‹ Solutions socialesChapitre 19 sur 172 · DÉMOCRATIE POLITIQUE · texte numérisé non relu

DÉMOCRATIE POLITIQUE

Toute bonne administration est la conséquence d'une capacité propre à la direction qui lui incombe. Or, la nature distribue les caractères et les aptitudes sans se préoccuper de la position sociale de l'individu.

Elle ne fait pas, nécessairement, d'un homme, un savant ni un génie, parce qu'il est né prince ou millionnaire : aussi, ceux qui sont chargés du gouvernement des nations ne sont-ils pas exempts d'avoir pour héritiers des incapables.

Il est bien rare que le savant et l'industriel de génie trouvent de réels continuateurs de leurs œuvres parmi leurs enfants; souvent, au contraire, les entreprises les mieux commencées et les mieux assises périclitent entre leurs mains, tandis que les êtres doués par la nature de toutes les qualités propres à bien diriger ces entreprises, demeurent ensevelis dans une obscurité contrainte, faute de pouvoir faire profiter la société des dons naturels qu'ils possèdent.

L'hérédité étant considérée comme un obstacle au progrès des nations et du gouvernement de la chose publique, ses conséquences ne répondant plus aux aspirations modernes de la souveraineté du peuple qui veut, en principe, le gouvernement aux mains des plus dignes et des plus capables, l'hérédité n'est plus en accord avec les besoins réels de l'administration de la terre, de l'usine et de la fabrique : partout le besoin du mérite et de la capacité se fait sentir.

L'idée démocratique est donc du domaine des réformes sociales autant que de celui des réformes politiques, et si les hommes dévoués au salut social se sont vus divisés par de regrettables malentendus, en se plaçant à des points de vue différents pour l'application de l'idée démocratique, ils doivent aujourd'hui mieux comprendre l'intérêt supérieur qui les unit, se tendre une main fraternelle, et travailler de concert au bien commun.

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