‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 95 sur 224 · IT. — LA PONTÉ · texte numérisé non relu

IT. — LA PONTÉ

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qui par ce moyen pourront redevenir el demeurer ses enfants éternellement vivants, éternellement aimants.

Et tantôt ils se rabaissent sur les Apôtres avec bonté : il y brille une elurté de joie très douce qui se voile par monent d'un nuaue de tristesse : ils sont ses amis et «es enfants ; ils ont tout quitté pour lui : il connait leur sincère attachement ; il vient de se donner à eux: il vit en eux et il leur laisse le moven d'être définitivement vietorienx de leurs ennemis, fût-ce par leur propre mort: car la mort ne peut rien contre eeux qu'il met en possession du Pain de la résurrection et de la vie éternelle, De là la joie de son regard, reposé sur eux avec complaisance, — En mêine temps, il voit clairement le rude chemin où ils vont entrer, la fureur et la perfidie du monde, soulevé contre eux par la haine irréconciliable que Satan leur porte à eause de Iui; il voit leurs souffrances et la privation où il les laisse de sa présence visible ; la tristesse a rempli leur eur quand il leur a dit que sur l’ordre du Père il devait les quitter pour retourner à lui. Son Cœur est plein de leur peine, et iléclaterait en sanglots si, pour les consoler et se consoler lui-même, il ne pouvait les assurer qu'il ne les quitte pas en réalité, et qu’à sa présence humaine il substituera cette présence sacramentelle, qu'il inaugure à ce moment. C’est encore sa présence réelle et personnelle, tout aussi efficace que l’autre et tout aussi précieuse, leur donnant même, par la manducation de sa chair, plus qu'ils n'avaient dans sa conversation sensible; seulement, elle veut être saisie par la foi et elle n’agit que sur lesprit. — « Non, mes r.‘ enfants, non, mes bien-aimés, je ne vous laisserai ;.. orphelins. Je m'en vais, mais je reviens, afin que, partout où vous serez, j'y sois aussi. Et je suis avec vous tous les jours jusqu’à la consommation des siècles ! »

Il attirait Jean sur so: Cœur et il l’y gardait longuement, traduisant dans cette marque d’intime et familière tendresse ces paroles d’infinie bonté : « Demeurez en moi ; demeurez dans mon amour. Celui qui demeure en moi, je me mani-

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festerai à lui et lui découvrirai tous mes secrets. Si vous demeurez en moi, mon Père vous aimera, et nous viendrous en vous et nous ferons en vous notre séjour, »

Ah! qu'il réalisait admirablement alors la perfection dn donateur aimable et souriant, heureux du bien qu'il fait : In omni dato hilarem fac vultum tuum (1)!

I n'oubliait pas que « l'homme vraiment bon abonde en paroles gracieuses (?) », et le discours après la Cène, le plus long peut-être qu'il ait tenu dans sa carrière aposto- Jique, est conforme à la grandeur du don qu'il faisait alors, le plus grand des dons, et à l’effusion de bonté qui sortait de son Cœur, la plus riche de toutes ses effusions. Nous ne pouvons le reproduire tout entier ce discours composé des tendresses du Frère, des confidences de l'Ami, des encouragements du Père, des exhortations du Chef, des assurances du Prophète, et qui se termine par l'épithalame de l'union indissoluble de l’äme nourrie de l’Euchaxistie, demeurant et vivant en elle, avec le Fils de Dieu, et de l'unité glorieuse du Fils avec son Père.

Quelques échos seulement du chant de fête et du cantique de joie que Jésus voulut faire retentir au fond des cœurs pendant le festin spirituel où il donnait si libéralement à ses convives le pain de sa chair et le vin de son sang.

« Que votre cœur n'ait point penr! Vous croyez en Dieu! croyez aussi eu moi!

« Demeurez en moi, comme je demeure : 1 vous. Comme le rameau ne peut porter de fruit s’il n'est uni au cep, ainsi de vous, si vous ne m'êtes unis. Je suis la vigne, vous en êtes les branches: celui qui demeure en moi porte beaucoup de fruit, car sans rioi vous ne pouvez rien faire.

(D) Eh xxgv, JE (2?) Lingua eucharis in bono homine abundat. (Eccli., vi, 5.)

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