L EUCHARISTIE COMME ALIMENT OU LA SAINTE COMMUNION
' dirons
1° La nature de la communion.
2" L'obligation défaire la communion.
3° Les dispositions à apporter jwur la commit^
niori .
4° Les effets de la communion.
Katiire «le la coiumuiiton
Communier, c'est recevoir, — comme on reçoit un aliment ordinaire, — une hostie consacrée, c'est-à-dire le corps, le sang, l'âme, la divinité de Jésus-Christ voilée sous les apparences de cette hostie. — Quoiqu'il n'y ait que la seconde personne de la sainte Trinité qui se soit faite homme, on reçoit avec le Fils, dans l'Eucharistie, le Père et le S. Es'prit, parce qu'avec le corps, le sang et l'âme de Jésus-Christ on reçoit en même temps sa divinité et que la nature divine est une, indivisible, et commune aux trois Personnes.
Communier, Pour réparej-, en chacun de nous, le c'est unir le corps, / mal que la manducation,par Adam, du fruit défendu avait laissé en germe en chacun de nous, — pour diminuer la concupiscence, — et entretenir la vie surnaturelle qui avait été détruite quand elle a été redonnée par la pénitence.
Pour faire participer chacun de nous autant qu'il est possible à l'union de sa nature divine avec la nature humaine.
Pour compléter par là notre union avec le sacrilice do la croix. — Ceux qui voulaient participer aux sacrifices anciens, devaient manger une partie de la victime.
le sang,
l'âme, la divinité,
de
Jésus-Christ
à notre corps,
notre sang,
notre âme.
Jésus-Christ
voulu
cette union,
par la manducaliuu.
LA TRIiS SAINTE ELCHARISTIE,
Obligation de faire la comniunlon
Ni pour les enfants qui n'ont pas l'usage de la raison : Si quelqu'un, dit le Concile de Trente, dit que la communion de TEucharistie est nécessaire aux petits enfants avant qu'ils aient atteint l'âge de discrétion. — qu'il soit anathème! (Ses. xxi. c. 4.) \Ki pour les adultes comme le prouve l'usage de l'Eglise qui ne leur donne pas le saint viatique lorsqu'il V a des raisons pour qu'ils ne la reçoivent pas. — L'Eucharistie n'est pas instituée pour produire la grâce première comme le Baptême.
divin I Si vous ne mangez la chair du Fils de
d'après ces paro- \ l'homme et si vous ne huvez son
"es formelles de i sang vous n'aurez pas la vie en vous.
ésus-Christ : ' (Jo. vi, 54.)
Précepte ecclésiastique d'après les Conciles de Latran
(Can. xn) et le Concile de Trente (Sess. xni. c. 9} qui
obligent c/(açi«e fidèle de Vun et de l'autre sexe ayant
atteint l'û(/e de discrétion à communier tous les ans
au moins à Pâques.
j iS'i par Jésus-Christ qui a dit simplement : Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement, et encore: Celui qui me mange vivra éternellement, indiquant clairement la communion SOMS la seule espèce du pain.
, Elle la donnait autrefois mais ne l'imposait pas puisqu'elle envoyait aux martyrs, dans la prison, la seule espèce du pain.
Elle l'a interdite au Concile deConstance en 1414 à cause du danger de verser le vin, surtout à cause de quelques hérétiques qui prétendaient que J-C. n'était pas tout entier sous chaque espèce. — Ce ne sont pas les espèces qui confèrent la grâce, mais le corps de .lésus-Christ; or, le corps est tout entier sous chaque espèce.
Obliga-
La
tion
commu-
de
nion
commu-
sous
nier
les
sous <
deux
une seule]
espèces
espèce |
ou 1
jamais
sous 1
été
les deux '
imposée
espèce»
MOYENS D OBTKMR LA GRACE
1° Dès qu'on atteint l'âge de discrétion. (Conc.
de Latran, ses. xiii, c. 9.) 2° Au moment de la mort ou dans un danger probable et prochain de mort. — L'Eglise impose aux prêtres Tobligation grave d'administrer rÊucharistie aux malades, et le Concile de Trente a statué que cette coutume devait être maintenue.
3° De temps en temps pendant la vie. — L"Eglise l'impose une fois par an et au moins pendant le temps pascal.
En conséquence » 1° De la première communion.
de cette '2'* De la communion annuelle et fasobligation nous j cale.
allons parler '3° De la dernière communion.
CD
' Obligation déterminée.
obligatoire :
iNous
ensuite
parlerons i 1° De la fréquente co isuite * 2° De la communion
communion, sjurituelle.
Première communion
Ace de
"la
première
communion
1° De la 'première communion
Cet âge est l'âgede (i^scré(!^o?^, d'après le Concile de Latran; c'est-à-dire dès qu'on est capable de discerner la sainte Eucharistie d'un pain ordinaire.
Cet âge ne peut se iixer d'une manière absolue pour tous. 11 est des intelligences précoces, il en est de tardives, — il en est qu'une éducation soignée a élevées de bonne heure, — il en est qui, négligées, restent longtemps engourdies. — On peut dire cependant que l'obligation do communier ne commence que vers 71 eu f ou dix ans et ne peut être renvoyée au delà de douze à quatorze, à moins de graves raisons.
Cet âge, en France, est ordinairement fixé parles Evêques vers douze ans. — Quoi qu'il en soit des bonnes raisons apportées par ceux qui veulent faire communier un entant dès qu'il est suffisamment instruit, on doit, dans la pratique, s'en tenir aux règlements portés par rEvèiiuc.
LA TKES SAINTE EUCHARISTIE
Lieu
où doit
se
faire
la
première
communion
Obligation
de la
préparation
à la
première
communion
La première communion doit se faire en général dans l'église paroissiale et doit être donnée par le propre cure ou par celui qui tient sa place.
La première communion peut se faire avec la permission du curé ou de l'Evèque ailleurs que dans l'église paroissiale.
Par respect pour Dieu qui va venir dans une âme dont ils répondent, et qui par elle-même est incapable de se préparer.
[Par avxour pour leur enfant à qui ils préparent, par cette première communion, les bases d'un avenir de paix et de dévouement.
[Par intérêt pour eux (\\n auront un enfant d'autant plus obéissant et respectueux qu'il aura reçu plus pieusement et conservé plus soigneusement le Dieu de l'obéissance et du respect.
De
la
part
des
parents
De
la
part
enfants
Qui participeront d'autant plus aux effets de la communion dont nous parlerons, que leur âme aura été conservée plus innocente. — Une âme d'enfant dans laquelle le démon n'a pas fait sa demeure est plus apte à recevoir les grâces de Dieu.
lQui poseront la base de leur avenir.
f Qui se ressentiront toujours de la ferveur ou de la légèreté de cette communion.
Qui ne répareraient que difficilement cette communion mal faite.
MOYENS D OBTENIR LA GRACE
l.'Eiieha-
rlKtie
couinie
uliiiient
on la
suinte
couiniiiuioit
Obligation
de
faire
la
communion
Mode
de
'préparation .
à la \
première
[communion
Veiller à ce que les enfants apprennent le catéchisme — suivent les réunions faites à l'église et répètent dans la famille ce qui a été dit par le prêtre.
Donner l'exemple d'une vie chrétienne et insister dans la famille sur l'importance de la première communion.
Prier poiU' les entants et arec les enfants, et lesaccompagneràlaSteTable.
/ Etudier le catéchisme et le suivre exactement dans les paroisses. — - Une des conditions rigoureuses pour être admis à la première communion est d'être suffisamment instruit des vérités et des préceptes de la religion.
Se préparer à une confession complète, exacte, et suivre, pour la faire 1 conmie il faut, les avis de son confesse ur.
— Une autre con(ition rigoureuse pour bien faire la preaiière (omm union et la jn<rcié de conscience.
Faire do réels efibripour vivre plus obéisant, plus retenu, plu modeste, plus assidu à SCS priJiBi.
r.A TRi:S SAINTE EUCHARISTrE.
Prcmieve communion
s 1 Influence * / de la £■( premicre rî \ communion sur la vie tout entière
Par
les grâces
spéciales que
donne cette
première
communion —
grâces de force
et de lumière
qui pénètrent
plus
profondément
dans l'âme :
A cause de Impréparation qui a été plus complète: on a prié davantage, on a pratiqué des actes de vertu en vue de cette préparation.
A cause de Vamoiir de Dieu qui a été plus excité et qui est plus pur.
A cause de Vinnocence qui a été conservée plus fidèlement ou réparée pi us facilement.
Des émotions éprouvées : les plus
douces et les plus calmes.
Des émotions données à son père, à sa mère, à toute la famille.
Par les splendeurs de la. chapelle et la suavité des chants.
Par l'exemple de ceux qui communiaient.
Par la joie de tous ceux qui assistaient à la fête.
Des promesses publiques de fidélité à Dieu, — faites devant tout le monde et au milieu d'un appareil imposant.
Par l'obligation De fréquenter quelque temps où l'on est,l l'église où on a fait la presous peine» mière communion et les insmème hu- 1 tructions qui y sont faites ; mainement\ là, la piété se fortifie et les de passer j bonnes habitudes se prennent. pour ingrats! De se montrer plus obéissant et et oublieux \ plus dévoué dans sa famille.
Par
les
souvenirs
que
laisse
cette
première
Icommatiion.
Souvenirs
impressions
MOYENS D OBTENIR LA (lUACE.
2" La Communion annuelle et la Communion pascale
li'Eucharistie
coiunie
aliment
ou la
«tMibte
coniniuuion
Obligation
de
faire
la
communion
Texte du Concile de Latran : Tout fidèle de tout sexe parvenu à l'âge de discrétion...
doit recevoir avec respect, au moins à Pâques, le sacrement- de VEucharistic.
Elle JTexte du Concile de Trente :
est / Si quelqu'un ose nier que formelle \ tout disciple de Jèsus- Christ, n'importe le sexe, parvenu à l'âge de discrétion, soit tenu de communier tous les ans, au moins à Pâques d'après le précepte de l'Eglise notre mère, qu'il soit anathème.
Elle
impose
deux préceptes
distincts
dont
rintraction
est un
péché mortel
De faire la sainte commu nion une fois l'an.
De faire la sainte communion à Pâques.
Seulement celui qui communie à Pâques n'est tenu qu'à cette communion ; celui qui a communié en dehors du temps pascal dont nous allons parler, est tenu à une autre communion pendant le temps de Piques.
cr
LA TRÈS SAINTE EUCHARISTIE. 287
iPour honorer le grand mystère de la résurrection de Jésus-Christ sur lequel est appuyée notre foi Pour nous faire mieux comprendre la bonté de Dieu qui du péché nous a isiitpasseï' dans la grâce, — le mot Pâque signifu; jpassaçje. — Ensevelis avec Jésus-Christ par le baptême pour mourir au pèche, nous devons ressusciter comme lui et marcher dans une vie nouvelle. (Rom.
VI, 4,) Pour que nous soyons mieux préparés après le jeûne et les instructions du carême. La .' Pour que, communiant ensemble, les
communion \ liens de la charité fraternelle fussent a été fixée 1 resserrés entre les fidèles. à cette époque I Pour que les fidèles pussent s'encourager déterminée ' et se fortitier mutuellement.
Le temps de la communion pascale commence, de droit commun, le dimanche des Rameaux et s'étend jusqu'au dimanche après Pâques.
— Les Evéques peuvent étendre ce temps pour leurs diocésains et ils le font ordinairement. — Les confesseurs peuvent proroger pour leurs pénitents et les curés pour leurs
paroissiens s'il y a des raisons suffisantes,
"^ ï Temps lOn ne peut pas faire, avant le temps pascal, o 3 de la / I3 communion pascale, mais on peut par
S. communion \ avance se mettre en règle pour la communion '^ pascale 1 annuelle. — Celui qui n'a pas fait ses Pâques,
par sa faute, est toujours tenu à la communion annuelle ; il a commis un péché grave dont il doit se confesser.
Le malade qui communie en viatique pendant le temps pascal satisfait au double précepte.
— 11 devrait communier encore à Pâques s'il avait rer-u le saint viatique quelques jours avant le temps pascal.
ÎS8
MOVENS D OBTENIR LA GRAr,,-^.
ai"
Lieux
où
doit
se
faire
la
communion
pascale
Dans l'è'jlisc jicirolssiale et de la main du propre curé. — C'est ce qu'enseigne le Concile de Latran quand il dit que le l^ropre prêtre peut, s'il le juge à propos, autoriser un fidèle à différer sa communion pascale ; et ce qui résulte des décisions du saint Siège et des Conciles provinciaux.
Les prêtres accomplissent le devoir pascal, partout où ils disent la messe.
— Ils no l'accunipliraient pas en communiant seulement.
Les religieux, les religieuses et les personnes attachées à leur service, vivant dans le monastère, l'accomplissent Lieux I dans leur chapelle. — 11 en est do
où I même, d'après la pratique générale,
peut I des élèves des séminaires, des pen-
se I sionnaires dans les maisons d'édu-
faire \ cation, des malades dans les hôpitaux,
la Les voyageurs qui ne peuvent se
communion i rendre dans leur paroisse, l'accomplispa.scale | sent où ils se trouvent.
Les. personnes qui ont plusieurs domiciles l'accomplissent dans la paroisse qu'il leur plait de choisir.
Toute personne peut l'accomplir ailleurs que dans sa paroisse avec une permission de son curé, de son Evêque, * ou du Pape.
I L'intention de faire ses Pâques n'est pas nécessaire ; le précepte divin veut simplement que tout fidèle reçoive la Ste Eucharistie avec les dispositions convenahles ; mais il est néccs50iVe de faire une bonne cominunion. On ne remplit pas ce précepte par un sacrilège.
LA TRES SAINTE EUCHARISTIE
^, 1 Importance ^- de la
' Icoiiimunion
pascale Cette
"" 5 \ importance est fondée
Sur la gravité
de la peine
que
l'Eglise
inflige
à ceux qui
ne font pas
cette communion
Sur
la
grandeur
des
crimes
que
commettent
ceux
qui
ne font pas
L'omission
de la
communion
pascale
est
Le Concile de Latran déclare que Von doit leur défendre l'entrée de l'église et qu'après leur mort ils doivent ùtre privés des honneurs de la sépulture chrétienne.
Si l'Eglise n'exécute pas cette loi, c'est que le péchi ur a réparé son omission par la réception des derniers sacrements ou qu'elle suppose dans celui qui meurt subitement la volonté de réparer un scandale.
Un crime contre Jésus-Christ ; — C'est un mépris et un outrage public à son amour. Or.
I si Jésus-Christ a dit qu'il rougirait devant son Père de celui qui o.urait rougi de lui devant les hommes, celui qui ne communie pas fait plus que de rougir du Sauveur, il s'insurge contre son commandement le plus direct et le plus sacré :
Faites ceci en mémoire de moi. — Il repousse formellement Jésus-Christ lui demandant de venir dans son âme.
Un crime contre l'Eglise. — C'est une transgression volontaire et publique d'un commandement précis et connu. — C'est un mépris de l'autorité de laquelle Jésus a dit : Qui vous écoute m'écoute ; qui vous méprise, me méprise. (Luc. x, 16j.
MOYENS d'obtenir LA GRACE.
tro
Importance
de la
communion
pascale
Cette importance est fondée
sur les crimes
que
commettent
ceux
qui ne
coiij manient]
pas.
Ils
/commettent
Causes
qui
empêchent
l'accomplissement
de la
communion
pascale :
, C'est un scandale donné publiquement et d'autant plus grand que celui qui le donne est dans une position plus élevée.
j C'est une insulte à la piété et à Un I la docilité de ceux qui accomcrime I plissent ce devoir, contre C'est l'empùchementdurenouvella y lement de la face de la terre
société \ qu'amènerait la communion tout 1 faite partons. — La communion entière f c'est la confession bien faite, c'est une mauvaise habitude rompue, c'est une injustice réparée, c'est une réconciliation faite. — C'est la paix pour tous.
Wn crime contre la famille. — C'est un mauvais exemple donné aux enfants ; c'est leur apprendre le mépris des lois de l'Eglise.
Un crime contre eux-tnémes. — C'est la mort donnée à leur âme et avec réflexion et sangfroid. — C'est la privation des joies du péché pardonné,du remords a paiséjde la paix de l'âme.
' Des péchés graves qu'on n'ose pas accuser.
Des habitudes mauvaises qu'on ne veut I pas rompre.
I Des injustices qu'on ne veut pas réparer.
L'orgueil qui empêche de se confesser.
iLe respect humain qui a peur de la ' raillerie.
La négligence et la paresse qui ne peuvent se décider.
LA TRES SAINTE EUCHARISTIE
3" La Communion en viatique
DéQnition
de la coinmiinion
viatique
l.'i:iieliai'ls<ie
romnie
aliment
on la
sainte
comuiunlou
Obligation
de
recevoir
et de
donner
le saint
viatique.
Elle est fondée
Obligation de faire
Obligation
de se
procurer
la communion
soi-même
et
de procurer aux
autres
saint
viatique.
Il faut
C'est la communion donnée à un malade en danger de mort quoique le danger ne soit pas prochain — on l'appelle le viatique ou le saint viatique d'an mot qui veut dire provisions de voyage, parce qu'il est donné à l'âme qui est sur le point d'entreprendre le voyage de l'éternité ou mieux qui va faire le passage de ce inonde V dans l'autre monde.
Sur le troisième canon du Concile deNicée, sur la pratique constante de l'Eglise qui ordonne à ses prêtres de le porter aux malades et qui pour cette fin, conserve perpétuellement la sainte Eucharistie, les jours mêmes où elle ne célèbre pas le saint sacrifice, par exemple le Vendredi-Saint.
Sur les tentations violentes que l'âme aàsoutenir dans la dernière heure et sur le besoin qu'elle a d'une force particulière.
Demander souvent à Dieu la grâce de ne pas mourir subitement. — C'est l'Eglise elle-même qui nous met cette prière sur les lèvres :
D'une mort subite et imprévue, délivrez-nous Seigneur.
Ne pas attendre l'extrémité et raffaiblissement des facultés pour demander le saint viatique pour nous et pour les nôtres.
Se faire un devoir d'avertir les prêtres dès qu'on sait quelqu'un dangereusement malade.
MOYENS D OBTENIR LA GRACE
adoucit
les regrets
de la dernière
heure
Regrets d'avoir offensé Dieu. — Ce Dieu offensé vient lui-même nous apporter le pardon, nous assurant l'oubli complet de nos fautes. Regrets d'avoir si peu amassé de mérites. — Jésus vient nous donner les siens pour les porter à Dieu.
Regrets de quitter les biens temporels. — Jésus
nous donne l'espérance de biens éternels. Regrets de briser des affections chères et légitimes. — Jésus nous assure que nous pourrons les retrouver au ciel et qu'il sera pour nous uoi père, une mère, un frère, un ami, tout ce que peut désirer notre cœur.
Notre intelligence trouvera une vie de lumière.
Notre volonté ; une via
de grâce.
Notre cœur : une vie
d'amour.
Nos sens, une vie de délices spirituelles.
Crainte de la dissolution et de la pourriture du tombeau. — Jésus nous assure que notre corps ressuscitera glorieux et incorruptible.
Crainte du jugement de Dieu. — Jésus vient près de nous et en nous pour être notre père, notre ami, notre soutien, avant d'être notre jm^c.
Souffrances du corps qu'il allège autant que le permet sa justice et qu'il nous montre nous procurant \xn poids immortel de gloire.
Souffrances de l'âme qu'il adoucit par son amour, quelquefois par sa présence sensible. — Heureux, bienheureux ceux qui meurent dans le Seigneur.
— On peut recevoir le saint viatique le jour même pendant lequel, le matin, on a fait la sainte communion si une maladie grave est survenue ; mais on n'y est pas obligé.
dissipe
les
craintes
qui
envahissent
l'âme
à la
dernière
heure
11 fortifie
dans les soutlVances
si
accablantes
de la ,
dernière
heure.
' Crainte de la mort — Jésus vient nous dire qu'il est la résurrection et la vie* et qu'en lui, source de toute | vie :
LA TRES SAINTE EUCHARISTIE
4* La communion fréquente
I Son amour qui le porte à se donner à nous comme nourriture. — L'amour doit nous porter à le recevoir.
Son «iés«r d'être reçu par nous Du \ qu'il manifeste' de mille
côté I manières. — IL invite : de y Vene^ à moi. — Il accom- Jésus- \ pagne son invitation de Christ 1 promesses : Celui qui mange ma chair ne mourra pas. — Il menace ceux qui refusent de le recevoir : Si vous ne manges ma chair vous n'aurez pas la vie en vous.
Qui par la voix de ses Pontifes et de ses Conciles nous engage Du I à communier fréquemment, côté ) — Le Concile de Trente soude \ haite que tous les fidèles l'Eglise | puissent communier chaque fois qu'ils assistent à la sainte messe.
Du côté Aux martyrs leur force
des I héroïque.
saints I Aux solitaires l'ardent
qui assurent 1 désir de leur perfection
tous l et le courage de la per-
que la 1 sévérance.
communion JAux Vierges la chasteté.
fréquente /Aux Docteurs, la lumière
a été I et la prudence,
la source JAux Evoques et aux préde I ti'es le zèle,
leur sainteté. lAux missionnaires et aux Elle I religieuses le dévoue-
a toujours i ment et la constance donné \ dans le tien.
II
fréquente
celle,
qui,
en général,
se fait plusieurs
fois
la semaine,^
et qui,
par
quelques
personnes,
se fait
tous
les jours
MOYENS d'obtenir LA GRACE.
Motifs
qui
engagent
à la communion fréquente
Elle dissipe nos illusions et nos ignorances sur ce qui regarde nos devoirs.
Elle nous donne des armes pour lutter.
Elle nous console, nous ranime, nous encourage.
Elle est 'Augmente sa foi en Du le moyen 1 lui communiquant
côté le I des lumières plus
de 1 plus propre I vives etpluspures. nous- \ à iSe l'attache par un
mêmes | nous élever ) amour plus fort à la /et plus ardent en
perfection. j lui prodiguant sa Jésus-Christ i charité, s'unissant / Excite sa reconnaisplus I sance en lui rapétroitement 1 pelant tout ce qu'il à l'âme ' a fait pour elle.
' La communion de tous les huit jours que S. Liguori n'appelle pas fréquente: aux personnes qui évitent habituellement les fautes graves.
La communion Remplissent leur devoir de deux ou trois | bon chrétien, — ont le désir fois I sincère d'aimer Dieu, — font la semaine : | souvent l'oraison mentale aux âmes < et tombent rarement dans qui 1 des fautes délibérées, malgré I Se relèvent promptement et leurs f courageusement après leur faiblesses, \ chûtes.
Qui s'efforcent à retrancher toute affection au péché véniel.
Qui ont à peu près vaincu leurs La \ mauvais penchants, — luttent communion ) sans se décourager, — obéisqw lidienne \ sent sans raisonner, — se déà I vouent sans se plaindre, —
celles / travaillent sans empressement et se cachent sans singularité.
Personnes
à qui on peut permettre
la
communion
fréquente
li'Eucharistle
comme
aliment
ou la
suinte
coniuiuuion
Obligation de
faire lacommunion
La
communion
fréquente
Par habitude et jiar conséquent avec peu de préfaration. — C'est une fête qui se rencontre, une indulgence qui est annoncée et on va communier. Ce n'est point, dit S. Chrysostome, la circonstance du temps ni l'approche de quelque solennité qui nous rend dignes de la sainte Eucharistie, mais une conscience droite et pure.
Par entraînement. — D'autres la font et on veut faire comme les autres : vaine et jalouse imitation, ordinaire aux femmes, dit saint François de Sales. — Ce n'est pas l'exemple mais l'amour qui doit nous conduire à la Sainte Table.
Par vaine gloire. — On a la réputation d'être pieuse et on veut la conserver. Gardez-vous ^ I de ces communions^ dit S. Bonaventure ; vous M j abusez pour votre perte de ce qui vous a été g I donné pour votre salut.
- ^ Sans penser à l'obligation dans laquelle on est, à cause de la présence de Jésus-Christ si souvent renouvelée dans l'âme et à cause des grâces si abondantes reçues. — de corriger sa légèreté, sa vanité, sa suscepbilité, sa curiosité, son peu de charité.
Sans penser à l'obligation de chercher à imiter celui qui ne vient à nous que pour vivre en nous, — à être un peu humble, un peu doux, un peu bienveillant^ un peu compatissant comme lui.
Trois ou quatre communions par semaine, dit Bourdaloue, et rien de retranché ni de sa délicatesse, ni de l'amour de soi, ni de son aigreur, voilà ce que je ne puis approuver. — Avant d'être dévot, soyons chrétiens. Du christianisme à la dévotion, c'est l'ordre naturel, mais l'abus le plus monstrueux c'est la dévotion sans le christianisme.
MOYEXS d'obtenir LA GRACE.
/ DéQnition
nature
de la
communion
spirituelle
5° La communion spirituelle
La communion spirituelle est le désir ardenî de recevoir le corps, le sang, l'âme, lu divinité de Jésus-Christ tel qu'il est dans le sacrement de l'Eucharistie, — mais dans rimpossibilitédele recevoir matériellement c'est V appel de Jésus-Christ dans notre âme, autant que cela est possible.
La communion spirituelle,c'est l'acte de notre volonté s'unissant à Jésus Eucharistie, s'attachant à lui, l'adorant, l'aimant comme si réellement on l'avait reçu sous les espèces sacramentelles.
La communion spirituelle, c'est rappeler à Jésus, qu"il a dit : Mes délices sont d'être avec les enfants des hommes et lui procurer ce bonheur.
; Par le Concile de Trente qui, disant qu'il serait à souhaiter que les fidèles communiassent non seulement par une affection spirituelle, mais réellement toutes les fois qu'ils assistent à la messe, — ajoute : Il en est qui reçoivent Notre-Seigneur Jésus-Christ d'une manière spirituelle seulement ; ce sont ceux qui mangent ce pain céleste en désir, étant animés d'une fois vive qui opère par la chan'ité ; et ils recueillent les fruits et sentent l'utilité de ce pain sacré.
Par tous les saints qui la pratiquaient et vivaient ainsi perpétuellement unis à Jésus-Christ.
'Elle produit quoioue d'une manière diffé- ^ Effets V rente les effets de la communion réelle — I de la 1 et même, dit le cardinal de Lu.so, à cause 1 communion \ de la véhémence des désirs, il peut se faire \ spirituelle i que l'àme en retire plus de grâces que de ' la communion sacramentelle.
<^ Sn s-
Ins.
o'rl ^
Recommandation de la communion spirituelle
LA TRES SAINTE EUCHARISTIE
Dispositions n apporter pour la comniunlon
, La communion étant Valimejit de l'âme par le I corps, celui-ci n'est pas un simple instru- I ment ; il reçoit, par le contact du corps de ( Jésus-Christ/ un germe de vie et de gloire immortelle. — L'âme et le corps doivent donc apporter i'un et l'autre des dispositions en rapport avec la grandeur et les effets du saint sacrement. Nous dirons donc les dispositions de l'âme et celles du corps.
1° Dispositions de l'âme
A être suffisamment instruit, c'est-à-dire à savoir les principaux mystères de la foi et ce qui concerne les sacrements de Pénitence et Qui j d'Eucharistie, d'une consiste \ manière au moins générale.
lA croire fermement les vérités de la foi et surtout la présence réelle de Jésus-Christ dans l'Eucharistie.
( La ferme espérance d'aller au ciel et de ne manquer jamais des grâces de Dieu, fondée sur la promesse de J.-C.
, Qui /L'amour ardent de ce » \ produit \ divin Sauveur.
L'humilité qui se reconnaît indigne de communier.
Le désir de s'approcher de J.-C. et dele recevoir. \La pureté dont nous allons parler.
Dispositions
apporter ,
pour
la
communion
1° Dispositions
de l'âme
MOYENS d'obtenir LA GRACE.
Qui
consiste,
pour
que la
communion
ne soit pas sacrilège,
dans
V exemption
de
péché
mortel
L'Eucharistie est le sacrement saint par
Qui
exige,
si on est
en
état de péché
mortel,
excellence ; il renferme le Dieu de la pu reté et de la sainteté ; lame en péché mortel est une âme souillée. Or les choses saintes sont pour les saints et ne doivent pas être jetées aux animaux c'est-à-dire aux indignes.
L'Eucharistie est un sacrement des vivants ; l'âme en péché mortel est morte. — L'Eucharistie ne peut produire ses effets sur elle ; et la déposer dans cette âme morte c'est la profaner.
La confession avant la communion. Que nul, dit le Concile de Trente, se sentant coupable de péché mortel, ne s'approche du sacrement de l'Eucharistie, même s'il se croit sincèrement contrit, sans s'être confessé auparavant et avoir reçu l'absolution ; excepté le cas où manquant' de confesseur, il serait dans la nécessité de communier ou de célébrer. (Sess, xni, 7.)
Si, en danger de mort, il ne pouvait recevoir la sainte communion que de la main d'un diacre.
Si. étant à la sainte table, il se souvient d'un péché mortel non confessé et s'il ne peut se retirer sans se diffamer. S'il doute d'avoir oublié un péché mortel. — Dans ce cas l'obligation de se confesser n'est pas si absolue ; il doit pourtant le faire, s'il le peut, même avec difficulté.
La contrition au moins, si on manque réellement de confesseur et qu'on soit dans une nécessité pressante de communier ; ce qui, pour un fidèle, peut avoir lieu :
LA TRES SAINTE EUCHARISTIE
ce ^
*« s ta «
PS
— fl
oS
es — *
manière
à l'âme
non
Qui
consiste
pour
que la
communion
produise
1 ses
' effets
Qui exige une vie habituellement chrétienne c'està-dire soumise à Dieu et fidèle à ses devoirs d'état. Dans la conservation de Tétat de grâce sanctifiante qui nous laisse les amis de Lieu et qui donne à tous nos actes de religion et à toutes nos bonnes œuvres une augmentation et un accroissement de mérite.
D'une utile quoique complète
D'une manière complète
Dans l'exem.ption du féchè véniel. — Ce péché diminue la i ferveur et la cha- ' rite.
1 Dans l'exem,ption de toute attache au I péché véniel.
La dévotion c'est-à-dire
le
dévouement
pour Dieu
et pour les choses^
de Dieu,
r amour,
en un mot,
qui,
dans sa plénitude,]
consiste
Qui nous porte à Dieu, — nous conduit à Dieu, —
— nous fait désirer Dieu,
— chercher Dieu, — trouver Dieu et nous attacher à Dieu.
jQui nous fait trouver du plai- Dans 1 sir à penser à Dieu, — à Icette pente 1 parler de Dieu, — à nous du ] occuper de Dieu,
cœur. Qui nous porte à croire en ou comme / Dieu, — à espérer en Dieu, l'appelle \ à mettre toute notre con- S. Augustin, I fiance en Dieu, — à nous ce poids 1 soumettre aux volontés du 1 de Dieu, à lui être fidèles, cœur 1 à régler nos pensées, nos paroles, nos actes d'après sa loi.
Qui nous porte enfin à aimer ce qu'il aime, à haïr ce qu'il hait, à tout souffrir plutôt que de l'offenser.
MOYENS d'obtenir LA GRACE.
es
Dispositions de
Des disposUions
de l'âme
dont nous
venons
de parler,
résulte
que
peut être
Fervente produisant
tous
les effets
qu'elle
peut
produire
et
dont nous
allons
parler.
Ponrcela,
Ta me doit être :
Dans l'état de grâce.
Dans la santé spirituelle : exemption de tout péché et de toute attache au péché véniel.
Dans le détachement des créatures, les aimant sous le regard de Dieu et en union avec Dieu.
Dans la paix du prochain, sans rancune, sans fiel, sans émotion et disposée à se dévouer. Dans le désir ardent d'être unie à
Dieu et de rester avec Dieu.
— Selon que ces dispositions sont plus ou moins complètes et actuelles, la communion et plus ou moins fervente et plus ou moins sanctifiante. — Le degré d'amour de Dieu est la mesure du degré de ferveur dans la communion.
Attache aux créatures, personnes ou choses, et aux jouissances, causes de péchés véniels'.
Inquiétude trop vive pour les choses du monde et pour les petites tracasseries de tous les jours.
Habitude de la prière récitée trop vite et comme pour se débarrasser.
Curiosité trop vive pour savoir même
des choses utiles.
Dissipation habituelle surtout après la communion.
1 Facilité de murmurer. Communion faite par routine ou bienséance.
Elle prive des joies calmes et paisibles de l'Eucharistie.
Elle accoutume à l'insensibilité pour les choses de Dieu.
Elle expose au danger profaner l'Eucharistie.
Sacrilège, dont nous parlerons plus loin.
"> erg- 2 3
Dangers
de
cette
tiédeur
do
LA TRES SAINTE EUCHARISTIE
2° Dispositions du corps
ZT.9 S B
jeûne appelé eucharistique n'est pas d'institution divine :
les
apôtres
ont
communié
après
la Cène.
3 ■', a été établi, d, \ des [les premiers
temps
par respect
pour
le corps
de
Jésus-Christ
et
pour éviter
les
abus
dont parle
S. Paul.
consiste
A ne /Le jeûne eucharistique n'admet
rien i pas de légèreté de matière. — Ce
prendre | n'est pas ici une question do
après I quantité mais de temps; — aussi
minuit ' la plus petite parcelle le détruit.
par Par ce qui s'avale fortuitement
manière l ou par manière de respiration
d'aliment \ et de salive: goutte de pluie,
ou de J sueur, larme, moucheron,
boisson. \ poussière.
Le jeûne f Par ce qui ne pénètre pas dans
n'est f l'estomac : bouillon goûté
Ipas rompu > avec la langue et le palais.
, Par la salive ou le sang proved'extè- i nant du dedans : des gencives, rieur. \ d'une pustule de la bouche, — [Le jeûne ' même avalé avec dessein.
n'est j Par ce qui serait resté entre les [pas rompu r dents du repas de la veille mais l avalé sans dessein.
de I Le pain, la viande, le vin, le
digestible, l papier, le fil.
que ce soit | Non les cheveux, les ongles, nutritif i l'or, la fumée du tabac, qui ou non ' ne se digèrent pas?
'Terme de rigueur qui se compte à partir du premier coup do l'horloge.
C'est l'horloge principale qui règle cette heure.
Le jeûne n'est pas obligatoire pour le saint Viatique ni pour le prêtre dans certains cas dont nous avons parlé.
Après minuit
30Î MOYENS d'obtenir LA GRACE.
i L'absence de toute maladie repoussante, au moins pour la communion en public.
Une grande propreté sur la figure, sur les mains — de l'ordre aans la chevelure.
Décence dans les vêtements, ^îawures peut-être, mais ■propres. — Toujours d'une extrême réserve. — On doit quitter ses gants ; le militaire quitte son épée ; les femmes doivent avoir un voile.
Maintien convenable, — pas de dissipation, pas de précipitation.
Le manque de L'état de grâce produit le sacri-
I loge dont nous allons parler.
Effets l Le manque da jeûne souille l'àme d'un
du 1 pèche vxoriel.
manque j Le manque deprépaî'a^ïon/iaèîïwe/Ze, affaiblit la
des \ grâce de la communion, conduit peu à peu à
p-® dispositions j l'indifférence. — Or, disent les saints, quant
^ E / àla / ils'agit de l'Eucharistie, l'indifférence conduit
b( communion [ à l'irrévérence et l'irrévérence se distingue
' à peine de l'impiété.
tr^^ Qui ne tombait pas immédiatement sur la terre de peur
^ i qu'elle ne fut souillée mais sur la rosée qui la de-
g I vançait et qui lui servait comme de nappe.
s i Qui n'était conservée dans le tabernacle que dans un
g ' vase d'or.
Les I Qui ne pouvaient être présentés à Dieu que sur
pains de \ des tables d'or.
propo- { Qui ne pouvaient êire mangés que par des per-
sition \ sonnes chastes, continentes, mortifiées.
r, /Par ceux seulement qui étaient du peuple
L agneau / ^^ j^j^^
pascal \-g^ j^^j^j^ de voyageur, comme s'il fallait ne
, . j tenir a rien.
était /Avec des laitues amères et du pain sans
mange \ jgyain : pureté et mortification.
La T.-Stc Vter^c/ Parce qu'elle était humble et pure.
qui reçut ' Pendant qu'elle était en prière.
le * j Disposée à faire en tout la volonté do
Verbe divin ' Dieu.
CD
LA TRES SAINTE EUCHARISTIE
I/CM effets de la contmuulon
Effets de la bonne communion
sa 3 ■§ I
La fin de la création était, dans le dessein de Dieu, de créer un hymne perpétuel d'iiommages à sa majesté et de reconnaissance à sa bonté. Le monde, comme a dit un ancien, est un temple que Dieu a bâti pour son service, l'homme en est le pontife, et toutes les créatures ne contribuent de leur vie à la subsistance et à l'entretien de l'homme qu'afin qu'il rende en leur nom au créateur un hommage qu'elles ne sont pas en état de rendre elles-mêmes. — L'homme, innocent en effet, attirait à lui la création tout entière ; il l'absorbait toute en lui, l'unissait à lui, la faisant entrer, par la manducation.dansle tissu de son propre corps, et jusque dans la moelle de sa substance ; de là, par l'offrande qu'il faisait de lui-même, il l'élevait jusqu'à Dieu ; et ainsi montait perpétuellement, de toute la création un hommage de soumission et de reconnaissance. — Magnignifique enchainement que celui-là ! La vie produite par l'amour descend de Dieu sur ses créatures et par l'homme, seul capable de comprendre et d'aimer, remonte à Dieu !
La fin de la création a été détournée par ie péché de l'homme qui a détruit cette harmonie. — Le Verbe divin est venu la rétablir; par son Incarnation il s'unit à l'humanité, la purifie, lui permet de se rattacher à Dieu ; — et pour rendre cette restauration plus complète, le Verbe fait comme une seconde incarnation sous les apparences du pain et du vin, ces deux substances les plus nobles de la création et se donnant ainsi à manger à l'homme, il rétablit dans sa plénitude la première harmonie d'hommage et de reconnaissance.
MOYENS D OBTENIR LA GRACE
Effets
sur
l'homme
en particulier
que l'Eiicliaristie
rend
\participant
nature
divine.
(Pet. I, 4)
L'homme, avant son péché, allait naturellement à Dieu, unissant sa volonté à la sienne et, en quelque sorte, vivant de sa vie. — Le péché a détourné son esprit et son cœur, les a portés vers les créatures, et l'homme a vécu de leur vie, la vie niatérielle. — Le Verbe, en prenant la chair de l'homme, puis en s'incorporant à lui par l'Eucharistie, a non seulement rétabli l'union entre Dieu et lui, mais encore a rendu cette union plus entière. Autrefois, l'homme communiquait à Dieu ;5ar l'esprit et le cœur seulement, maintenant il communique jyar sa propre chair.
L'homme communiquant avec Dieu, Dieu le fait participant de sa divinité. Comme le Père est dans le Fils et le Fils dans le Père, de même , quand nous communions , N.-S.
est en nous et nous en Lui. Dieu le Père s'unit à son Fils par la génération éternelle , Dieu le Fils s'unit à chacun de nous par la sainte communion; — de sorte que, étant unis véritablement à l'humanité et à la divinité du Fils de Dieu, nous sommes aussi par là-même unis à Dieu le Père lui-même : Je vous prie, ô mon Père; afin qu'ils soient un en nous. (Joa. xvii, 21.) Notre-Seigneur parle au nom des trois personnes de la sainte Trinité : Nous viendrons à l'homme, dit-il, et nous y établirons notre demeure. (Joa.
XIV, 23.) — Comme nous ne faisons qxx'un avec Jésus-Christ, Dieu, dit Bossuet, aime ce tout comme son Fils et son amour pour nous est une extension et une effusion de l'amour qu'il a pour son Fils dans l'éternité. — Et tout le ciel nous aime aussi. Marie nous aime; les -\nges nous aiment; les saints noua aiment.
LA TRES SAINTE EUCHARISTIE
IL'Eucharislie
comnie
aliment
on la
sainte
communion
Effets d'une bonne communion
Qui
rélève
bien
Effets
au-dessus
sur
de
l'homme
tout
en
le:
ce qui
particulier
est
humain
Cette
et
imion
lui
du corps
/"iV
fait
et de lame
de
Jésus-Christ
avec
l'âme
et le corps
de
l'homme
Qui
dépose
en lui
porte 1 A
Qui lui fait sentir et reconnaître
au'il y a en lui quelque chose e plus grand que le monde tout entier avec ses richesses, ses honnt urs, ses joies.
. Supporter, sanstrouble,
\ l les mépris du monde.
Renoncer, sans inquiétude, à l'estime du monde.
[Se passer, sans peine, de l'approbation et des louanges du monde.
[Accepter, sans affaissement, les pertes de fortune et l'affaiblissement de la santé.
Comprendre le sens de ces paroles . Qui a Jcsiis a tout.
respecter son corps sanctifié par le contact du corps de Jésus-Christ et devenu comme un ciboire où s'est renfermé ce corps sacré, veiller, afin de ne pas s'avilir par Timmodestie — se profaner par la mollesse, — se dégrader par la volupté.
Qui le laisse, en même temps, dans une profonde humilité, lui montrant que sa grandeur vient toute de Celui qui est en lui, le Sauveur Jésus.
MOYENS D 0I5TENIR L.V GRACE
Effets
sur
riiomme
en particulier
L'union
de
Jésus-Christ
avec
l'homme
dépose
en Lui
Un
'principe
do paix.
La paix
est
le résultat
de
l'ordre
dans la
vie.
I Jésus-Christ I
met
cet ordre
dans
la vie
de
l'homme
parce qu'il |
vient
en lui
Il parle aux flots de la mer et les flots s'apaisent. — Il parle aux passions qui bouleversent mon âme et elles Comme I s'apaisent.
Dieu jll dit au trouble, à l'inquiétude, à avec sa / la malveillance, à\a.ynaladie : Tu toute- j n'iras que jusque là; et il est Puissance! toujours obéi.
Il me dit quand j'ai peur : Ame de peu de foi, pour quoi crains-tu ?
' Je suis là !
-jî Etablissant , L'amour des biens sensibles. 2 ison règne dans) La vanité et l'orgueil. H 'mon cœur pour i La tendance aux plaisirs y dominer: | sensuels.
Me demandant le renouvellement de mes promesses de fidélité.
Il m'instruit, et il a droit d'être écouté. 1 II m'enseigne, il a droit d'être cru.
Le monde comme un maître trompeur qui n'enseigne que mensonge et illusions.
Mes passions comme des maîtres perfides qui me mènent à la mort.
Ma raison comme un maître borné qui sait peu, et prend les apparences pour la vérité, I II me connaît.
I II me conduit dans le vrai chemin.
Il m'éloigne de la nourriture malsaine.
Il me porte même pour m'éviter la fatigue.
, II voit tout. — Il sait tout. — Il se sou-
Jiop "^'^^"^ '^° ^°"*' — ^^ ^^^^^ pensée me "^ 1 retient, — me calme, — me console.
iComme 1 Maître ■
Comme Pasteur
LA THES SAINTE EUCHARISTIE
rz'
par-
li'KiicliarlNtii'
coiiinic
uliiiii-iit
ou la
Nullité
couiniiinlou
Eirets
d'une bon ne I
communion
Effets
sur
l'homme
en
particulier.
L'Jîucliarislio
dépose
dans
l'homme
Comme Pcro
Comme
Sauveur
apportant
le paye
de
la vie
éternelle.
Il est
Un principe
de
bonheur
i Toujours ;3?'c'^
\ donner.
< Toujours lent à punir.
y Toujours bon pour don-
( ner.
Notre médiateur s'interposant entre Dieu et nous pour demander grâce.
Notre rédempteur offrant les mérites de sa vie et de sa mort pour payer nos dettes.
Notre victime s'immolant encore et nousappliquantles fruits de cette immolation.
Notre ami fidèle qui ne nous quittera jamais le premier et nous mènera jusqu'à son Père dans l'éternité.
Si Dieu est avec moi, je suis donc heureux de son bonheur.
Si Dieu est yiour moi je suis donc assuré contre tout ce qui pourrait me trouijJer.
y Si Dieu est tout pour moi, je n'ai donc pas à m'inquiéter ni pour mon âme, ni pour mon corps, ni pour le présent, ni pour l'avenir. -Je n'ai qu'à le servir, à l'aimer, à ne pas me séparer de lui.
MOYENS d'ODTEXIR LA GRACE.
Pour Jésus-Christ Dieu était tout., le maître absolu de tout. Dieu dirigeait tout. Jésus-Christ ne faisait rien sans uno prière à son Père, il acceptait tout comme venant de son Père. Hors de là rien n'est vrai.
?, /Pour le communiant, l'Evangile a des clarg- \ tés spéciales, les événements ont des causes divines. Le communiant vit peu à peu dans l'atmosphère des vérités divines, et peu à peu diminuent les erreurs dans ses pensées, les faussetés dans ses jugements, les mensonges dans ses manières d'apprécier les choses.
Pour Jésus-Christ, lamour de son Père était la source de tous les autres amours, c'était à cause de Lui et pour Lui qu'il aimait sa mère, ses apôtres, ses amis, ses ennemis, tous les hommes.
Pourlecommu-
i Aime peu: il s'aime trop \ lui-même.
Aime mal : son affection est basée sur des motifs terrestres.
Déteste beaucoup ceux qu'il appelle ennemis et que Dieu cependant veut qu'il aime.
Etïets directs
sur l'âme
L'union
de
Jésus-Christ
avec
l'âme
de
l'homme
la réforme
et
la fait
vivre
de la vie
Jésus-Christ
C'est
la vie
de
Jésus-Christ
substituée
en
quelque
sorte
à notre vie
niant, l'Eu-l
charistie ?-é-
forme ses
affections, le
point le plus'
important de
la vie chré-j
tienne. Le'
cœur sans Eucharistie :
Pour le communiant, la table de communion est la tccble de famille. Là, l'égoïsme doit cesser, les aversions doivent s'éteindre, la vengeance doit être mbliée. Dieu qui est charité apprend à l âme quelle doit être douce et humble, patiente et dévouée, oublieuse de ses intérêts propres ; et elle sort de là disposée à être toute à tous pour gagner tout le monde à Jésus-Christ, (i Cor, ix, C2.)
'.INTE EUCHARISTIE.
CD
CD a <^ H
Pour Jésus-Christ, vivre c'était
conformer sa volonté à celle de
son Père et c'est la vraie sainteté
et la vraie justice. — Dieu étant
La vie \ la sainteté par excellence, rendre
de 1 conforme sa volonté à celle de
Jésus-Christ Dieu, c'est être saint.
élait /Pour le communiant, vouloir ce une vie \ que Dieu veut, — tout ce que de j Dieu veut, — de la manière
sainteté I quHl le veut, — tout le temps et de / qu'il le veut, doit être l'aspijustice f ration de sa vie. 11 ne peut être uni à Jésus-Christ, si sa volonté n'est pas comme celle de Jésus- Christ unie à celle de Dieu.
/ Voit mieux.
Grâces de lumière ; nonseu-\ ,r^]. P,,Vf „^ * r
lement pour les choses de \^'^ P^f ^°"^P^«rv- ^- IV, tement.
Dieu, mais pour les choses^ c^ «..^r^r.^ ^i.,^ ,. matérielles. - Celui ^ni\^\''Si^ communie avec piété g^ reconnaît plus
' facilement.
La
sainte
communion
réforme
l'âme,
et la fait
vivre
de la vie
de
Jésus-Christ
(Suite)
sainte
communion
renfermant
l'auteur
de
toutes
les grâces
est
pour l'âme
une
source
intarissable
de
grâces
Grâces Pour se maintenir dans l'ordre \de force qui/ voulu par Dieu, /ont fait direl Pour se soutenir dans les affaisseà S. Paul 1 ments.
que rien, i Pour résister dans les luttes. \ni la faim, Pour triompher des passions tyranni la J niques qui entraînent à l'of- ]persécution\ fensedeDieu, — et des penchants ni la mort J plus légitimes qui empêchent
ne le j d'obéir à Dieu.
séparerait 1 Pour attendre et même désirer do I avec ardeur la souffrance qu'
Jésus-Christ. I expie les fautes personnelles ou force : ^ les fautes des autres.
MOYENS d'obtenir LA GRACE.
3° Effets directs
sur l'âme
Pour ue pas être ébraulé au milieu des secousses les plus violentes et des craintes les mieux fondées.
Pour espérer contre toute espérance parce
qu'on a Jésus-Christ avec soi.
Pour mourir avec calme parce que Jésus- Christ a promis que celui qui le recevrait aurait la vie éternelle (Joa. vr, 55.) Grâces de , Si la faim nous presse, elle est le pain du ciel.
Si la soif nous tourmente, elle est
la source d'eau vive.
Si les ténèbres nous environnent
elle est la vraie lumière.
Si la pauvreté nous accable, elle est la souveraine richesse.
/ Si la faiblesse nous abat, elle est la force.
Si la mort nous menace, elle est
la vie éternelle.
Si nos ennemis invisibles nous
menacent, elle est un asile. Si la corruption du siècle nous fait craindre pour notre cœur ou notre esprit, il est notre protecteur, étant un sacrement des vivants ne donne'pas directement la première grâce sanctifiante, mais elle peut la^ conférer accidentellement à celui qui la re;oit de bonne foi, étant, à son insu, en péché mortel et ayant la contrition nécessaire pour le sacrement de Pénitence. — Elle augmente la grâce sanctifiante ajoutant un nouvel éclat à ia beauté intérieure de l'àme. La sainte communion donne la grâce sacramentelle qui lui \ est propre et qui consiste dans l'union quelle établit \ entre Jésus-Christ et nous
CD
toutes sortes!
et selon tous nos besoins.
On peut dire
de
la sainte
communion
Tous
les biens
me sont
venus
avec elle.
(Sap. VI, II. )|
C'est
ainsi que
La sainte communion
La sainte communion
est
pour l'âme
une
source
intarissable
de
grâces
(suite)
LA TRES SAINTE EUCHARISTIE
Sur les péchés véniels.
Elle
les efl'ace
de
deux
manières
Directement en guérissant l'âme de la blessure que lui a faite le péché, comme la nourriture rétablit les forces enlevées par la maladie.
hidirccteinent en augmentant Tardeur de la charité qui est l'opposé du péché. — On ne peut douter, dit le catéchisme du Concile de Trente, que rEucharistie n'ait la propriété de remettre les péchés légers ou véniels selon la doctrine du Conc~ile... qui l'appelle l'antidote qui nous délivre des fautes quotidiennes. (Ses. xui, 2.)
— L'êflet de l'Eucharistie, dit S. Thomas, est la charité non seulement habituelle mais encore actuelle. Rien n'est plus puissant pour exciter des actes de charité. Or il est de la nature de ces actes d'effacer le péché véniel. — L'Eucharistie, dit Innocent III, détruit les péchés véniels,
— 11 ne faut entendre ces paroles que des péchés dont on a le repentir.
Elle les efface, comme nous l'avonsdit, à celui qui de bonne foi, croit être en état de grâce et fait dévotement la communion ; — mais elle ne dispense pas de s'en confesser ensuite pour les soumettre au pouvoir de l'Eglise.
Elle en préserve en augmentant dans l'âme la grâce sanctihante et la charité, — et en affaiblissant la concupiscence. — L'Eucharistie réprime et modère l'ardeur des passions. (Conc. de Tr.)
Elle la remet non directement mais en vertu des actes de charité que la communion fait produire. Et cette rémission est plus ou moins grande selon le degré de ferveur ou de dévotion. — L'Eucharistie comme sacrifice les remet directement, comme nous l'avons dit
Sur
la peine
temporelle
duc aux péchés
MOYENS D OBTENIR LA GRACE
Elle le rend moins impressionnable aux choses sensuelles. — Elle est un remède matériel qui produit souvent son efficacité. — Elle le guérit, elle le soulage souvent
Directement par l'attouchement du corps sacré de Jésus-Christ qui a, dans l'Eucharistie, le môme pouvoir qu"il avait sur la terre, celui de guérir les maladies. — En communiant, il n'y a pas avec le corps de Jésus-Christ un simple contact, il y a union, aussi complète qu'elle peut se faire ; il y a incorporation.
Indirectement ^j}dir la paix qu'elle apporte à l'âme et qui se fait sentir sur l'organisme tout entier.
Elle l'embellit même en laissant le visage plus reposé, le regard plus calme et plus doux, le sourire plus habituel. — C'est l'âme qui informe le corps : elle lui donne toujours quelque chose de sa beauté et si quelquefois les traits manquent de régularité, le rayonnement qui s'échappe de l'âme et qui se montre à travers ces traits leur donne une douce clarté qui attire. Elle le restaure et le vivifie dans tout sou ensemble : — Ceux qui font bonne digestion corporelle, dit S. François de Sales, ressentent un renforcement dans tout leur corps, par la distribution générale qui se fait de la viande en toutes leurs parties. Ainsi ceux qui font bonne digestion spirituelle ressentent que Jésus-Christ qui est leur viande s'épanche et communique à toutes les parties de leur âme et de leur corps. Ils ont Jésus- Christ au cerveau, au cœur, en la poitrine, aux yeux, aux mains, en la langue, aux oreilles, aux pieds. Mais ce Sauveur, que fait-il partout là ? Il 7-edresse tout, il purifie tout, il mortifie tout, il vivifie tout. Il aime dans le cœur, il entend au cerveau, il anime dans la poitrine, il voit aux yeux, il parle en la langue, et ainsi des autres: il fait tout en tou-t. Et alors, nous vivons, non point nous-mêmes, mais Jésus-Christ vit on nous.
os I —
LA TUts SAINTE EUCHARISTIE.