‹ Solutions socialesChapitre 6 sur 172 · MON ENFANCE <J · texte numérisé non relu

MON ENFANCE <J

je me demandais si je devais me livrer à l'enseignement.

Mais aussitôt un sentiment intime me poussait à cette autre pensée : Non, je dois me livrer à l'apprentissage des arts manuels, car, par eux, j'ai un grand exemple à donner au monde dans la sphère où j'agirai.

Cette idée persistante, dans un âge aussi peu avancé, est au moins un fait singulier, surtout si l'on tient compte de l'excessive timidité qui me suivait alors dans tous mes actes, et des pénibles difficultés qu'offraient à mon tempérament, frêle et délicat, les travaux qui s'exécutaient sous mes yeux.

Malgré cela, c'est sous l'empire de l'idée que la pratique des arts manuels devait me conduire à un rôle pressenti, qu'à onze ans et demi je commençai à travailler le fer dans l'atelier de mon père, et à prendre une part au-dessus de mes forces, dans les travaux de la campagne, à côté de mes parents.

Pourquoi un pareil objectif dans un jeune esprit devant lequel nulle perspective n'était ouverte, et pour lequel tout semblait renfermé dans le cercle d'une vie de travail et de pauvreté?

Si je m'autorise à poser cette question à mon lecteur, c'est que je me la suis bien souvent posée à moi-même; c'est que ce fait me paraît renfermer une question de psychologie intéressante, qui s'est renouvelée dans toutes les phases de ma vie.

Aujourd'hui encore, je pressens des événements

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