I — LE PLUS GRAND DÉSIR DU SACRÉ-CŒUR
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Le plus grand désir du Sacré-Cœur !
la Communion.
Desiderio desiderari Line Pasrha nr
obisctn
J'ai désiré d'un grand désir de manrer cette Pâque avec vous.
(Lue., Xx11, 15.)
La place occupée par la communion dans la Révélation eucharistique du Kacré-Cour est capitale. Le Sauveur x apparaît, v parle, v instruit, + demande et + commande, à cette fin, nettement déclarée, qu'on le recoive davantage, qu'on le recoive mieux et qu'on répare le crime de le mal recevoir. IT veut être recu assez et assez bien pour vivre, agir et souffrir dans ceux qui le recoivent, afin de les sanctifier: afin de servir encore et de glorifier son Père en chacun d'eux; afin de permettre à son divin Cœur d'être spiritueliement le cœur de tous les hommes devenus les membres de son corps mystique dont le Christ est l'unique chef. C'est done étudier conscienciensement Ia Révélation de Paray que d'y montrer la place qu'y occupe la communion. Nous le ferons en groupant en quatre faisceaux les enseignements donnés par le divin Maitre et en montrant comment Ja virginale Confidente de son Cœur les comprit et les traduisit dans sa vie. Parmi les « trésors insondables du Cœur Sacré dont elle a recu Ja connaissance approfondie pour les manifester au monde », il n’en est aucun qu'elle ait mieux connu et fasse mieux connaître par ses paroles et par ses actes, que celui de la communion,
I. — La parole qui domine tout ici est celle de Ja grande révélation du vendredi après l'octave du Saint Sacrement :
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‘“ Après m'être sentie toute retirée au dedans de moi par un recueillement extraordinaire, Jésus-Christ mon bon Maître se présenta à moi et, m'ayant découvert son divin Cœur, il me découvrit les merveilles inexplicables de son amour et ;"squ'à quel excès il l'avait porté à aimer les hommes, uont il ne recevait que de l’ingratitude.
« S'ils rendaient quelque retour à mon amour, j'estimerais peu ce que j'ai fait pour eux, et voudrais, s’il se pouvait, en souffrir encore davantage, Mais ils n’ont que des froideurs et rebuts pour tous mes empressements à leur faire du bien.
« Toi, du moins, donne-moi ce plaisir de suppléer à leur ingratitude autant que tu peux en être capable. »
Quelle grave et solennelle préparation à la demande que va faire le divin Maitre, dont le Cœur, embrasé comme une fournaise et mis à nu devant les regards de la Bienheureuse, dit assez quels ardents désirs le consument !
Comme l'humble vierge Ini représentait sr ‘uissance « à suppléer à l’ingratitude du monde », No. " eur lui répondit :
« Tiens, voilà de quoi suppléer à tout ce qui te manque! »
« En même temps, ce divin Cœur s'ouvrant, il en sortit une flamme si ardente, que je pensais en être consumée, en étant si pénétrée, que, ne pouvant plus la soutenir, je le priai d’avoir pitié de ma faiblesse. — « Je serai ta force, me dit-il, ne crains rien; mais sois attentive à ma voix et à ce que je te demande pour accomplir mes desseins. »
Qu'est-ce donc? Quelle parole va tomber des lèvres du Verbe eucharistique, s’annoncant par de tels préludes? — La voici :
« Premièrement, tu me recevras dans le Saint Sacrement, sautant que l’obéissance te le voudra permettre, quelque
« morlification et humiliation qu'il l'en puisse arriver. et « que tu dois recevoir comme gages de mon amour (1). »
IT. — Ces paroles veulent être pesées l'une aprés l'autre, Premièrement. » — Le premier des désirs du Sacré. œur, la première œuvre à faire et le premier moyen à employer pour répondre aux « merveilles et aux excès de FOR &MOUT », — et pour « suppléer aux froideurs et aux rebuts » des hommes, c’est de le recevoir dans la communion. Ce n'est pas la seule satisfaction demandée : l'adoration, le culte, la communion du Premier vendredi, la fête du Sacré-Cœur, et d’autres encore, Notre-Seisneur va les réclamer aussi, Mais la première et par conséquent la plus importante et la plus efficace, c'est « ln communion, faite aussi souvent que l’ohéissance le voudra permettre. »
Ces mots « tu me recevras autant que l'obéissance te le voudra permettre » sont indéfinis et illimités. Ils disent à la Bienheureuse de communier aussi Souvent que possible, et par conséquent tous les jours, si elle le peut. IIS ne fixent aucune mesure, aucune périodicité. Ils n’admettent qu'une limite, l'autorité du prêtre, qui, étant le dispensateur du Sacrement, a le droit et le devoir de donner à chacune des âmes qu'il doit nourrir, la mesure du Pain divin dont elle a besoin et dont elle est capable.
Au prêtre de considérer attentivement Ia responsabilité de ce glorieux ministère qui pèse sur lui, de s'inspirer des intentions bien étudiées du souverain Donateur, dont il n'est que le ministre, et des vrais besoins comme des bonnes dispositions des âmes. Qu'il prenne garde de ne point se fixer ici de règles arbitraires ou trop générales ; de ne point limiter par exemple le besoin de l'ame à la évcessité d'éviter la mort du péché moï‘el ou d'accomplir
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strictement le précepte de l'Eglise qui fixe le minimum de la participation à l'Eucharistie, au-dessous duquel se trouve la violation grave de la loi et la mort éternelle, Mais qu'il sache que la sanctification constamment ascendante de l'üme chrétienne, que le progrés dans Faccomplissement des devoirs d'état et dans l'acquisition de Ja perfection évangélique, que les travanx et les peines ordinaires de la vie à soutenir consluninent, que les épreuves et les afflictions qui surviennent comme des tempêtes dévastantes Où qui se prolongent comme de rudes hivers dans la vie, que des tentations plus vives ou plus acharnées et des dangers imminents, constituent des besoins très considérubles, très légitimes et tres urrents pour l'âme. Or, il est difficile d'y faire face sans le secours de Ta communion, instituée par le Sauveur et comme Je pain du voyageur qui empêche de tomber mistrablement dans 1 voie, et comme le pain du ciel qui fait monter jusqu'au sommet de lie de Dieu. D'où, pour le pasteur intelligent des besoins des âmes et vraiment dévoué à leur bien, la nécessité de varier Ja dispensation de l'Eucharistie selon les diverses situations, les diverses aptitudes, mais aussi d'en ausmenter la distribution jusqu'à la communion quotidienne, terme proposé à tous sans restriction par le divin Instituteur du Sacrement,
De même encore, pour juger des dispositions de l'âme, le pasteur est-il tenu de se référer aux volontés du divin Maitre et aux régles de l'Eglise, Il s'assurera d'abord de l'indispensable, c'est-à-dire de l'état de grâce de fait, aprûs avoir exclu quiconque voudrait tenter d'allier à l'exemption matérielle d'acte cravement coupable l'affection consciente au péché mortel, Sexposer volontairement à ses occasions, et n'en point écarter les causes selon tout son possible, Il n'aura plus ensuite qu'à juger des dispositions désirables et conseillées, mais non obligatoires, et il devra évidemment, tout en pourvoyant à faire respecter Ja sainteté du Sacrement et à SalVegarder l'intérêt bien