CHAPITRE II — PRESSENTIMENTS
que je me garderai d'indiquer, non que je croie à la fatalité, je suis fort éloigné de cela : je crois au contraire les événements subordonnés en tout et partout à l'action de l'intelligence, mais ce n'est pas ici la place pour expliquer ce phénomène d'intuition, et je n'en parle que parce qu'il tient aux causes de la fondation que j'ai faite; l'explication en viendra plus tard.
• Il
Lorsque je quittai l'atelier de mon père, simple artisan de village, pour aller chercher au sein des villes le moyen d'un apprentissage industriel plus avancé, je pensais que là tout allait s'offrir devant moi sous les formes de la science ; que chaque ouvrier s'y était formé au contact de théories régulières, et que le travail s'y exécutait autant d'après les données de l'étude, que d'après celles de la pratique.
C'est avec de semblables idées que je me mêlai à la masse ouvrière des villes et du compagnonnage, et que je croyais voir partout des supériorités en savoir et en capacité dans les ouvriers qui m'entouraient.
Il fallut un certain temps pour dissiper ces illusions.