‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 157 sur 224 · SARA · texte numérisé non relu

SARA

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admirable ferveur pour se préparer à la communion, égale au désir qu’elle avait de la faire : « Les veilles de commu nion, je me sentais abimée dans un si profond silence que je ne pouvais parler qu'avec violence, pour la grandeur de l’action que je devais faire. Et lorsque je l'avais faite, je n'aurais voulu ni boire, ni manger, ni voir, ni parler, tant la consolation et paix que je sentais étaient grandes (1). »

La voilà religieuse. La règle ne lui accorde la communion que deux fois par semaine. Notre Seigneur ne luisse pas que de lui inspirer d'insatiables désirs de la faire plus souvent. — La Sœur Péronne Verehère a déposé, au procès de canonisation, « que la Bienheureuse désirait recevoir la sainte communion tous les jours ; que n'en ayant pas la permission, lorsqu'elle avait ce bonheur, elle la faisait avec des ardeurs surprenantes pour son Dieu (?). » Et la Bienheureuse a écrit d'elle-même : « J'ai un si grand désir de 1? sainte communion, que quand il me faudrait marcher par un chemin de flammes, les pieds nus, il me semble que cette peine ne m'aurait rien coûté en comparaison de la privation de ce bien. Rien n'est capable de me donner une joie sensible que ce Pain d'amour, après la réception duquel je demeure anéantie devant mon Dieu, mais avec une si grande joie, je passe quelquefois un demi-quart d'heure pendant lequel tout mon intérieur est dans le silence et dans un profond respect, pour entendre la voix de Celui qui fait tout le contentement de mon âme (3). »

Elle écrit encore, montrant quel douloureux tourment jui causait le désir non satisfait de communier tous les jours : « Je me sentais une si grande faim de le recevoir que je ne savais que faire, sinon de m’en prendre à mes yeux par leurs larmes. — Ma peine ressemblait à celle des

(1) Ubi supr.

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à le loger dans mon cœur, ce qui ne n'était pas une

moindre peine que la premiore, UE Mme pressait de m'en “pprocher (1), »

Hélas! sa Supérieure ne resardait Pas beaucoup à lui infliger cette torture : « Ma Supérieure, dit la douce ut humble religieuse, sans äterlume du reste mais d'un ton de poignante douleur, ma Supérieure me traita en ce run. contre sans rémission, suivant que Notre Seisneur le lui inspirait; car elle me lit perdre la sainte Communion, qui était le plus rude supplice que je pusse souffrir en la vie. J'aurais mille fois Mieux aimé que l'on m'eût condamnée à la mort (2), »

Ce que la charitable enfant attribuait à l'inspiration de NotreScigneur n'était tout au plus qu’une permission certainement contraire à ses désirs. Car, uvouent les Contemporaines : « En ce mène temps, une jeune sœur tomba dangereusement malade et, en peu de jours, parut à la mort. Notre-Se, ur fit Connüuître à notre vénérable Sœur, comme elle Priiui pour son rétablissement, que cette sœur soufrirait jusqu’à ce que Sa Supérieure lui eût rendu la communion des premiers vendredis du Mois. — « Dis à ‘ La Supérieure qu’elle m'a fuit un grand déplaisir de ce que, “ pour plaire à la créature, elle n'a point eu de crainte de me « fâcher en te retranchant la communion que je t'avais ‘ ordonné de faire tous les premiers vendredis de chaque ‘“ Mois, pour satisfaire par là, en m'offrant à mon Père ‘ éternel, à sa divine justice, par les mérites de mon Sacré- « Cœur, aux fautes qui se commettent contre la charité, “ Parce que je t'ai choisie pour en être la victime ; et en ‘“ même temps qu’elle t'a défendu d'accomplir ma volonté en

(L) TI, p. 98.

(2) TI, p. 15.

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ecelu, je me suis résolu de me sacritier cette victime qui « souffre maintenant (1), »

D'ailleurs, pour la confirmer dans la poursuite de la communion, Notre-Seigneur ne recula pas à user de sa surnaturelle et miraculeuse intervention : « Je ne me puis empêcher de vous dire, ma chère Mère, la gräce que je recus le jour du Vendredi-Saint, Me trouvant dans un désir ardent de recevoir Notre-Seigneur, je lui dis avec beaucoup de larmes ces puroles : « Aimable Jésus, je me veux consumer en vous désirant; et, ne vous pouvant posséder en ce jour, je ne cesserai de vous désirer! » Il vint me consoler de sa douce présence en disant : € Ma « fille, ton désir a pénétré si avant dans mon Cu-ur, que si «je n'avais pas institué ce Sacrement d'amour, je le ferais <iuaintenant pour me rendre ton aliment, Je prends tant « de plaisir d'y être désiré, qu'autant de fois que Le cœur « forme ce désir, autant de fois je le resarde amoureu- « sement pour Pattirer à moi. » Cette vue s’imprima si vivement en moi, que je soutffrais une grande peine de voir mon Jésus si peu aimé et désiré dans cet auguste Sucrement, surtout lorsqu'on s'en retirait, ou qu'on en parlait avec cette certaine froideur et indifférence qui m'est une peine insupportable (2), »

Dans sa droiture parfaite, la Mère de Greyfié a reconnu de bonne grâce un autre fait miraculeux par lequel Notre- Seigneur donna raison aux ardents désirs de la Bienheu reuse contre ses hésitations à lui permettre de communier pendant une maladie :

« Elle revenait, écrit-elle, d’une grande maladie, pour laquelle elle n'avait point encore quitté le lit; je ne sais si ce fut un samedi ou la veille de quelque fête, je la fus voir, Elle me demanda congé de se lever le lendemain pour aller à la sainte messe. Je m'urrètai un peu sur cette

HT Lo. 26:

(2) À. LL, p. 202

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1 — LE PLUS GRAND DisIR DU SACRÉ-CŒUR on?

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demande ; elle comprit bien que je ne lu crovuis pas encore assez forte pour lui accorder. Sur quoi, répondant à ten sentiment, elle me dit de bonne grâee : « Ma Mére, si vous « le voulez bien, Notre-Scigneur le voudra bien ans si, et «m'en donnera lu force, » Alors je donnai ordre à la sour infirmière de lui faire prendre de Ja nourriture le matin et de la faire lever environ l'office, pour li mener à la suinto messe, Le soir, la chère malade dit à son infirmière qu'elle souhauitait bien, S'il me plaisait, d'aller à la sainte Messe à jeun afin d'y pouvoir communier, et qu'elle espérait que Notre-Seigneur lui donnerait assez de force pour cela, La sœur infirmiere se rendit à son désir et crut que je n'en feruis pas difficulté. Elle promit à sa chère malude de me demander cette permission et s'en oublix jusqu'au lendemain, que, l'ayant fait lever à jeun et plus matin que je n'avais dit, elle sortit de linfirmerie pour m'aller chercher et m'avertir de cette convention, pour avoir mon agrément

Dieu permit que, tandis qu'elle allait d'un coté. J'entrai de l’autre à l'infirmerie, A peine je vis la pauvre malade levée et sus qu'elle était à jeun dans l'intention de pouvoir com munier, que, Sans m'informer de plus de l'ulsons, je lui is une verte correction, lui exagérant les défunts de sa conduite, que je disais être effet de propre volonté, manque d'obéissance, de soumission et de simplicité, En conclu sion, je dis qu’elle irait à la messe et qu'elle y communierait, mais que, puisque sa propre volonté lui avait donné “ssez de force et de courage pour cela, je voulais cormmander à mon tour; qu'elle n'avait qu'à reporter ses draps de lit à sa cellule et son couvert au réfectoire, et s’en aller à l'office quand il sonnerait, s'y ranger et suivre en tout les exercices de communauté, cinq mois de suite, sans que pendant tout ce temps-là il fût besoin de lui faire aucun remède ni qu'elle mit les pieds à l'intirmerie. Notre-Sei

gneur voulut qu'elle obéit en tout et lui promit pour cela la santé, qu’elle eut bonne dés ce jour-là mème jusqu’à celui de la Présentation de Notre-Dume, que s’accompli-

508 LA VIE DU SACRÉ-CŒUR a ES

rent les cinq mois, et auquel Notre-Seigneur, acceptant la rénovation de ses vœux, lui renouvela à titre de grâce tous ses maux précédents (1). »

Une autre faveur extraordinaire montre combien Celui qui, pour un verre d’eau donné à un pauvre en son nom, accorde la récompense magnifique du ciel, s’empresse à l’accorder aussi aux prêtres qui prennent en pitié les âmes affamées du pain divin :

« Une fois, dit la Bienheureuse, comme j'étais devant 12 Saint Sacrement le jour de sa fête, tout d'un coup il se présenta devant moi une personne toute en feu, dont les ardeurs me pénétrérent si fort qu'il me semblait que je brûlais avec elle. L'état pitoyable où elle me fit voir qu'elle était en purgatoire, me fit verser abondance de larmes. Elle me dit qu’elle était ce religieux Bénédictin qui avait reçu ma confession une fois et qui m'avait ordonné de faire la sainte communion, en faveur de laquelle Dieu lui avait permis de s'adresser à moi pour recevoir du soulagement dans ses peines (2). »

Enfin, cette promesse d’incompréhensible générosité où il semble que la condescendance divine torche en un excès, n'est-elle pas pour démontrer d’une manière péremptoire que rien, rien ne peut satisfaire davantage les désirs du Cœur de notre Père que de nous nourrir du Pain qu’il nous à gagné à si grand prix ?

« Un jour de vendredi, pendant la sainte communion, il dit ces paroles à son indigne esclave, si elle ne se trompe : « Je te promets, dans l’excessive miséricorde de mon Cœur, « que Son amour tout-puissant accordera à tous ceux qui « communieront neuf pr ‘8 vendredis du mois tout de « suite la grâce finale d ‘a pénitence; ils ne mourront « joint en sa disgrâce ni sans recevoir leurs sacrements,

(D Titon ER (2) T. IL, p. 417,

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