IT. — PIÉTÉ FILIALE ENVERS MARIE
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Et Jésus confesse l'empire de Marie sur son Cu:ur et son heureux servage à l'égard de sa mère: Vulnerasli cor meurnr, vulnerasti cor meum (1) ! — Vous l'avez blessé et séduit par votre beauté, Ô ma mère bien-aimée, car vous êtes toute belle, et il n’y a point de tache en vous : Totla pulchra es, amica mea, et inacula non est in te! — Blessé et captivé par la tendresse de votre maternité : car vos mamelles, remplies par le ciel même, m'ont allaité: Quam pulchræ sunt manie Luce! — Blessé et attaché par chacun de vos regards, attentif à saisir, dans mes yeux, ma volonté pour l'exéeuter ; blessé et acquis par le réseau des vertus admirables de votre vie, qui s'étend sur vos épaules comme un royal manteau, enrichi de broderies : In uno oculorurr luoruin, in uno crine colli tui (2)! — Blessé et conquis à jamais par les souffrances de vos combats avec le lion du péché et le léopard de l'enter: Ven, coronaberis de cubilibus leonum, de montibus pardorum (3) !
IL. — Cette dette de son amour fial, si hautement reconnue, comment le Cœur sacré l'a-t-il payée ? — Largement, comme il convenait à un tel fils pour une telle mére !
D'abord en aimant avant toute autre créature celle qu'il
(1) Cant., iv, 9 et seq. — Ilebr, : excordasti nos: abstulisti mihi cor: cordis vulnus est sumimi doloms et mortiferum : sic amor facit ut anima quasi moriatur in corpore amantis, et vivat in corpore amati. — Aut : incordiasti me, id est, ut ait Nyssenus, cor meum mihi eripuisti et in corde tuo conclusisti et captivasti. — Sensus principalis est de Christo et B. Virgine. (Corn. à Lap.)
(2) In uno crine coll tui, crine non simpher, sed ex multis implicato, puta plexu et fune ex erinibus intorto. — In uno oculorum : propter puichritudinem oculorum tuorum, -- B. Virgo uns aspectu mentis sute, Ita se in Contemplatione erigebat ad cælestia, at feriret cor Dei, illudqne sagitta amoris transtigeret. (Corn. a L, in h. 1.) :
(3) Cant,, 1v, 8.
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voyait, caréssait et enrichissait dans sa pensée éternelle L comme sa future mère. La première pensée du Verbe reli- Ù tive à l'œuvre de son Incarnation se posa sur Marie: son plan étant de refaire l'humanité en se faisant homme, | Marie devenait la condition nécessaire de l’Incarnation (1). | — Le premier effet de cette prédestination privilégiée fut de préserver Marie de toute tache en sa conception, ‘qui n'avait encore été accordé à aucun des fils ©” puis, de la sanctifier par unc telle abondance a S que ce ne fut int des dons qu’elle reçut seulemen, -nüuis la plénitude de ja grâce. Cela devait obliger tous les saints, e‘ ‘es anges mêmes, à saluer Marie pleine de grâce dès sa .ception, et à la reconnaitre pour leur reine, de qui ils | recevraient tout ce qui leur serait donné : Ave, gratia plena.— Elle fut aimée par son futur Fils, dès ce moment, d’un tel amour qu'il se fût fait homme pour là joie de naitre d'elle et de la déifier en prenant chair dans son sein. Aussi eut-elle le premier battement de son Cœur dès qu'il fut uni à la divinité et commença de vivre et d'aimer.
Elle fut toujours sa première pensée, son premier amour, dans ses prières, dans ses œuvres, dans ses mérites et dans ses institutions. Il l’a rachetée, il l'a suuctifiée avant et plus que teus les autres. — A elle son premier sourire dès
sa naissance ; sa première étreinte quand ses petits bras | purent se nouer autour de son cou. — A elle, passées sous le même toit, les trente premieres années d’une vie qui n’en devait compter que trente-trois : dans l'intimité de Ja | vie domestique, protégée contre l'invasion des curieux et