‹ Somme de la prédication eucharistique [microforme]Chapitre 97 sur 224 · III. — LA BONTÉ 320 a · texte numérisé non relu

III. — LA BONTÉ 320 a

prend que saint Paul ait dit qu'une des paroles que Jésus répétait le plus étuit celle-ci : « Il v a plus de bonheur à donner qu’à recevoir : Bealius est mayis dure quuin accipere (1)! » C'est vraiment le cri du Cœur de Jésus !

Concluons. — Le don, le bienfait, lorsqu'ils sont départis dans certaines conditions de générosité et de bonne grace, sont la démonstration manifeste de la bonté du cœur, L'Eucharistie, don substantiel de Jésus-Christ, fait avec une libéralité sans mesure, une magnificence sans limites, une allégresse sans réserve, est la révélation de la bonté infinie de ce Cœur où la Bouté divine par essence était descendie pour se répandre sur toute créature jusqu'à la fin : pour ia remplir de vie, de sainteté et de bonheur pendant toute l'éternité; pour montrer enfin comment Dieu est bon pour ces êtres de néant et de péché, dont il a fait pourtant ses enfants infiniment aimés. C'est le témoignage indiscutable de la Sagesse elle-même : « Substantia enim tua dulcedinern luain quan in Jilios habes demonstrabat (2j!

Cette démonstration de sa Bonté, le Christ-Sauveur la faisait pour gagner l'humanité et la rendre à son Créateur, soumise et recounaissante, La soumission et la reconnaissance sont en effet les liens les plus lies de religion.

Jésus-Christ savait que «le bientaut le moyen de s'ouvrir, large et spacieux, le chemin des cœurs, méme les plus fermés par leur orgueilleuse et jalouse indépendance (3). » Pour faire plier les volontés, il voulut les

(1) Omnia ostendi vobis quoniam.…. oportet... meminisse verbi Domini Jesu, quoniam ipse dixit : Beatius est magis dare quam accipere. — Hoc verbum nusquam eatat scriptum : illud vero disisse Christum, Paulus, Apostolorum traditione vel revelatione accepit. (Corn. a Lap. in Act., xx, 35.)

(2) Sap., xvi, 16.

(3) Donum hominis dilatat viam ejus, et ante principes spatium ei facit. (Prov., xvint, 16.)

Li CŒUR LE JÉsys-CHRIST. — T, IL 49

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926 LES AMOURS DU SACRÉ-CŒUR RS ééE

altendrir et les fondre sous la chaleur irrésistible de lu bonté : car de les vouloir soumettre de force, on les brise.

Il savait aussi que « Celui-là sera béni qui est prompt à la pitié et qui donne largement de son pain ; que celui qui sait multiplier ses bienfaits sans compter, est un victorieux qui se fera acclamer et honorer par tous : car ses dons lui ravissent tous les cœurs : Victoria et honorer acquirel qui dat inunera ; aninam autem aufert accipientiur (1). — La tâche entreprise par le Sauveur était de faire régner Dieu sur le monde en s'emparant des cœurs par l'amour. Il x donné le pain; il l'a donné précieux, succulent, abondant, propre à tous, contenant toutes Les grâces nécessaires à lu vie présente et tous les gages de la vie éternelle. Donner le pain, c’est donner la vie : il est juste que toutes les bouches rassasites de ce pain de vie, réjouies par sa suavité, rendues fidèles par sa force, acelinent leur bienfaiteur de leurs bénédictions et lui prêtent le serment d’une reconnaissance fidèle : Splendiduix in punibus benedicent et teslimonium veritatis itlius Jidele (2).

S'il était besoin d’une conclusion pratique à cette étude. nous la formulerions en peu de mots, prenant soin de la rendre conforme au dessein miséricordieux poursuivi par le Sacré-Cœur dans la manifestation de sa Bonté.

Ce serait d’abord de croire en la Bonté de Dieu d’une foi certaine et confiante; de nourrir et de défendre celte foi vivifiante contre toutes les tentations de la défiance, de l'égoisme et de l’orgucil ; enfin, de l’amener, à force de soins et de fidélité, à être comme le sentiment dominant, l'atmosphère ambiante de la vic: Sentite de Domino in bonitate (3).

(1) Qui pronus est ad misericordiam benedicetur : de panibus enim suis dedit pauperi. Victoriam, etc. (Prov., xx1r, 9.)

(ECC XEXI, 28.

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Penser bien de Dieu, penser du bien de lui,le voir toujours dans la douce luniére de su bonté; creire que Le Cour qu'il s'est donné en s'incarnant, ne peut ètre que bon ; expliquer toutes ses conduites, même les plus obscures elles plus crucitiuntes, par sa Bonté, lui disant avec reconnaissance : « Seigneur mon Dieu, vous avez toujours ui envers moi selon toute votre infinie Bonté (1). »

Penser assez bien de Jésus, de su sincérité et de sa condescendance, pour venir recevoir le Pain de sa Bonté autant, aussi souvent qu'il l'offre, c'est-à-dire tous les jours, en triomphuant des détiances et des timidités de notre nature orgucilleuse, et en faisant, pour se rendre digne d'un tel bienfuit, tous les efforts, tous les sacritices dont, avec su gräce assidüment et humblement demandée, on est capable : ce serait honorer sa Bonté par l'usage salutaire du meilleur de ses dons, et, en nous donnant à lui, dans ectte communion qui exive le don réciproque dans Ja mutuelle manducation et le mutuel amour, ce seruit rendre à Jésus ce qu'il attend par-dessus tout : don pour don : ba Allissino secundum daluin ejus (?) !

Eotin, Divu voulant que dans tout hommage que nous lui rendons se trouvent pour nous des avantages aussi précieux à posséder que légitimes à désirer, prier avec la confiance habituelle en Ja Bonté divine, chercher Dieu duns sa Bontt, c'est ètre assuré de le trouver et de voir toutes nos prières exaucées : Manus Dei nostri est super unnes qui quærunt eur in bonilate (3).

Le Sauveur disait à la Bienheureuse : «' Tu ne manqueras de secours que quand je manquerai d'amour! Je veux faire de toi un composé de mes miséricordes (4) ! »

(1) Fecisti in nobis, Domine Deus noster, secundum omnem bonitatem tuam, et secunduin omuem mmiseratioucm tuam illatm masoam, (Baruch, 11, 27.)

(ATÉGCIR eXR XV, Le:

(SM IMESOr., VITE, 22.

(4) Tom. I, p. 05.

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