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LA GRACE EN ELLE-MÊME

s o .n .Tl A I U E

i' La définition de la grâce.

'*° L'existence de la grâce.

3° Les différentes espèces de la grâce.

4" La nécessité de la grâce.

5° La dispensation de la grâce,

T)" La coopération à la grâce.

7° La puissance de la grâce.

8° Les effets de la grâce.

9° Les richesses de la grâce.

10" Les condescendances de la grâce.

1 1° Les figures de la grâce.

12° Les principales erreurs sur la grâce.

T n'T- 10 f DE LA GRACE.

DEFINITION DE LA GRACE

DéflnKlon

de la grâce

Dans

le langage

ordinaire

le mot rjrdce

qui a pour

racine le mot

latin gratis,

chose

gratuite,

signifie :

Dans

langage

jthéologiqueJ

la

grâce

qui

conserve

toujours

son vrai sens

de gratuite,

se définit :

1° Le sentiment de bienveillance qu'on éprouve pour une personne et qui porte à lui faire du bien uniquement parce qu'on l'aime. — Il est dit dans la Genèse que Noé trouva grâce devant Dieu (Gen. Yi, 8.) 2° Le bien lui-mùme qu'on fait à une personne. — Un pardon accordé, un objet donné sont tfes grâces.

3° La reconnaissance témoignée après un bienfait. — Rendre grâce c'est remercier.

4° Vagrément personnel. — Il est dit de Marie : La grâce est répandue sur ses lèvres. (Ps. xliv, 3.)

Toute espèce de don que Dieu

nous fait dans sa bonté. —

On comprend, sous ce nom,

les dons naturels: la vie,

la santé, l'intelligence; et

les dons surnaturels : le

droit au ciel....

Dans / Un don, — surnaturel , —

un sens 1 intérieur, — que Dieu

' strictement \ seul nous accorde, —

theologique I en vue des mérites de

qui ne j Jésus-Christ, — fjour

s'applique / nous conduire au ciel

qu'à \ qui est la fin surnatu-

des 1 relie de notre création.

bienfaits i — L'explication de cha-

d'un f cun de ces mots fera

ordre | connaître la nature de la

supérieur: \ grâce.

Dans un

sens cénéral

I DEFINITION I)K LA C.UACE.

DéfliiKIon

de

la grâce

Explication

de

chacun

des mots de

la définition

La grâce est :

Qui

de

sa

nature

Un don

surnaturel

Est essentiellement fjratuit, eflèt de la

bonté infinie de Dieu. ^/ Sans que nous y ayons aucun droit, ^ \ autrement la grâce ne serait plus g < la grâce. (Rom. xi, 6).

2 iSans même que nous y ayons pensé §:' ou que nous l'ayons demandé.

Est une communication spéciale de la nature et delà vie de Dieu par laquelle, ditS. Pierre, Dieu nous fait participants de sa nature divine fii I . i, 4). — J^a grâce est la vie et l'action de Dieu dans l'homme et, en même temps, la vie et l'action de l'homme en Dieu. C'est, dit S. Augustin, Dieu présent en nous pour être à notre âme ce que notre âme est à notre corps : un principe de vie et d'action.

A cause de sa nature qui n'a rien de commun avec les dons naturels de l'âme et du corps tel que la santé, l'intelligence.

A cause de sa fin : il nous élève audessus de notre nature pour nous constituer dans un état nouveau bien au-dessus de l'état naturel. — C'est comme la grefTe qui donne à un arbre une vie et une nature autre que celle qu'il avait et lui fait produire des fleurs et des fruits qu'il ne produirait pas. — Ce don nous permet de produire des actes surnaturels et méritoires pour le ciel.

A cause de notre impuissance à l'obtenir par les seules forces de notre nature.

I DEFINITION DE LA GRACE

DcGnition

de la grâce

Explication

de

chacun

des mots

de la définition

La grâce est :

3° l Accordé à 1 ame toute seule. — Le corps Un don I n'y participe qu'à cause de son union inérieur \ avec l'âme.

Dieu seul possède tous les biens : Tout don 'parfait vient (Vcn haut, du Père des Iwniéres (.lac. I, 17). — Dieu seul les donne à qui il veut et comme il veut.

Dieu seul surtout peut se donner lui-même; et puisque la grâce est la vie de Dieu en nous, Dieu seul peut nous associer à sa nature et à son action divine. La vie de Dieu et ses opérations en nous, par la grâce, ne se séparent pas plus de Lui, que l'œuvre ne se sépare de Tartisan, l'amour du cœur, la lumière du foyer. — Dieu donnera la grâce et la gloire (Ps. Lxxxiir, 12). Les anges, les saints, la très sainte Vierge peuvent demander la grâce et l'obtenir pour nous, ils ne peuvent nous la donner.

Dieu seul est la source infinie et inépuisable de la grâce et, comme nous allons le dire, il nous la communique par Jésus-Christ. Par Zi« , dit S. Paul. Dieu a réalisé sui nous ses grandes et précieuses promesses , et il nous a faits participants de la nature divine (Heb. m, 1 ; VI, 4). Cette grâce est la même dans l'humanité du Verbe fait chair et dans l'humanité restaurée par sa médiation. C'est la même vie qui monte du grain de froment dans les épis et du cep dans les branches. La grâce que Dieu nous donne est la même que celle dont le Verbe a animé son humanité sainte.

Dieu, par la grâce, nous donnant une certaine ressemblance et participation de sa nature divine, Lui seul peut le faire, comme, seul, le feu peut embraser le fer et le rendre en feu comme lui.

I DEFINITION DE LA GRACE

DcflnHion

de

la grâce

Explication

de

chacun

des mots de

la définition

La grâce est:

l II

don

accurdô

vue

des

môrites

de Jésus- Christ

Avant son prché, les grâces que riiomme recevait et qui le constituait dans l'ètot d'innocence ou de nature élevée (état dont nous allons parler) étaient un pur effet de la bonté de Dieu dans toute l'acception du mot. L'homme n'ayant pas péché n'avait pas besoin de libérateur ni proprement d' intercesseur

Il n'y a de sahit que pur J.-C. et il n'y a pas sous le ciel d'autre nom donné aux hommes par lequel ils doivent être sauvés (Act.

IV, 2). — La loi a été donnée par May se et la grâce par Jésus-Christ (Jo. 1, 17).

L'Eglise fait loutes ses demandes piar les mérites de Jésus-Christ.

La médiation de Jésus-Christ n'a point redonné à l'homme la première espèce de (jrâces surnaturelles qu'il avait reçues avant son péché : l'immortalité, l'exemption de la révolte des passions et de l'ignorance, — mais seulement les autres grâces surnaturelles : le droit d'aspirer au, ciel, de s'en rendre digne par ses cmvrcs... celles dont nous nous occupons spécialement

Depuis le péch(^, les grâces accordées àl riiomme pour sortir de l'état de nature tombée et entrer dans l'état de nature réparée, ont toutes été accordées en vertu des mérites futurs ou passés de, Jésus-Christ, devenuj son libérateur.

I DEFINITION DE LA GRACE

Dcflnltlon

de la grâce

Explication

de

chaoun

des mots

de la définition.

La grâce est :

Un don | accordé pour |

nous j conduire au [

ciel qui est notie|

fin surnuiurelk.

Dieu a créé

l'homme

pour deux fins:

Une /5/i

naturelle ,

appelée

ainsi, non

qu'elle soit

la condition

naturelle de l'homme,

mais pour

la distinguer

d'une autre

fin plus élevée

encore, ^

et qui garde «

proprement

le nom

de

surnaturelle.

Celle fin naturelle consiste à connaître Dieu, à l'aimer, à le servir, — Dieu, étant le principe et la fin de toutes choses, ne pouvait pas créer l'homme pour une autre fin que pour lui-même : c'est pour bi que Lieu a tout [ail (Prov. xvi.4.)

L'intelligence ou la raison

j qui lui permet de connaîire

Pour atteindre l avec certitude l'existence de

celle I son créateur. (Conc. du Va-

fin naturelle, j tican.)

Dieu .' La sensibilité qui le porte à a donné ^. aimer et à servir le Dieu

à j qu'il connaît,

l'homme I La liberté qui lui permet d'ad- • hérer librement à la connais- \ sance que lui donne sa raison \ et à 1 inipul-ion de son cœur.

Sans grâces surna- 1 turelles d'aucune sorte, mais en même lemps sans pcché et avec les perfections et les imperfections attachées à la nature humaine: mtelligence, mémoire, maladies, mort..

Cette état était possible ; il est une conséquence nécessaire de l'union de l'âme avec le coros et de l'impression produite par les choses cxlérieures.

c= j Dieu a créé l'hoir "jc îwj/ior»

«â-l ici (Sag. II, -23) \ 1 nomme f s. l Dieu a créé en lui la science = I del'espril et lui a fait voir ^- { tes biens et les maux.

I 1 (Eccl. XVII, 6).

^ JCe sont là des grâces surna- Ê I turelles ajoutées à la nature ^. ', propre de l'iionime.

Cette fin naturelle

n'est pas Vetat de nature

pure

dans laquelle

Dieu aurait pu

créer l'homme

Cet état

de

nature

ptoe aurait

consluué

l'homme

2%te.— Voir dans le volume du Symbole le tableau : Dons accordés à l'homme i*" Partie iv, 3.

I DEFINITION DE LA GRACE

Déflnilion

flt> lu grùce — . ■—

Explication

de

chacun

des mots

de la déûnition

^•Elle consiste à. nous faire ressembler à Dieu. Dieu créa l'homme à son image et à sa ressemblance. C'est par ta nature que l'homme est fait îx 1 "image de Dieu ; par la grâce qu'il est fait à sa ressemblance, c'est-à-dire qu'il est un ùire de race divine (Act. xvii, 29). ^/Elle consiste à nous faire parvenir à la possession de la vie éternelle, — à l'union avec Dieu, — au partagedu bonheur et de la gloire de Dieu.

Elle consiste à nous donner far adoption les droits que le Fils de Dieu a ■par nature, — à faire de nous les cohéritiers de Jésus-Christ dans le rovaunie du Ciel.

^' L)ans la Ste Ecriture parlant de la vie que Dieu doit donner à ceux qui sont fidèles (Ap. ii, lî), —de Dieu lui-même qui sera la recompense des justes (Gen. xv, 1), — dic rassasiement que donnera la vue de Dieu (Ps. XVI, 15), — du royaume éternel préparé dès le commencement du monde (Math, xxv, 34), Dans le Concile de Trente qui délinit que nos premiers parontsontéà' constitués clans l'état de sainteté et de justice.

Ils sont surnaturels comme la fin elle-même et consistent dans un secours spécial appelé la grâce (dont nous nous occupons) et qui n'est autre chose que Dieu luimême s'abaissant jusqu'à nous pour nous élever jusqu'à lui.

La cause efficiente, celle qui l'opère et la produit: Dieu.

La cause méritoire : Jésus-Christ.

La cause fincdc: La vie et la gloire éternelle.

La grâce est :

Moyens

pour parvenir

cette fin

Hiinalurelle^

La définition de la grâce en nous montrant sa ncLfure nous en a fiât connaître;

lu

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