II. — LA FORGE SANS DÉFAILLANCE 167 RE TE
tous les exemples entrainants! Cœur fort à l'hutuiliation, à la souffrance et à la mort! Cœur fort à aimer Dieu et à aimer les hommes! Cœur fort et tendre, fort et compatissant, fort ef mistricordieux, fort et patient! Cœur humble dans la victoire, condescendant à la faiblesse, charitable à la défaite, qui ne te prévaux jamais de ta force contre nos défaillances, à toi ma louange et mon adoration! Car « tu t'es fait la force du pauvre dans sa détresse, la force du cœur abattu par la tribulation : Z'actus es fortiludo pauperi, fortitudo egeno in tribulatione (1)! »
En effet, le Sauveur a concu l'idée el accompli Ja mer veille de se faire « la force de tous les hommes au cwnr tremblant, de relever les mains sans énergie, et de re dresser les genoux chancelants (2) ; il à pétri de sa chair très pure, patiente jusqu'à lu torture mortelle, de son san, ardent jusqu'à la libre effusion, de son CGeur vaillant jusqu'au dernier soupir, de son âme intrépide, qui a su dominer toute tristesse, toute peur ct tout ennui, de son humanité ressuscitée victorieusement de la mort et désormais pleine d'indéfectible vie; il a pétri de sa divinité, force immuable et sans limites, qui à construit pour le; montagnes Jour base indestructible et donné au grain de sable la puissance d'arrêter net, à Ja lisière argentée du rivage, les flots en furie ; il a pétri de tous ces puissants éléments « le pain de la force, le pain qui contient toute torce : Kubur panis (3)! » De toutes ces moelles de vie il a fait une viande substantielle, destinée à refaire l'incurable faiblesse de homme, à lui rendre l'énergie perdue dans l'indolenve, la confiance abandonnée dans les défaites, l'énergie de se relever, de murcher, de travailler, de sup-
(HIS xx, 4:
(2) Confortate manus dissolutas et geniui debilia roborate. Dicite pusilauimis : Confortamini et nolite timere: gvce Deus ipse veniei et salvabit vos. (DÉMO L ES
(5) Le, 111, 1,
cnsnans- shit initie: 5
nmnatinn Ro
vorter et de vaincre : Qui manducat meam carnem vivet in æœtesrnum.1l a mis son amour dans ce pain réconfortant, comme un ferment de vie, qui soulève, excite, pousse à l’action, au combat et au sacrifice le cœur qui s’en nourrit. Et quiconque le recoit, assez souvent et assez fidèlement, connait par expérience la vérité rigoureuse de cette parole de saint Paul, cantique de reconnuaissunce et chant de victoire : Je puis tout en Celui qui me fortitic : Onia DOssuin in eo qui ne confurlat (1)!
Grandes pensées.
Du fonds si riche d’un Cœur aussi grand que celui de l'Homme parfait, que peut-il sortir, lorsqu'il se manifestera par les productions des pensées, des paroles ou des œuvres, sinon de belles et grandes pensées, de belles et grandes œuvres ? « Car c’est du trésor de son cœur que l’homme vraiment bon tire tous les bienfaits de sa parole qui éclaire ou console, de son dévouement qui secourt et sert efficacement l’'indigence d’autrui (2). » Pensées et œuvres de l'Homme par excellence seront donc marquées de ce caractère de son Cœur : la grandeur et la splendeur morales.
Toutes les pensées qui ont déterminé sa vie et dirigé son œuvre sont nobles, élevées, généreuses, désintéressées, chevuleresques et magnifiques. — Service parfait de Dieu, digne en tout point de sa majesté sainte ; rétablissement de son autorité souveraine et reprise de son empire sur les usurpateurs ; son honneur à défendre, sa gloire à procurer,
(1) Philiÿ:., 1v, 13.
(2) Bonus homo de bouo thesauru cordis sui profert bonung (Luc,, va, 15.)
[V. æ GIANDE PENSÉES 169
ot, ——
sa volonté à accomplir ; d'infinies complaisances à Int offiir dans un amour sans réserve et une obéissance sans bornes ; sa justice à satisfaire, sa colére à apaiser, sa iuiséricorde à #agner : Lelles sont les premitres pensées déterminantes de toute la vie de l'Homme Dieu.
Puis, celles-e1, qui se contfondent avec celles-là : la créntion à restaurer, l’homme à racheter et à affranchir de toutes les tyrannies du péché, de la mort, de l'enfer : l'homme à élever, à spiritualiser et à déifier, pour le rendre semblable à son Pére et pour le remettre en possession de son héritage éternel ; la société de l’'Eden à reconstituer, une civilisation durable à fonder, conforme aux droits de Dieu et aux aspirations lésitimes de l’homme,
L'amour seul inspire ces pensées maîtresses de la vie du Sauveur : l'amour prévenant et gratuit, l'amour libéral et magnifique. I n'a aucun avantage à en retirer pour lui, aucun intérêt personnel à y servir; c'est le désintéresse ment chevaleresque, la magnificence spontanée d'un cœur de Roï et d’un cœur de Dieu : cur ceux qu'il s’agit de tant aimer sont des ennemis, et beaucoup resteront des incrats!
Et pour réaliser ces glorieux desseins, aucun déploiement de violence non plus qu'aucune intrigue ourdie dans l'ombre ; aucun concours chérement payé par ceux qui le prée tent, aucun dommage causé à personne, aucune ruine pour préparer la reconstruction : rien que l'ascendant de la parole, l'influence de la vertu, Ia persuasion et l'exemple, et, plus encore, le sacrifice de soi-même jusqu’à la mort, résolment accepté, généreusement 2ecompli |
A Cœ:r 0e JÉsrs-Car!s1 F'ÉE {
ne ot mi