‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 169 sur 224 · V. — UN SEUL CŒUR · texte numérisé non relu

V. — UN SEUL CŒUR

la substitution du Cœur Sacré à notre cœur dans la commiunion ?

Disons d'abord que ce n'est là qu'un des effets réguliers de la communion. Ce n'est donc ni une chose inouwe, ni une doctrine nouvelle ; et encore que ce soit une mervoille de grâce, ce n'est pas une merveille extraordinaire, accompie en quelques privilégiés, manifestée seulement en ces derniers temps. C'est shimplement la réalisation du dessein que S'esttixé le Sauveur dans l'institution de l'Eucharistie et l'effet principal de la bonne réception du Sacrement. Notre-Kejineur l'annoncait en termes très clairs quand il disait au chap. vis de saint Jesn, développant les points principaux du dogme de l'Eucharistie : « Comme mon Pere, qui est le principe vivant de toute vie, m'a envoyé et que je vis de mon Père et pour mon Père : Sicul snisil me vivens Paler el ego vire propler Patrein; ainsi celui qui mue mange vivra de moi et pour moi: LE qui manducal ne et ipse virel propler ine. »

Tout le fondement du myst‘re de la communion est en ces paroles et il les faut bien compreuûre.

La communion a pour but, dans le plan divin, de reproduire d'une manière analogue, dans chaque chrétien et à son proiit, le mystère de l'Incarnation du Verbe dans la sainte humanité de Jésus. La communion est l'Incarnation uu second ser, le Verbe, après s'être donné sans inter médiaire à l'humanité du Sauveur, voulant passer jusqu'à nous par le moven de cette humanité sacs: sainte,

En Jésus, le Verbe descend du sein du Père ct lui commuuique en plénitude sa nature divine, il léitia directe ment Ja sainte humanité en se donnant à ell: jour être sa propre personne, son principe individuel d'existen e et d'activité. [1 donne à la sainte humati'# tout ve qu’il reçoit du Père, c’est-à-dire toutes les pe:fections de !: tra civin, et il fait de ce fils de la Vierge le Fils é'ertel de Dieu. Lu nature humaine de Jésus est alots tout oniière

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déifite et d'une manière inaliénable. Tout en gardant sa condition de nature finie, elle entre en jouissance éternelle de toutes les prérogatives, de tous les droits de la nature divine, Le Père qui se communiquait de toute éternité à son Verbe en l'engendrant duns le sein de lu Trinité continus de s'écouler pleinement en lui, dans l'humanité de Jésus, Mais parce que le Verbe a pris à lui celle humanité comme seconde nature, la vie du Père passe par la personne du Verbe à la nature humaine de Jésus, et fait de Jésus, méme comme homme, le Fils de Dieu, vivant de la vie personnelle et propre de Dieu, à jamais. Et c'est come Verbe et comme homme que Jésus peut dire : Je vis de mon Pére et par mon Père qui m'a envoyé, dont je suis le Fils engendré pendant l'éternité et formé dans le temps : Sicut niisit ne later et ego vivo propter Palreri.

Voilà la déification parfaite et typique de l'humanité dans son chef, le Christ Jésus.

Le Père n'envoie pas son Verbe ici-bas pour se faire un seul fils parmi les hommes, mais pour reconquérir tous ses fils, qu'il avait créés vivants, el que le péché a séparés de lui et privés de sa vie. IL veut qu is lu reprennent par une déificution nouvelle sur le modele et par le ministre de leur aîné, son bien-aimé : « Tous ceux qui ont recu le Verbe descendu dans le monde, dit saint Jean, il leur « donné le pouvoir de devenir comme lui des fils de Dieu, dont la naissance surnaturelle n'est le fuit ni de la volonté humaine ni de la nature, mais de Dieu lui-même : Quotquol autein receperuit eur, dedit eis filios Dei fieri.»

xecevoir le Verbe et devenir fils de Dieu comme lui, c'est sans doute croire en lui et lui ètre uni par le lion vital de la grace baptisimale : mais cette for initiale et ce premier lien appellent leur perfection, qui se trouve ualls la possession réelle du Verbe incarné : cette possession s'obtient par la communion. C'est là qu'en mangeant su chair, nous sommes incorporés à sa divinité, unis à sa

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