‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 70 sur 224 · DL — LA PICTÉ FILIALE ENVEPS LE PÉRE · texte numérisé non relu

DL — LA PICTÉ FILIALE ENVEPS LE PÉRE

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de Jésus, que son Pére ait pu prockumer au Jourdain et aus le Thabor lintinie satisfaction qu'il en recevait : e Voici mon Fils bienaineé en qui j'ai mis toutes nes complarsinces, os Gest la parole qu'il redira par en grand fait pendant tonte éternité, en le montrant assis à sa droite et couronné de gloire : Sede a dertris meis: tecum princphon in die virtutis Luws: ex utero ant Lucifer genui Le (1)!

V. — La gloriense exaltation de Jésus-Christ n'inter rompt point :x religion de sa piété filiale envers son Père : son Cœur reste toujours un cœur de fils, avee des dettes Qu'il aime ei veut éternellement payer, sans les éteindre jamais.

Continuer d'accoriplir à jamais cette première œuvre de justice qu est la reconnaissance pour les bienfaits recus du divin Père, et spécialement pour la gloire dont il le couronne et pour Ja félicité dont il le comble ; — puis, remplir cette autre obligation d'honne r, d'adoration ct de soumission qui lie l'âme humaine envers Ja majesté du Créateur, même quand elle est parvenue au faite de la sainteté et des grandeurs déifiques, — c'est pour le Cœur Sacré nn des éléments de son bonheur dans le ciel.

En effet, encore qu'assis à la droite de son Père, Jésus vit, en tant qu'homme, prosterné intérieurement devant sa Majesté divine. IL fait de son trône de gloire un autel de sacrifice éternel sur lequel il offre à son Père les hommages de son culte, de son amour, de sa dépendance. C'est toujours la religion de sa pisté filiale, inaugure dès le sein de Marie, ciel de la grâce ivi-bas, qu'il continue pendant l'éternité dans le ciel de 1a gloire. Un seul caractère de cette augnste et gloriense religion a ‘isparu: celui de la souffrance et de l'humiliation, qui re sauraient entrer là

(1) Ps. cix.

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d'où est exclu le péché. De simples signes extérieurs, mais j glorieux aussi, tels que les stigmates resplendissants des cinq Plaies, rappellent la Passion; ja prière. encore que | très humble de ce Prôtre, le plaidoyer de cet 2 eut, encore que sans cesse repris avec d'ardentes instances, paree que la cause a toujours besoin d'ètre gagnée en faveur de nouveaux clients, — priére et plaidoyer excluent l'angoisse et l'incertitude : c’est le souvenir de la Passion autrefois souflerte représenté aujourd'hui dans l'ullésrresse bien mérite: de la mort subie une fois, ravivé dans la paix du succès confirmé, Et parce qu'alors le Cœur du Fils accepta toutes les amertumes et toutes les meurtrissures pour l'amour et la satisfaction du Père, maintenant le cœur du Père s'inl line toujours aux désirs de son unique Bien-Aïmé!

Oh! Ja douce, sainte et paisible religion du Cœur filial de Jésus, à laquelle s'unissent la reconnaissance et la soumission de tous les élus, et qui remplit de ses perpétuels hommages le sanctuaire éternel ! C'est la religion du Cœur qui parait inmolé, à cause de l'ouverture purpurine de a plaie, mais qui est vivant de toutes les vies, heureux dé teutes les joies !

VI. — Comme si cette religion de gloire sans mélange dans le ciel ne sutlisait pas aux ardeurs de Pamour filial de Jisus pour son Père, ce Fils dévoué, qui a pourtant consommé tout le mandat paternel 1ei-bas, veut, par le surcroit sans mesure d’un zéle inattendu, y joindre le À culte d’une piété où, l’humiliation remplacant la souffrance, 1 toujours et nécessairement exelue de l'état gloritié du Christ, 3 se mêle à sa gloire jusqu'au point de la voiler et de la faire j disparaître dans un état étrange et abaisse à l'excès, qu'on | uppelle l'état eucharistique.

Chaque maün, à chaque instant du jour sur un point > divers de cette terre de péché, toujours portée à quelque révolte contre Dieu, à quelque profunation de son saint

TL — LA CITÉ PILIALR ENVrNS LE Pinr 195

ne ann trcmqneengn ee + — —

Nom, à quelque mngrut abus de sa bonté, — chaque matin, pour protester par su relision profonde, par sai soumission sans réserve, Pt Su Srutitude sans oubli. le L'ils de Di u, poussé par son zele pour son Pere, descend du trône de si gloire, sans pourtant le quitter, et se couslitue sur Fauutel eucharistique une victime uimmole réellement, par le “laive spirituel de l'humiliation sus Mmésure, l'éti entel qui le saisit et l'anéuntit. Ce que le Fils di

fait notre Hostie. subit, par suite de cet état, d'outrus épris et d' bandons pe se peut dire, Il embrasse e! porte tout ce Fhnilité La plus sincère, l'amour Hénéreux, utin de pouvoir olivir ce renouvellement universel et perpétuel de sa Passion et de sa moit silisfaction de son Père, à Ju réparation de ses droit

à la sunctilication de son Nom, à l'avènement de soi " ici-bus, Tant qu'il v anrx sur terre un seul des « < udoptifs du divin Péôre révolte CONS St inajesté à gr envers su bonté, Jésus, le Fils toujours fidèle, Jésus Le Fi

glorifié, quittera son repos el Viendra satisfaire La p TE son Cœur envers son Pere, en répurant su gloire «

pur le sacrilice de lui-méme di: ns les anéantise ts d

l'Euchuristie !

Gest le triomphe de l'amour filiul pour Dieu!

La Bienheureuse, instruite par Jésus Hiinéme de font les secrètes opérations de son Cœur, recul la contiden dé ces puissantes satisfactions offertes par Poomour ülia dans le Sacrement aux droits méconnus de ludorable laternité, de ces réparations victoricuses Oppostes pur le l'ils iidéle aux ingratitudes des fils révoltés : « Lorsque tu sentiras appesantir ma sainteté sur toi. tu dois élever ton cœur el tes mains au ciel, par prières et bonnes “ænvres We présentant continuellement à non Pére comme une Victime d'amour immolée et offerte pour les péchés de tont le monde ; me mettant comme un rempart et un fort assure entre sa justice el les pécheurs, tin d'obtenir mu iisér-

49 LES AMOURS PU SACRÉ-CGŒErTN

— —— ete ,

corde, de faquelle tu te sentiras environnée lorsque je voudrai faire grâce à quelqu'un de ces pécheurs, C'est que tu me dois offrir à mon Pére, comme l'unique objet de +64 amoureuses complaisances, en action de grâces de La misé. ricorde qu'il exerce envers les pécheurs... »

Et encore : « Lorsque je te ferai connaitre que la divine justice est irritée contre eux, tu me viendras recevoir pur la sainte communian ; et ir'ayant mis sur le trône de ton cœur, tu m'adoreras en te prosternant sous mes pieds: tu m'osriras à mon Père éternel, comme je te l'enseignerai, pour apaiser sa juste colère et fléchir sa miséricorde à leur pardonner (1). »

La piété filiale de Jésus pour Marie,

Après Dieu le Père dans les cieux, le Cœur de Jésns entourait de la reconnaissance et dun respect de sa piété filiale Marie sa mère et Joseph son pére sur la terre, Encore que soit bien différent en nature et en valeur le titre que chacun de ces êtres augustes avait à l'amour de cet enfant unique entre tous, nous ne voulons pas séparer ceux que le même amour vnissait en une même sollicitude paterneile sur l'enfant, et ceux que l'enfant honorait d'une même tendresse : le divin Père, Marie et Joseph.

L'Evangile a écrit en deux courts passases la piété filiale de Jésus pour Marie et Joseph, ainsi que les droits de ces parents privilégiés à la recevoir, — Voici le premier. « Votre père et moi nous vous cherchions dans l'affliction de nos cœurs, » — Voici le second: « Il descendil avec eux à Nazareth et il leur était soumis (2). »

(1) Vie et Œuvres, t. 1, p. 84 et 1X9 (2) Lue., 1, 3S 01,

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Ve — PIÊTÉ FILIALE ENVENS MARIE 197

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Nous traiterons d'abord de la très douce merveille de piété filiaie qui remplisenit Je Cnr de Jésus pour sa mére. I semble qu'il y aurait faute impardonnable, dans un livre destiné à éXposer le mystère du Sacré-Cœur, à ne pas évoquer le nom et l'inage de Marie, à ne pas montrer lu

place qu'elle tint dans ce Cœur et Ja part qu'elle y occupe encore,

La Bienheureuse écrit « que l'aimable Cœur de Jésus Jui fut un jour représenté dans un lieu “minent, spacieux et d'admirable beauté, avec sa plaie jetant des rayons si ardents et si lumineux que tout ce lieu en était éclairé et échaufté, La trés sainte Vierge était à côté. » — Voilà sn place : Marie est inséparable du Cœur de son Fils Jésus.

La Bienheureuse ajoute : « Marie nous invitait par ces paroles maternelles : « Venez, approchez-vous, car je veux vous rendre dépositaires de ce précieux trésor que le divin Soleil de justice a form dans la terre vierge de moi cœur, où il a été cachs pendant neuf mois (1). » — Voili la mission de Marie : donner le Cœur de Jésus, qui lni appartient comme Jésus lui-même, le fruit de ses entrailles,

TL. — Le lien qui unit Jésus à Marie et fonde sa piété filiale est composé de ces traits sacrés : le sang de sa mère, dont fut formée sa chair par l'Esprit-Saint ; le lait virginal dont elle le nourrit pendant sa petite enfance : la tendresse, les soins, les sollicitudes maternelles dont elle l'entoura constamment. Il y faut joindre l'amour intelligent, généreux et élevé qu'elle lui offrit sans cesse, dont elle le réchau‘:, le nourrit, le rassasia, satisfaisant à l'immense besoin d'être aimé, qu'il éprouvait à l'égal des droits qu'il en avait; plus encore Ja sainteté éminente de toutes ses

(D) Vie et Œuvres, €. [I. p. 204,

vertus, où Jésus trouvait un hominage à ses perfections infinies, non moins qu'un concours digne de sa grande œuvre de restauration suinaturelle ; enfin, et surtout, les souffrances de Marie, sa puissance à souffrir, sa volonté de souffrir, les vertus sublimes de sa souffrance, qui permirent au Verbe incarné d'associer Marie à la rédemption et de fure de sa Mère la co-rédemptrice du monde.

Murie employa au service de son Fils, avec une fidélité st une générosité qui ne se démentirent pas un seul instant, les trésors de son immaculée conception, de sa virginité, de sa divine maternité. Cette dernière préropative était de dignité et de valeur à peu près iutinies, portant aux proportions de l'infini ses forces, ses vertus et “es souffrances. De celles-ci, aucune mesure humaine ne peut apprécier l'étendue, la profondeur et lamertumit, sinon Celui pour qui Marie les endura. Elle y dépensu loute sa vie et s’y dépeusa elle-même sans réserve, r'esuldant comme une fonction de sa maternité d’oftrir son Fils, qu'elle aimait plus qu’elle-même, en sacrifice à Dieu, prêtre intrépide, debout au pied de la Croix, comme eile l'avait présenté avec joie dans ses bras aux udorations des bergers et des mages. Elle accrut encore les droits de sa maternité à l'affection fiiale de Jésus, en demeurant ici bas Joisqu'il monta au Ciel, ulors qu'il semblait qu’elle dû triompher avec lui, et cela pour offrir à sa présence eucha ristique les adurations et les hommages de son «mou maternel ; pour attacher aussi au tubernuele de sa myslérieuse présence les premiers chrétiens.

e Cœur de Jésus se sentait pris et engagé dans un lien nouveau par chacun des actes d'amour, de vertu, de Jévouement. de service et de fidélité de sa mère ; chacune de ses angnisses le resserruil:; chacune de ses larmes brüûlantes le scellait: chacune de ses douleurs le soudait pius étroitement, le fondait plus indissolublement ! Sa mère Jui à littéralement captivé le Cœur: elle y est entrée ; elle Pa emporté, elle le possède tout entier à jamais.

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