Solvate : Polymère P — composé À et composé B
valeur des fixations du composé A. Si cette immobilisation de À au sein des liquides d'imbibition reste constante dans un certain domaine de concentration, on peut prétendre, par définition, à l'existence d’une solvatation polymère-corps A, dans un rapport indiqué par l’abscisse (a) du point de convergence des droites ainsi tracées (fig. 3, CAS).
Il peut arriver d’autre part que, suivant les proportions relatives des trois constituants, le diagramme révèle plusieurs zones de conver-
gence, signe de la formation de plusieurs composés définis entre le colloïde et l’un des composés actifs.
c) Si enfin il s'établit une réaction de solvatation du colloïde simultanément par les constituants A et B, les droites analytiques conver gent en un point $S situé hors des axes de coordonnées et dont la position donne la composition du complexe (polymère P-corps A-(a)corps B-(b)). Dans cette dernière hypothèse, un transfert du système d'axes au point S ramène le problème au cas déjà discuté pour lequel le polymère, considéré cette fois comme solvaté par A et B suivant des proportions stœchiométriques (a) et (2), est en équilibre avec un mélange dont la concentration reste indépendante du degré de gonflement
(fig. 3, cas 3).
Procédé 1, Procédé 2, .
Fig, 4.
En pratique, la méthode offre deux modes d'application :
Procédé n° r. — Si le polymère est mis en contact avec une quantité de liquide importante, la solvatation n’amène aucune variation de concentration. La seule connaissance d’un point d'analyse P, (correspoudant à un certain état d'absorption) et de la concentration (c;) du liquide d’imbibition, permet de tracer la droite de laquelle on déduit, par extrapolation, la solvatalion apparente (s). Les différents points qui constituent cette droite s’alignent, en effet, avec le point à linfini P,X relatif au polymère en présence avec un grand excès de liquide par rapport au liquide réellement absorbé (fig. 4). Il suffit donc d'analyser globalement le système à un point de gonflement
quelconque et de tracer, par le point obtenu, une droite de pente — qui C1
définit une solvatation (s). La position de l’abscisse (s) est connue avec une plus grande précision si l'on élimine au maximum le gonflement physique et si p" on multiplie les analyses du polymère au cours de la réacuon d’addition (points P;, P7, etc.).
Ce procédé général s'applique à condition de pouvoir donner analytiquement la composition du polymère en équilibre avec le mélange binaire.
Procédé n° 2. — L'absorption éventuelle d’un des constituants apporte des changements de concentration d'autant plus sensibles que la quantité de liquide de contact sera plus faible. La valeur de la solvatation réalisée pour une concentration donnée, sera à nouveau fixée à partir d’un point d'analyse quelconque puisque la droite cherchée passe par le point P, dont les coordonnées, à l'échelle du diagramme, expriment la composition des phases mises en présence.
Ce second procédé s'applique lorsque le colloïde ne se prête pas à une méthode d'analyse suffisamment précise. Les états d'équilibre sont alors déterminés indirectement par dosage du liquide ou d’une partie du liquide exsudé ou non absorbé. La précision des résultats n’est alors fonction que de la connaissance éxacte des changements de concentration apportés par la solvatation. Ce procédé n’est pas incompaüble avec celui qui a été précédemment décrit.
29 Courbes de solvatation.
Les diagrammes de convergence permettent de retrouver les courbes de solvatation que l’on a coutume de tracer-pour exprimer la quantité d’un composant fixé par un haut polymère au sein d’une solution de concentration donnée.
Il suffit, en effet, de calculer la valeur de la solvatation observée en extrapolant chaque droite du diagramme jusqu’à l’axe de coordonnée et de lui faire correspondre la concentration du liquide en équilibre. On conçoit que dans ces conditions, un phénomène de solvatation se traduit par une absorption constante dans un certain domaine de concentration. Nous verrons en cours d'étude l’allure de la courbe de solvatation lorsque le complexe fait intervenir simultanément le colloïde et deux constituants.
Domaines d'application de la méthode des restes.
La méthode des restes offre un certain intérêt dans tous les cas où un haut polymère est, par un procédé quelconque, isolable d’une parle du liquide de gonflement à étudier. Les constituants en présence À et B peuvent être choisis parmi des composés dont les actions de dispersion sont très variables (A peut être un agent gonflant, un gélatinisant, un plastifiant et même un solvant, B étant lui-même un solvant de A, actif ou non, sur la substance polymérisée).
Les conditions analytiques sont remplies si le polymère possède une structure qui favorise des opérations d’exsudation quelconque lorsque
il P. CLÉMENT
les molécules ne diffusent pas dans le mélange solvant sur lequel on suit les changements de composition. Une méthode basée sur une séparation par dialyse du polymère de sa solution n’est cependant pas exclue.
En résumé, la technique ainsi exposée vise à déterminer les états chimiques d’un haut polymère pour lequel différents états physiques sont obtenus en présence de composés mixtes dont les actions de gonflement sont une fonction de leur composition relative.