélioration du sort des classes ouvrières, que dans l'application de ces profits à l'édification de Fondations et d'Institutions d'Utilité Commune, ayant le mérite d'être par elles-mêmes les éléments du Bien-être et du Progrès.

Les droits du Travail sont les droits aux avantages de la Vie; le Droit de Participation pécuniaire aux bénéfices créés par le Travail, en sus des Salaires et des Intérêts du Capital, ne tiendrait qu'imparfaitement compte du droit des faibles à la part du produit naturel fondant leur droit social.

Les Droits du Travail sont avant tout des Droits collectifs, des droits qui veulent que la Richesse créée soit utilisée à fonder tout ce qui intéresse l'amélioration du sort des peuples, c'est-à-dire à fonder des institutions d'utilité collective, des institutions

par lesquelles le bonheur commun soit lié au bonheur individuel ; telle est la mission et l'avenir de la Richesse nouvelle, c'est sur ces bases qu'elle doit s'élever au profit de tous et constituer le Capital de l'Ouvrier.

L'Industrie Moderne a changé, par le Salariat, la condition du travailleur en créant le travail libre ; l'Industrie Future doit réaliser, par l'Association, l'émancipation de l'ouvrier, en l'appelant au bienêtre et à la Propriété Collective.

C'est la plus belle et la plus sainte tâche que le Capital puisse entreprendre aujourd'hui; c'est la véritable voie du salut social et de la fraternité entre toutes les classes de la société.

Il est conforme aux principes que les bénéfices de l'Industrie soient consacrés, dans une légitime mesure, à créer les conditions du Biçn-Être et du Progrès Social dans l'Humanité.

Sous le régime même de l'Association et de la Participation, il peut être de la suprême sagesse que les dividendes de Répartition soient d'abord employés à des fondations d'utilité commune, et que les ayants droits ne reçoivent qu'en titres la valeur de leurs dividendes immobilisés à leur profit. De cette façon, les classes ouvrières vivant de leurs salaires deviendront propriétaires-actionnaires, pour partie, des Richesses qu'elles auront créées, et leurs droits s'étendront à toutes les choses du domaine où leur existence s'écoulera.

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