‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 201 sur 224 · EF P · texte numérisé non relu

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la imanicre dont elle se comportait communément en ses exercices et devant le très saint Sacrement, où elle se tenait presque toute la journée les jours de fêtes, n’en sortant que pour suivre Jx Communauté, elle y faisait hommage par son amour et son respect intérieur et extérieur à la réelle présence de l'humanité sainte de Notre- Seigneur Jésus-Christ, Klle l’aimait comme son Dieu et son Sauveur, de tout son cœur, de toute son àme et de toutes ses forces, d’un amour de complaisance de voir qu'il était le souverain Bien et la Source abondante de tous biens désirés, et seul suffisant à soi-mème, Elle lsimait d'un amour de bienveillance, souhaitant avec ardeur de l'aimer autant qu'il est aimable, et que toutes les créatures entrassent dans les mêmes sentiments. Elle l’aimait d’un anour d'union à toutes ses saintes volontés et à son bon plaisir, qu'elle ne désirait incliner de son côté qu’afin que par les souffrances, les croix et les anéantissements, il la rendit plus conforme à ce qu’il avait voulu être sur la terre (1). »

Et une de ses sœurs à déposé au procès de canonisation que « la Bienheureuse avait une si grande foi et dévation ui Saint Sacrement qu'elle l'a vue, plusieurs années, pa sser presque toute la journée, surtout les fêtes et dimancles, devant le Saint Sacrement, et qu’elle avait coutume le passer Ja nuit du Jeudi au Vendredi Saint, dès les sept heures du soir jusqu'au lendemain matin même heure, à genoux, immobile, dans un recucillement si grand, que toute li Communauté était surprise comme elle pouvait rester si longtemps dans la mème situation, vu sa complexion, qui n'était pas des plus fortes. Sa prière paraissait continuelle, et les occupations extérieures ne l’empéchaient point d'y vaquer. »

J'ai dit que ses Sœurs étaient quelquefois étonnces de la voir si longtemps en adoration devant le Saint Sacrement.

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a L'une elles lui demanda ce qu'elle pouvait bien faire alors. La Bienheureuse Jui répondit naivement : e Ma chère Sœur, je m'occupe pour l'ordinaire des souflrances extrèmes qu'a soufiertes pour nous notre divin Maitre ; d’autres fois, je me veux mal, et à tous les pécheurs, de nos ingratitudes à son égard (4). »

III faisait pourtant si bon la voir dans cette contemplation, qui était un vivant témoisnuge de In présence réelle de Jésus au Sacrement, « que nous venions, dit un des témoins du procès, regarder de temps en temps par la porte entrebäillée du chœur, Elle était à genoux, immobile, '2£ Tauins jointes sur la poitrine, la figure embrasée. Klle fut ainsi douze heures de suite, sans Je moindre mouvement. Les petites pensionnaires demandaient à se lever pour aller voir pendant la nuit « comme leur Sainte maitresse priait bien Dieu », et Je peuple venait, les jours où li Saint Sacrement était exposé, la regarder par la grille : on

se la montrait du doigt en disant : « Voici Ja Sainte », sans parvenir à la distraire.

I. — Voilà la dévotion de Ja prière, de l'amour, du respect pour le Saint Sacrement : elle «st tarquée et soutenue; en méme temps qu'elle sanetitie La vie de la Bienheureuse et donne grande satisfaction à l'Epoux du Sacrement, elle répand autour d'elle l'esprit de piété envers l'Eucharistie.

Mais le Christ eucharistique est le prêtre et Ex vietim du sacrifice où il s'offre perpétuellement : ia des intéréts et des sollicitudes : la satisfaction de son Père et le salut ‘les âmes à procurer ; il livre des combats : on le méprise, on Pinjurie on on l'abandonne. upossible de Faimer un Peu sincérement et de le fréquenter quelque temps sans éprouver le besoin d'entrer dans ses soilicitudes, de parti.

ciper à ses œuvres, de combattre et de souffrir avec lui et pour lui. C'est un degré de perfection de plus dans la vraie dévotion envers le Saint Sacrement. La Bienheureuse devait y exceller,

Elle écrivait :

« l'a mis dans mon âme trois persécuteurs qui me tour: mentent continuellement, Le premier, qui produit les deux autres, c’est un si grand désir de l'aimer, qu'il me semble que tout ce que je vois devrait être changé en des flammes d'amour, afin qu'il fût aimé dans son divin Sacrement, Ce m'est un martyre de penser qu'il est si peu aimé, et qu'il y à tant de cuwurs qui refusent son pur amour, qui le mettent en oubli et le méprisent. Du moins, si je l’aimais, mon cœur serait soulagé dans sa douleur (1). »

Elle eut an jour une extase où Le choix lui fut offert par Notre-Seigneur, des délices du ciel dans le repos, ou des souffrances Ge la terre pour travailler à le faire aimer dans le Saint Sacrement. Son choix fut aussitôt fait, sans la moindre hésitation ; elle a raconté naïvement ce trait héroïque sans avoir l'air d’en soupconner Ja sublimité.

« Une fois, pressée de cette ardeur en présence du très saint Sacrement, il me fut montré l'ardeur dont les Straphins brûlent avec tant de plaisir, et j'ouis ces paroles : « N'aimerais-tu pis bien mieux jouir avec eux que de souffrir, être humiliée et méprisée, pour contribuer à l'étublissement de mon règne dans les cœurs des hommes ? » — À cela, sans hésiter, j’'embrassai la croix toute hérissée d'épines et de clous qui m'était présentée, et je disais sans cesse : « Ah ! mon unique amour, oh! qu'il n'est bien plus doux selon mon désir, et que j'aime bien mieux souffrir pour vous faire connaitre et aimer, si vous m'honorez de cette gràce, que d’en être privée pour être un de ces ardents Séraphins (2)!

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(2) EL, p. 109.

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Le zèle de la réparation l'embrasait :

« Notre-Seigneur éherche une réparatrice qui demandera très humblement pardon à Dieu de toutes les injures qui lui sont faites au trés saint Sacrement de l'autel. Et elle se pourra confier humblement qu'il obtiendra grâce et pardon pour elle (1). » — Ses adorations au pied du Saint Sacrement prenaient ce caractère très marqué : elles Jui étaient un sacritice où son amour l'immolait par sÿmpathie pour la Victime du tabernaele : « Il ne faut pas laisser d'aller visiter le très saint Sacrement, pour la répugnance que vous y sentez; mais il la faut offrir à Notre-Seigneur pour honorer celle qu'il 4 bien voulu ressentir au Jardin des Olives ; et vous tromperez votre ennemi, qui voudrait par là vous détourner du bien (2), » — Elle souffrait ce tourment qui torturait le Cour du Sauveur pendant su vie, de ne pouvoir venger assez sur lui les injures de Dieu, et dont il disait : « J'ai à être baptisé d'un baptèmi de sang, et quelle violence je souffre de ne le pouvoir encore souffrir! » Et elle écrivait : « Ce qui me fait souffrir encore davantage, c’est que je ne peux venger sur moi les injures qui sont faites à mon divin Sauveur au Saint Sacrement de l'autel (3)!

Elle se sentait prise entre le désir de mourir et celui de vivre : et elle tranchait le difiérend en demandant à souffrir : c'était donner à sa vie la valeur saerificale de Ia mort embrassée par amour : « Le désir de mourir me presse plus que jamais : je ne saurais me résoudre à demander à Dieu les années de vie que vous nr'aviez dit, à moins que ce ne fût à cette condition, qu'elles seraient toutes emplovées à aimer le Sacré-Cœur de mon Jésus dons le silence et Ta vénitence, saps plus l'offenser, demeurant jour et nuit

(HET D Ie CARE IETEMELE (3) T. I, p. 192.

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