‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 140 sur 224 · RE · texte numérisé non relu

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envoyé pour guérir, il veut guérir à tout prix, et personne ne le pourra arracher d’auprès de ceux qui ont besoin de | lui : Misit me ut mederer contritis corde (1)! | | Enfin, son Cœur veille la nuit comme le jour parce que, cœur du Prêtre unique, il est sollicité sans un moment de repos par deux amours infinis : celui de Dieu à satisfaire par l’adoration, celui des hommes à satisfaire par le dévouement, par le plaidoyer constant de leur cause sans cesse | compromise, par la prière pleine de sollicitude pour leurs ; | besoins, par la propitiation permanente pour leurs péchés, k | Il avait commencé dans la solitude de Nazareth, des vallées retirées et des hautes montagnes, sa prière de la nuit; | il la continue dans la solitude des tabernacles eucharistiques. Elle est la flamme qui monte toujours vive du foyer de son Cœur toujours ardent, l’encens qui s’y consume, |: | lançant vers le Ciel des parfums puissants pour dissiper ‘ES les brouillards nauséabonds qu’exhalent les bas-fonds de cette terre de péché : Et erat pernoctans in oratione Dei.

Et ainsi l'amour que rien ne peut éteindre, ni les fleuves, ni les torrents, ni la mort, ni l’enfer, dévore perpétuelle- | ment le Cœur de Jésus et fait que, bien loin de dormir, il se (it 13 consuime pour nous sur l’autel en d’inextinguibles ardeurs : Ignis in altari semper ardebit; ignis est iste perpeluus, qui nunquam deficiet in altari (?).

V. — La quatrième force qui tient toujours en éveil le Cœur de Jésus au Sacrement, c’est la lourde charge qu’il porte d’être une victime perpétuellement immolée. Non pas, \ certes, que cette immolation mystérieuse, encore que très réelle, se fasse par la douleur actuelle, dont l’éloigne à jamais la glorieuse jimpassibililé de sa chair, non mains

(4 D ES F PA à EU 2 (2) Lev., va, 12

D — VIE IMMORTELLE il . her trim me + que la héatitude ticiphante de son àme, Mais il s'est donné la mission de représenter constamment à Dieu et aux hommes la réalité intinie des douleurs de sa Pas sion et du coup terrible de sa mort, par l’anéantissement perpétuel de son état eucharistique, Il ne peut interrompre un seul instant cette redoutable mais nécessaire Les droits outragés de la majesté divine léchés sans cesse renouve

caution.

aussi bien que les lés des hommes, réclament égale.

ment que le sacrifice, qui satisfait aux premiers et etace les seconds, soit offert sans interruption.

« C’est la loi de l’holocauste d'être perpétuel et ininterrompu son hommage par une rénovation continuelle des victimes: la nuit même en doit voir la continuation : on la tombée du soir. un usneau sera mis sur le bûcher Pour sé Consumer lentement jusqu'au matin : Hec est lea holocausti : cresabitur in niane (1).

Jésus est donc, sur

altari tota nocte usque «td

Pantel, l'unique victime du sacrifice légitime et perpétuel, + ntinuant à travers Iles siècles d'offrir à Dieu et d'appliquer aux hommes, pur PEucharistie, cette Passion où se réunissent toutes jes souffrances du Corps, toutes les douleurs de l'üme, tous les ubandons du cœur, Et c'est pour cela que 14 pluic de son Cœur reste toujours béante, méme duns 14 loire : il faut que Dieu voic, pour étre apuisé, Les honuues, Pour se repentir, le Cœur de l'agonisant de Gelhisémani, du flagellé du prétoire, dun cruciié du Golgotha: le Cœur qui fut saturé d'opprobres, brisé d'épouvante, écrasé d'ennui, navré de dégoût et nov dans la tristesse mortelle :

jusqu'à la derniére goutis 2e au Sang et passa par les

angoisse. suprèmes de là mort ja phius cruelle.

qui répandit doulourensement

Or, ceux qui soutfrent ne don: nt pas, Que fa fievre tour

à tour brûlante ou glacisc cha: ie sommeil de leurs

(1) Lev., vi, 12,

41 paupières en les agitant de s°s frissons, que les muscies

| soient tordus par d'insoutenables douleurs, ou les nerfs tendus par d'irrésistibles crispations, ou les p'aies corrodées par une insatiable brilure, aussi vive que celle de churbons ardents ; ou bien quo ce soit l’esprit en proie au travail douloureux de l’idée, aux préoceupations matérielles de l'existence, aux anxiétés de décisions à prendre ou à des appréhensions de malheurs imiminents ; que le cœur soit déchiré par la séparation d'êtres aimés ou plongé dans l'amertume de l'ingratitude; que l'âme entin soit affligée, angoissée, terrifiée par ses péchés qui l’accusent où par Dieu qui semble la punir en l'abandonnant : toute souffrance vive empèche de dormir, éloigne le repos, prolonge interminablement la veille accablante, et, après des nuits cruelles, prépare des journées de fatigue et d’impuissance, ii dont le pâle soleil semble n’ètre qu’une prolongation des | ténépres !

Ainsi, sur son fumier, le grand patient de l'Idumée veillait-il sa lamentable veille, réduit à la misère, pleurant ses enfants, le ccrps dévoré par la lèpre, contredit par sa fenime, accusé par ses amis, et à qui Dieu lui-même faisait entendre les terrifiantes exige: es de sa justice : Si dornier), dicam : Quando consurgaim ? el rursuin exspectabo vesperain, et replehor doloribus usque ad tencebras (1)!

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Ainsi veillait, la nuit de sa mortelle agonie, le Sauveur { Jésus, accablé de tous les maux du péché universel; priant la face contre terre, écrasé pur l'ansroisse, se relevant de temps en temps pour chercher un peu de soulagement, puis retombant plus lourdement sous le poids de son inconsolable douleur : Sustinele hic et vigilate mecuin !

(1) Job, vu, 4,

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