‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 158 sur 224 · Î. — LE PLUS GRAND DÉSIR DU SACRÉ-CŒUR · texte numérisé non relu

Î. — LE PLUS GRAND DÉSIR DU SACRÉ-CŒUR

mon Cœur se rendant leur asile assuré en ce dernier « moment (1). »

Instruite par de tels enseignements, encouragée par da telles faveurs, la Bienheureuse pouvait dire à ses novices, en visant d’une part les désirs de notre Sauveur et de l'autre les desseins meurtriers de Sulan, qui, par le Jansénisine, faisait alors tant de ravages dans le bercail du divin Pasteur, en France surtout : « Faites en sorte de ne point « perdre de communions, parce que nous ne saurions don- ‘ner une plus grande joie à notre ennemi qu'en nous «retirant de Celui qui lui Ôte tout le pouvoir qu'il a sur « uOus (2). »

V. — LDesiderio desideravi! —- Oui, le preinler et le plus ardent désir du Cœur de Jésus est la communion ! Elle est en réalité la fin poursuivie par l’'Incarnation, par la Rédemption, par l'institution de l'Eucharistie, à travers toutes les merveilles d'amour et de puissance répandues à profusion, malgré tous les sacrilices, à peine croyables, bravés pour nous faire ce don!

Elle est le but de sa mission et de sa venue ici-bas : cat son Père l'a envoyé pour rendre aux âmes la vie divine, donnée avec tant de bonté lors de la création et perdue si irrémédiablement par le péché, Et la vie divine, descendus avec le Verbe dans l'humanité de Jésus qu'il s’unit personnellement, doit passer, par cette humanité déifite, du chef dans tous les hommes agrégés à lui comme ses propres membres : Sicut inisit me virens Paler et ego vivo pr'opter Palrem, et qui inanducat ne, vivel propler me (3).

La communion est la continuation et l'extension, dans

(2) T. II, p. 467, (5) Joan,, vi, 58,

chacun'des tils rachetés du vieii Adam, de l’Incarnation du Filsde Dieu dans le nouvel Adam. Ils doivent devenir des dieux par la grâce, c’est-à-dire par une participation à la nature divine que leur communiquera de sa plénitude l'humanité de Jésus, déifiée par son union personnelle avec le Verbe. Et encore que cette participation commence au baptème, se soutienne par tous les sacrements et agisse par le concours de la grâce actuelle, — et tous ces instruments de grâce, forinés par Jésus, tirent leur vertu de son sang, — c’est dans la communion sacramentelle au Christ que se trouve la consommation de l’union avec lui et la déification parfaite de l’homme par la grâce (1).

Or, comme l’Incarnation est le fondement de tous les mystères du Christ et la première des œuvres accomplies pour rendre gloire à son Père par la rédemption de ses enfants coupables, — la première de ses pensées, le premier de ses désirs, à quoi tout le reste est subordonné dans un harmonieux et constant concours, est évidemment l'œuvre qui achèvera l’Incurnation en l’étendant à tous les hommes : cette œuvre est la conimunion.

C'est pour donner à nos âmes enfermées dans la chair un aliment divin sous le signe de la chair, que le Verbe a franchi, pour se faire chair, les distances infinies qui séparent les sommets immatériels de la vie divine des bas-fonds matériels d’où émerge péniblement la créature humaine; cetabaissement est si grand que saint Paul l'8 appelé « l'anéamiissement du Verbe dans la condition de l'homme. »

C’est pour que nos âmes coupables et mortes fussent purifiées et gréries en même temps que nourries, qu'il a fait passer son humanité par les feux consumants de la souffrance et de la mort, renfermant dans le pain et le

(1) Hoc sacramentum est finis et corona omuium sacramentorum. {lille P., p. Lx, 1.)

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