‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 165 sur 224 · HIT. — LA COMMUXION RÉPARATRICE · texte numérisé non relu

HIT. — LA COMMUXION RÉPARATRICE

a mn — tent

pitié en faveur d'un de ses membres malhenreux, ne sanrait pas ne point paver au centuple une compassion qui, pourvoyant au bien spirituel le plus important du prochain, comprend les grands désirs et les grandes déceptions du Cœur très bon, qui S'eflorce d'apporter consolation à sa douleur, réparation à l'injure subie par le refus ou le mauvais usage du meilleur de ses dons, où il se livre lui-même.

Voilà, dans son austère et douce grandeur, la communion réparatrice : elle est an grand acte de religion envers Dieu, d'amour envers le Sauveur, de charité envers le prochain. de noble vertu dans celui qui la fuit.

Comme le Cisur Sacré la demande formellement à Para. il semble j'avoir sollicitée, à la Cène, de Pierre, de Jean et de tous les apôtres fidèles, L'entendez-vous frémir du dessein sacrilège de Judas, lui reprocher sa pertidie, se plaindre de son ingratitude devant tous les siens? IT semble bien que ce soit pour leur demander plus de pureté, plus de foi, plus de fidélité, et par conséquent pour les préparer à faire cette première communion d'autant plus fervente qu'ils doivent réparer le crime et consoler la douleur de Findigne communion du traitre. Les sentiments ardents de Ssüint Pierre « protestant qu'alors méme que tous les autres le trahiraient, lui, du moins, ne Fabandonnerait pas » sont bien l'expression de fa réparation, où la fidélité se dresse généreuse et fervente contre Ia félonie.

Noire-Seigneur les accepte, et, le traitre sorti, il leur dit : « Ah!vous qui êtes restés auprès de moi dans mes tribula-

tions, sovez-moi toujours fidèles! Demeurez dans mon amour: vous êtes mes amis! Etimon Pere vous aime parce que vous maimez et que vous crovez fermement en moi (4)! »

(1) ipse enim Pater amat vos, quin vos me amastis et credid'stis quia a Dec exivi. (Joau., xvi, 27.)

510 LA YIF DU SAGRI-CŒUN

Les àûmes sincères et dévouées qui s'adonneront à la sainte pratique de la communion réparatrice afin de servir les grands intérêts qu'elle représente, la satisfaction du plus ardent désir et la consolation de la plus poignante douleur du Cœur adorable, pourront entendre aussi des lèvres ineffablement reconnaissantes du Sauveur, les paroles dites à la Bienheureuse en retour de la donation qu'elle lui avait faite d'elle-même :

«Je te constitue huritière de mon Cœur et de tous s0s trésors, pour le temps ?t pour l'éternité, te permettant d'en user selon tes désirs ; et je te promets que tu ne manqueras de secours que lorsque mon Cœur manquera de puissance, Tu en seras pour toujours la disciple bien-aimée, le jouet de son bon plaisir et l’holocauste de ses désirs, et lui seul sera le plaisir de tous tes désirs, qui réparera ct suppléera à tes défauts et t'acquittera de tes obligations (1). »

Jésus, réparateur des défaillances des âmes réparatrices, suppléant à leur impuissance et se faisant le garant de Jeurs bonnes intentions : se peut-il conséeration plus touchante de la grande charité de Ia communion réparatrice ?

Un seul cœur.

Et dabo cis cor unum, et Spiritum nova tribuam an visceribus eorum.

Je mettrai dans leurs poitrines un cœur nonveau. et ils n'auront avec moi qu'un seul et mème cœur. (Ezech., xt, 19.)

Page 1