HE, — L'HEURE SAINTE
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livré aux mains des pécheurs, Levons-nons : voici quo celui qui me livrera upproche ? allons an-devant de lui. »
Adorez Jésus disant à ses Apôtres ! « Mon âne est triste en mourir! » Croyez à la vérité de cette parole : ce n'est pas une figure de langage, ni une exagération de la douleur, Sans un secours tout spécial de sa divinité, aus était si triste à cette heure, que cette tristesse eñt suffi pour le faire mourir.
La tristesse à envahi non seulement son hnagination et son Cœur, mais son âme elle-même, sa volonté et son intel ligence,
Elle se compose de dégoût, de découragement, d'abatto ment, d'ennui profond, de chagrin, d'amertume, de crainte d'épouvante et d'angoisse : elle est si poignante, qu'elle réduit Notre-Seigneur à une sueur de sang qui linonde : et L'tombe anéanti sous son poids,
Contemplez Jésus étendu dans Ia poussière ; voyez son iront pâle, ses veux livides, son visage abattu ; quite il se relève, voyez sa démarche pénible, ses pas chancelants : puis écoutez l'accent navré, l'accent de douleur infinie avec lequel il prononce ces paroles : « Mon me est triste jusqu'à la mort!
Oh! 4. est vraiment honme et semblable à nous, Celui que la crainte fait trembler, que l'angoisse oppresse, que le chagrin abat, que le dégoût envahit, et qui succombe sous l'effort de sa tristesse !
Mais, en même temps, adorez-le vrai Dieu! Car ce n'est que par sa volonté que ces passions prennent de l'empire sur lui, le troublent et l'accablent, Cest librement qu'il leur ouvre son âme. Et cette sainte fine reste, même alors, en possession de la vision béatilique : seulement il en retient les rayons et les joies sur des sommets inaccese sibles, pour la livrer tout entière à la peine.
A‘lorez, adorez avec amour, avec tristesse, avec come
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passion, ce Fils éternel et bien aimé du Père, prosterné
daus lu douleur et dans la honte ; ce Verbe, lumiere du Ciel et joie des Auges, inond d'aumertume ; — cette beuuté éternelle couverte de sang et de poussière, — cette
force du bras divin courbée sous le découraugett nt; — ce Sauveur, si vraiment homme pour souffrir toutes nos douleurs : si vraiment Dieu pour les souffrir infiniment !
Touez-vous bien près de lui ; chassez au loin l'indifierence, l'égoisme, le sommeil : soyez à lui, veillez aveg lui, priez avec lui!
Puis. de Gethsémani, transportez-vous vers le taber: nacle; pénétrez-y respectueusement, et adorez-y Jésus : c'est lui, c'est lui-même que la tristesse, la peur, l'ennui, le déwoût prosternaient sur le sol du Jardin! Reconnaissez-le et voyez cominent il continue cette redoutable usonie, Là-bas e’étuit la souffrance : ici c'est l'humilation. Voyez-le dans l'anéantissement de l'état sacramentel, sous le voile des saintes espèces, sans figure, sans apparence, Suiis voix, suns torce : plus humilié, plus délaissé qu'à Gethsémani. Ses ennemis complotent contre lui; ses amis dorment, etilne peut plus quitier le lieu de son humiliation pour venir leur deinander aide et consolation. Qu'est-ce qui le réduit à cet état et le prosterne si bus, que l’on ne peut méme pas se faire une idée de son étre
Quel est ce poids qui pèse sur lui, qu'il ne peut échapper à la décomposition des éléments qui menace son vêtement sacramentel, ni aux mains des sacrilèges qui le veulent maltraiter ? — En vérité, c'est lanéantissement total !
11 répète dans son Cœur, et par son état mème d'huini lation : « Père, que ta volonté soit faite etnon la mienne !» — Et à nous : « Veillez et priez avec moi!»
N'entendez-vous pas cette voix sortir, nuit et jour, de toutes les hosties consacrées ? Voix de commandement, — voix de prière, — voix de reproche, — toujours voix j'amour : « Veillez et priez avec loi ls
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