CONVENANCES DU LOGEMENT
Aux avantages inhérents au milieu dans lequel le Palais Social place l'habitation, se joint l'agrément de pouvoir toujours proportionner l'étendue du logement et de ses dépendances aux besoins de la famille.
Un jeune ménage, sans enfants, se trouve plus convenablement logé dans une seule chambre qu'il ne le sera dans deux pièces, lorsque la famille comptera plusieurs enfants. Et lorsque ces enfants auront grandi, une troisième, une quatrième pièce pourront devenir nécessaires; il faut même, pour les besoins d'une telle famille, joindre au logement cave et grenier.
Mais si, au contraire, dans une famille arrivée à son apogée de développement, les enfants se marient, le logement du père de famille a besoin alors de se restreindre au lieu de s'augmenter, et cela dans les proportions inverses de celles que nous venons d'énumérer.
Le Palais Social permet de donner complète satisfaction à ces besoins de la famille; il permet de faire que le logement soit toujours en proportion du nombre et des ressources des personnes.
Il n'en peut être ainsi lorsque l'ouvrier est propriétaire de la maison dans laquelle il demeure : ou il y a gène quand la famille est nombreuse, ou la maison est plus que suffisante quand le père et la mère restent seuls.
Les habitants du Palais Social n'étant pas pro-
priétaires, mais actionnaires, ne sont attachés à leur propriété que comme locataires, de sorte que chacun peut, avec la plus grande facilité, faire les changements et les mutations de logement qu'il juge nécessaires à ses besoins.
Aujourd'hui, l'un renonce à sa cave, l'autre à son grenier, qu'un troisième reprend ; d'autres changent un appartement de deux chambres contre un de trois chambres ; et tout cela sans que les loyers cessent de produire au profit des sociétaires.
Ces mutations et ces changements de logement sont même à encourager, parce qu'ils donnent lieu, chaque fois, à une remise à neuf, dont les frais doivent être supportés par ceux qui demandent à changer d'appartement.
Le Familistère renferme un certain nombre de chambres garnies pour les personnes vivant seules, et pour les sociétaires qui, momentanément, ont besoin d'un agrandissement de logement : soit parce qu'il leur survient des parents ou des amis, soit pour tout autre motif, comme par exemple celui de cas de maladie dans la famille.
En semblables circonstances, le Comité médical met des chambres garnies à la disposition des ménages qui en éprouvent le besoin. Le malade peut ainsi trouver, dans un logement particulier, une tranquillité plus grande, il n'a autour de lui que les personnes qui le soignent ou le visitent. Si le malade est, au contraire, resté dans son logement ha-