IT. — LE CŒUR DIVIYZ
A la Inmière de ces principes, culculez, si vous le pouvez, ce que furent les sonffrances directes du Sacri- «ur dans la Passion. — L'Evanoile en énumére quelques-unes des plus poignantes, duns le douloureux récit de l'agonie à Gethsémani : la peur, la tristesse, l'ennui, le dégoût (1). — Saint Thomas indique les autres en ces quelques mots : € Il a souffert dans son Cœur de ses ennemis qui le poursuivaient et de ses amis qui l'abandonnaient, le trahissaient et le reniaient. — ]1 a souffert dans sa dignité, dans son honneur et dans sa réputation, par les blasphèmes, les injures et les calomnies. — Enfin il a souffert de la part de tous, hommes et femmes, grands et petits, Juifs et Gentils (2). » — Pour tout dire avec le prophète : « Son Cœur n'attendait qu'opprobre et douleur; il en a été rem} : et rassasié : Opprobriuin expeclavil cor meum et mnise- Tiain (3). » — Mais Mesurez, multipliez chacune de ces souffrances par la puissance infinie de sa divinité, et vous verrez que, pour celte seule prérogative d'être un Cœur de Dieu, sa douleur dépasse autant toute douleur humaine que les forces divines l'emportent sur les forces humaines (4) : 9 vos omnes qui transitis per viam, attendite el videle si est dolor sicut dolor meus !
(1) Cœpit pavere et tædere, contristari et mæwstus esse. (Ex Evang. concordantia.)
(2) Passus est aliquid et a Gentilibus et a Judicis, et a masculis et a feminis; passus est etiam et a principibus et a ministris eorum et à popularibus ; passus est etiam et a familiaribus et notis, sicut patet de Juda eum prodente et Petro eum negante ; passus est in suis amicis eum deserentibus: in fama per blasphemias fontra eum prolatas ; in honore et glorin per irrisiones et contumelias ei illatas. (Q. xzxt, a: 5, c.)
63) Ps. Lvut, 24, — Saturabitur opprobriis. (Thr., 111, 30.)
(4) « In Christo Patiente fuit verus dolor et sensibilis, et interior qui tristitia dicitur ; uterque autem dolor in Christo fuit maximus inter dolores priesentis vitæ. » Et entre des raisons toutes plus probantes les unes que les autres, qu'il faut lire dans leur texte, saint Thomas donue celle-ci, qui découle de l'union hypostatique de la nature humaine de Jésns avee le Verbe de Dieu.
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456 L'ORJET DE La RÉ VÉLATION RS TT | Ji]
La valeur divine des œuvres du Sacré-Cœur et son droit aux honneurs divins.
C’est la dernière propriété de la personne que d’être, selon le langage de l'école, le terme d'attribution de tout ce que fait l'être par ses diverses puissances, où la fin à laquelle s’attribue tout ce qui lui advient.
Dans l’homme, par exemple, les actes sont humains et libres parce que la personne jouit du libre arbitre, exercé par une âme raisonnable unie à un corps ; c’est la personne qui est responsable de ses actes, à elle qu'en revient le mérite ou sa faute, selon qu'ils sont bons ou mauvais. De même #st-ce la personne qu'on aime, qu'on honore, encore peut-être que les raisons qui la rendent aimable ou honorable soient les dons de son cœur ou les œuvres de ses mains, ou la fortune dont elle jouit et la haute situation qu'elle occupe.
Si le Christ s’est vu élever à ce privilège incommunicable de recevoir, au lieu de la personnalité humaine à laquelle devait naturellement aboutir l'union de son àme et de son Corps, Une personnalité divine, qui exeluait la première, la valeur et le mérite des actions du Verbe Incarné, les traitements qui lui seront dus, se mesureront à la Personne du Verbe, qui donne à sa nature humaine sa raison d'être et son terme. Ce ne sera ni le corps, ni le cœur, ni l'âme de Jésus qui seront la raison dernière du culte à lui rendre, de
« Magnitudo doloris ejus potest considerari ex perceptibilitate Patientis secundum Corpus et secundum animam. Nam et see : Corpus erat optime complexionatus, et in eo maxime viguit sensus tactus ex cujus perceptione sequitur dolor; anima etiam sec vires Iuteriores efticacissime apprehendit omnes cnusas tristitie, » (Q. xLvI, à. 6, €.)
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la place à lui donner, des mérites à lui attribuer, mais la Personne de Jésus, c'est-à-dire Je Verbe divin et Dieu lui. mème, fin de tout en Jésus, comme il y est le principe de tout.
De quel culte donc faut-il honorer le Cœur Sacré? Du culte divin, du culte supréme, du culte final, qu'on appelle le culte de latrie, où l’on adore Dieu non seulement en luiméme, mais pour lui-même. parce qu'il est Dieu, le premier principe, la fin suprème, l'être absolument indépendant, Fans doute, c'est le Cœur de Jésus, animé par son âme. que l'on adore, mais on ne l'adore qu'à cause de la Personne du Verbe, dont il est le Cœur humain et qui, en lui donnant de :ribsister en elle, de lui être à jamais uni d'une union immédiate et constitutive, lui communique son Éminence sans pair, sa dignité souveraine, les droits du Seigneur des Seigneurs, sa majesté divine entin, comme il lui à Communiqué son existence pour ètre, sa toute-puissancg pour agir (1).
Au Cœur de Jésus, au Cœur créé, au Cœur de chair, qu’on distingue à peine ses battements dans la faiblesse de l'enfant paisiblement endormi. on qu'il se soulève violemment et retombe sans vie duns Le Spüsie du dernier soupir, ou qu'enfin aucun Mouvement, aucune trace du sang cou lant de sa source inépuisable à les veines du Corps eucharistique ne permette de reconnaitre sa présence el Sa Vie, — à ce Cœur d'homme, parce qu'il est en même temps Cœur de Dien, l'adoration en esprit et en vérité !
L'udoration des hommages extérieurs, du culte public, des louanges et des acclamations. de la pompe magnilique el des fètes solennelles, des autels d'or, des temples de
(L Ut majestas Domini inplevit domums, (I Par., vus, 1.)
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13; L'OBJET DE LA RÉVÉLATION Fe
Marbre, de la société tout entière, de l'Eglise de Ja terre et de celle des CICUX, — parce qu'il est le Cœur du Dieu Maitre de toute chose, Principe qui a tout créé, tout donné, tout racheté, tont ACCOMpli dans ses créatures, fin dermére qui appelle tout à lui, en dehors da Qui rien ne vit. ne s'achève et n'est parfait !
Mais davantage encore, l’adoration intérieure, celle qui livre par un choix raisonné, par une Préférence justifiée, Par un don sans réserve Comme sans Iuesure, par un don total et irrévocable, 1 créature à son Créateur!
Au Cœur de Jésus, parce qu'il est le Cœur de Dieu, l’adoration de l'esprit, du cœur, de Ia volonté, de tout l'être ; l’adoration des pensées, des affections, des vertus, des œuvres, des joies, des Souffrances, des succès, des défaites, de Ja vie et de la mort, qu temps et de l'éternité !
A ce Cœur divin l’adoration de l’estime, de l'admiration, de l'étude, des ravissements de l'esprit dans les clartés qe la foi et dans Les Splendeurs de 1a vision !
A ce Cœur divin, à Cause de ses amabilités infinies, l'adoration des désirs, des COmplaisances, des atlachements, des joies et des ivresses, du repos et de Ja béatitude du cœur, dans la charité qui s'allume ici-bas et dans les embrasse. ments de l'amour glorifié !
A ce Cœur divin, l'adoration des vertus, de la Perfection Morale et de la Sainteté Surnaturelle ; l'adoration du devoir, du Sacrifice, de ]a Soumission, de la douleur, de lhumiliation, de l’abjection et de l'abanden, sans que rien, mais rien au ciel où sur la terre, puisse un instant arracher la volonté de l’homme au bon plaisir du divin C eur, à cause de ses droits SOuverains !
Au divin Cœur, enfin, la Sanctification de Son nom, l'accomplissement de sa volonté, son règne sans limites et SANS fin, sur Je trône de l’autel eucharistique, Sur tout cœur humain Soumis, comme Sur le trône éternel de la gloire !
Tout vient de lui, tout est à lui, tout va Vers Ini, et il
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est au-dessus de tout, parce qu'il est le Cœur de Dieu : cé mot dit tout et il suffit !
Redites-le et le répétez : il est la louange Parfaite, Ja £lorification totale; rien ne se peut de plus haut, rien n'est en dehors du Cœur de Jésus Fils de Dieu !
À supposer que ce Cœur nent rendu aucun amour à Dieu, concu aucun dessein de Miséricorde Pour nous ; qu'il ne fût nile cœur qui a répandu Je Sang de la Rédemption, ni le cœur qui nous à donné Pour aliment quotidien la chair de Jésus : rien que d'être Je Cœur de Dieu, d’avoir été aime, Prédestiné, créé, sanctifié et pris Par le Verba Pour devenir son Propre Cœur ; rien ‘ue d’être et de vivre dans Ja Personne qu Verbe ; rien enfin que d'être en vérits le Cœur de Jésus, cela l'élève au-dessus de tous les mondes créés, au-dessus du monde de la gràce et du monde de la gloire, au-dessus des Saints, des anges, de Marie elle-même. inCOmparablement, à des hauteurs incommensurables ; AUdessus de toute louange et de toute gloire ; cela le met en Dieu même, non PAT un lien créé, mais Par le lien, divin Comme la divinité elle-même, d’une de ses adorables Personnes !
Dites done et répétez encore : Cœur de Jésus, vrai Cœur de Dieu! Je vous Offre l'adoration qui n’est due qu'à Dieu !
O homme de Peu de foi, vous hésitez vous voudriez discuter, Mesurer, restreindre votre adoration, ne pas vous livrer, ne PAS Vous anéantir tont entier dans celte adoration ? vous hésiteriez à Offrir et Sacrifier au Cœur divin, par le désir, an moins, toutes les créatures terrestres et célestes? Ah! voyez done ce que Dieu à fait pour lui! Ilena fait Son Cœur, il l'a élevé jusqu'à Jui en lui donnant l'existence d’une de ses propres Personnes : il l'a déifié dans sa Substance, dans sa vie, dans Ses œuvres, jusque dans ses humiliations et dans sas faiblesses : ;] S'est livre à Ini en
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plénitude, Ce cœur est le Cœur du Verbe, et le Père et lo Saint-Esprit y habitent avec Jui comme en leur séjour de prédilection où ils prennent leurs complaisances sans mélange !
Ah? bien plulôt, confessez l'impuissance où vous êtes de l’adorer comme il le mérite et comme vous le devez; uppelez à votre aide les anges et les saints qui l'adorent au ciel, et que cette faveur accordée à la Bienheureuse soit votre encouragement et votre lecon :
« Un jour que l’on travaillait à l'ouvrage commun du chanvre, je me retirui dans un petit coin, pour être plus proche du Saint Sacrement. Mon Dieu me faisait là do très grandes gräces. Le Cour adorable de mon Jésus ne fut présenté plus brillant qu'un soleil. I1 était au milien des flammes de son pur amour, environné de Séraphins qui chantaient d'un concert admirable, Ces esprits bienheureux m'invitèrent à munir à eux pour louer cet aimable Cœur. Ils me dirent qu'iis étaient venus pour s'associer à moi, afin de lui rendre un continuel hommage d'amour, d’adoration et de louange (1: »
Q) LI, p. 107,
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