HABITATION
Fourier croit que l'humanité est destinée à s'élever au bien-être général par le travail, par la science et par l'art ; mais il établit que l'association est la condition première de cette évolution sociale, et que la réforme architecturale de l'habitation est le premier effort qu'elle dok accomplir, suivant lui, pour inaugurer le milieu propre à la réalisation de ce bien-être.
L'Habitation est, en effet, un des premiers éléments du bonheur de l'homme; et, malgré cela, elle est restée jusqu'ici étrangère aux vues d'ensemble de la science, et à la plupart des progrès que les arts actuels peuvent introduire dans son édification.
Les maisons disparates de nos villages, placées sans ordre, sans alignement, sans aucune préoccupation de l'hygiène, ni de la salubrité, sont plus souvent un lieu de tortures, un sujet de dégradation physique et morale des individus, qu'un lieu de tranquillité et de repos.
En association, la construction de l'habitation cesse d'être abandonnée à l'ignorance et à la pauvreté des moyens de chacun ; car ce que les ressources isolées ne permettent pas d'accomplir, devient possible lorsque ces ressources sont réunies.
Élevées en vue de l'union des intérêts et des forces, les habitations se rapprochent, se resserrent, s'unissent, comme les individus, et forment un ensemble unitaire dans lequel toutes les ressources de l'art de construire sont requises, pour édifier le logement le plus propre au bonheur des familles et des individus.
Ainsi, une réforme radicale dans l'architecture de l'habitation est la première conséquence de l'Association décrite par Fourier.
La commune n'est plus, sous ce régime, un amas de maisonnettes sans ordre; les classes laborieuses ne sont plus délaissées dans ces habitations à l'aspect pauvre et misérable, qui couvrent les campagnes, ni dans ces logements sordides, qui déshonorent les villes.
L'Association possède au centre de son domaine un palais que Fourier a nommé Phalanstère. Ce pa-