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considère avec les événements qui s'y accomplirent ; elle note les changements de frontière, la fondation et la destruction des villes, etc. ; on peut la diviser comme l'histoire (ancienne, du moyen âge, moderne). On pourrait distinguer encore les géographies militaire, commerciale, industrielle, économique, etc.
La géographie s'est développée à mesure que la terre était mieux connue des peuples commerçants et des peuples conquérants. Les Phéniciens avaient semé des comptoirs sur tout le littoral de la Méditerranée et au-delà ; ils firent peut-être le tour de l'Afrique. L'un d'eux, Hannon (vers le vi* s. avant J.-C.) a écrit le Périple qui porte son nom et dont une traduction grecque a été conservée Il explora une partie des côtes occidentales de l'Afrique. Alexandre ouvrit à ses contemporains les portes de l'Orient. Les Romains dressèrent des Itineraria pour tout l'Empire. Pomponius Mêla a laissé sous le titre de : De situ orbis ou Chorographia, une description du littoral de la Méditerranée, de la mer Noire, de la Caspienne et de l'Atlantique. Son catalogue comprend environ i,5oo noms géographiques. Eratosthène, Hipparque, Strabon, Ptolémée, auteur d'une Géographie en huit livres, cultivèrent la géographie dans un esprit vraiment scientifique. Les conquêtes des Arabes, les croisades provoquèrent des découvertes géographiques ; un envoyé de S, Louis (Rubruquis) alla jusqu'au fond de la Mongolie. Les expéditions des Portugais aux Indes, la découverte de l'Amérique rendirent enfin la géographie universelle. Mais le centre de l'.Vfrique n'a été connu qu'à la fin du xix' siècle. Citons, parmi les géographes modernes : D'Anville, Malte-Brun, Balbi, Vivien de Saint- Martin, les Reclus. Des Sociétés de géographie existent dans les principales villes •.
Topographie. Cartographie. Ghorographie. — La topographie ou lever des plans est l'art de représenter un lieu, un pays, avec sa contiguration, ses reliefs et ses accidents. La topographie relève essentiellement de la trigonométrie ^ ; elle fait partie de la cartographie, art de dresser les cartes, dont les perfectionnements sont parallèles aux progrès de la géographie. La topographie est indispensable, en particulier, à l'art militaire ; elle est cultivée avec soin dans l'armée française. Elle dilTère de la chorographie, qui est la description générale d'un pays : la topographie en est la description exacte et détaillée.
Orographie ou oréographie. Spéléologie. — C'est cette partie de la géographie qui s'occupe de la description des montagnes. L'importance extrême de celles-ci en géographie physique et politique, de même qu'en géologie, explique l'intérêt et l'utilité des études
' V. Dictionnaires et Revues de géographie ; ouvrages des géographes contemporains (dans le Répertoire bibliog.); de Lapparemt : Levons de Géographie. — * V. géométrie 1078.
igS ENCYCLOPÉDIE : II* VOLUME
orographiques. A l'orographie on peut rapporter la spéléologie ou étude des cavernes, dont plusieurs sont de véritables merveilles.
Climatologie. — L'étude ou la science des climats et de leur influence peut se rapporter à la géographie ; mais il est évident qu'elle est liée également à la météorologie et aux autres sciences physiques. Elle constitue une de ces connaissances fort complexes qui se refusent à toate classification rigoureuse. Nous la connaîtrons mieux en parlant de son objet i.
1100. — Astronomie. Cosmographie. Uranographie. — Gomme l'étymologie l'indique, l'astronomie est la science des astres et de leurs mouvements. On donne le nom de cosmographie ou d'uranographie à l'astronomie descriptive, et celui de mécanique céleste à l'astronomie mathématique. Toutefois celle-ci s'occupe plutôt des lois des mouvements et des dimensions des systèmes, tandis que la mécanique céleste recherche principalement les causes. Vastronomie physique, moins élevée, s'occupe plutôt de la constitution et de l'état des mondes ; et c'est elle surtout que nous plaçons ici à la suite des autres sciences physiques et naturelles.
Les plus célèbres observateurs du ciel dans l'antiquité furent les Ghaldéens, et, après eux, les Egyptiens et les Chinois ; mais l'ancienne astronomie fut trop souvent entachée de superstition et se confondit avec l'astrologie. Chez les Grecs, les plus anciens astronomes sont Thaïes et Pythagore. Le premier aurait connu la sphéricité de la terre, l'obliquité de l'éclip tique et la cause des éclipses, la rotation du globe terrestre sur son axe et sa révolution annuelle autour du soleil. A l'école d'Alexandrie, l'astronomie se développa ; au gnomon, déjà employé par Thaïes, s'ajoutèrent des instruments ingénieux, qui facilitèrent les observations et les calculs. Les principaux astronomes d'alors sont : Aristarque de Samos, qui essaie vainement d'accréditer les idées de Pythagore ; Hipparque, qui invente l'astrolabe, découvre la précession des équinoxes, etc. ; Sosigène, que César appela à Rome pour réformer le calendrier ; Ptolémée enfin, auteur de l'Almageste, dont le système astronomique prévalut malheureusement et si longtemps. Il plaçait la Terre au centre du monde et supposait que les astres tournent autour d'elle : c'était aussi l'idée d'xiristote. Les astronomes arabes, initiés par les chrétiens d'Orient, cultivèrent à leur tour l'astronomie et dressèrent des tables plus exactes que celles de Ptolémée. Le système de ce dernier ne fut réfuté que par Copernic. Encore les idées de Copernic ne prévalurent-elles pas d'abord. En les soutenant indiscrètement et en paraissant attaquer l'Ecriture, GaHlée les compromit un instant. Mais le système de Copernic ne tarda pas néanmoins à devenir incontestable, pendant que l'invention
* V. climat, AS» volume.
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et le perfectionnement des lunettes astronomiques permettaient de grandes découvertes. Citons encore, parmi les astronomes célèbres : Tycho-Brahé, Kepler, Newton, Herschell, Lagrange, Laplace, Arago, Le Verrier. L'invention du spcctroscope et les progrès de la photographie i ont fait faire de nouveaux progrès à l'astronomie. Il n'est plus douteux aujourd'hui que le soleil et les astres sont composés des mêmes éléments que la terre 2. — Les anciens avaient personnifié l'astronomie dans Uranie, la première des Muses. On la représentait avec une sphère, une couronne d'étoiles, des instruments de mathématiques.
Cosmogonie. — Cette science relève à la fois de la cosmologie ou philosophie de la nature < et de Vastronomie. Elle diffère néanmoins de la première en ce qu'elle ne recherche pas toutes les premières causes du monde, mais les premières dans l'ordre sensible et scientifique. Elle dilTère de l'astronomie en ce qu'elle considère moins l'état actuel du monde que ses origines et ses modes de formation possibles. Sans parler des légendes indiennes et d'autres cosmogonies inventées par les poètes. Descartes essaya d'expliquer la formation du monde d'une manière toute mécanique, au moyen de tourbillons de matière. Laplace s'est appuyé sur l'idée newtonienne de la gravitation et aussi sur l'hypothèse de la condensation progressive des nébuleuses et de leur transformation en astres resplendissants, qui s'éteignent ensuite. La Terre, d'abord ignée et même nébuleuse ou fraction de nébuleuse, n'aurait pas d'autre origine. La vie aurait apparu sur le globe, quand le refroidissement aurait été suffisant. La géologie nous apprend comment se formèrent les couches du globe ; la paléontologie nous montre dans quel ordre apparurent les végétaux et les animaux ; V anthropologie enfin raconte l'histoire de l'homme. Paye ^ a corrigé l'hypothèse de Laplace. Considérée dans ses grandes lignes, cette évolution de la nature n'offre rien d'inadmissible et paraît même s'accorder très bien avec les premiers chapitres de la Genèse. Mais elle n'est qu'une hypothèse scientifique, qui peut être remplacée par une autre ou modifiée sur des points importants. On peut donc l'admettre provisoirement et pourvu qu'il soit bien entendu que le monde, sous sa forme tout à fait première, a été créé de Dieu, qui est aussi l'Auteur immédiat de la vie ou de l'apparition des premiers êtres vivants, des espèces proprement dites et de l'honnne en particulier =.
' V. plus haut io85. — * V. les traités d'astronomie. Au point de vue apolog^élique : Ortolan, Astronomie et lhéolo<jie. — ' V. loaS. — * De l'Onyine du inonde, théories cosmogoniques ; iSyt), o* éd. — * V. Dliluk de Saint- Projet, Apologie scientifique ; Glibert. Les Origines, etc.