‹ Somme des connaissances humainesChapitre 44 sur 49 · N" 1098. GÉOLOGIE · texte numérisé non relu

N" 1098. GÉOLOGIE

l'art de travailler les métaux est des plus anciens ; mais la minéralogie n'a été constituée comme science que dans ces derniers siècles. Citons cependant les traités d'Aristote et de Théophraste sur les minéraux. Au moyen âge, la minéralogie suit la fortune de l'alchimie. En i5'40, G. Agricola publie à Bâle De rc metallica. Deux siècles plus tard, Linné remarque la valeur des formes cristallines dans la classification des minéraux. Toutefois il était réservé à Haûy de créer la cristallographie. Des traités de minéralogie ont été publiés par Haûy, A. Brongniart, Dufrénoy, et, dans ces dernières années, par M. de Lapparent.

Cristallographie. — Connaître les cristaux et les relations de forme qu'ils ont entre eux, tel est l'objet de la cristallographie, dite quelquefois cristallologie. Elle est utile au chimiste, aussi bien qu'au minéralogiste et au géologue, pour distinguer les corps. On mesure l'angle des cristaux avec le goniomètre. Les anciens naturalistes connurent certains cristaux, entre autres le cristal de roche, mais les regardèrent comme un jeu de la nature. Le premier traité de cristallographie, dû à Rome de Lisle, date de 1772. Mais ce fut Haùy qui, ayant reconnu l'existence du clivage, en 1781, découvrit la loi de dérivation et la loi de symétrie qui régissent les formes cristallines K

1098. — Géologie. — C'est la science de la terre, de sa constitution, de la disposition de ses matériaux, de son développement à travers les âges ou de sa double évolution, à la fois physique et organique. Comme on le voit facilement par les fossiles, ces deux évolutions sont intimement liées l'une à l'autre. Dès 1075, Bernard Palissy s'élevait contre ceux qui regardaient comme de simples jeux de la nature les coquilles enfouies au sein de la terre ; il sou tint que les fossiles sont des restes d'animaux et que la mer avait jadis couvert les continents. Mais ces idées alors ne furent pas comprises. En 1785, Hutton publiait sa Théorie de la terre et fondait l'école des plutoniens ou vulcanistes, qui expliquent par le feu l'origine du globe. En 1787, Werner publia une théorie contraire et également exclusive, celle des neptuniens. On a reconnu depuis que le feu et l'eau ont également concouru, mais à dilTérentes époques et de diverses manières, à la formation du globe. Citons, parmi les géologues célèbres : Cuvier, Elie de Beaumont, auteur de la Carte (féolofjique de France ; M. de Lapparent, auteur tl'un Traité de géoixiie -.

Hydrologie. — Cette science naturelle, ([ui confine à l'hydrographie et en fait même partie, a aussi des rapports spéciaux avec la médecine ; car elle étudie, dans les eaux naturelles, leurs diverses

* V. minéraux, cristaux, iV volume.

* V. terre, roches, terrains, fossiles, etc., 43* volume.

1^6 ENCYCLOPÉDIE ! Il* VOLUME

propriétés : physiques, chimiques, thérapeutiques. Il lui appartient donc de déterminer les qualités et l'usage des eaux thermales, minérales, etc., qui sont aujourd'hui si souvent recommandées.

Hydrographie. — Liée intimement à la géologie et à la géographie, cette science s'occupe de toutes les eaux terrestres^ soit superficielles, soit souterraines. Les cartes qu'elle dresse relatent le régime des lacs, des cours d'eau, des sources, des puits artésiens, etc. Elles marquent aussi, et ceci est bien plus important, le plan des côtes et des îles, la place des écueils, récifs, bancs de sable, la direction et la vitesse des courants, les profondeurs de la mer. On attribue encore à cette science tous les calculs de la position occupée par un navire en marche. Confondue d'abord avec le pilotage i, l'hydrographie maritime a pris un grand développement et une extrême importance avec le progrès du commerce maritime, l'invention de la boussole et autres instruments scientifiques utiles à la navigation. Il existe, dans les ports principaux de France, des écoles gratuites d'hydrographie. Le Bureau des longitudes, le Dépôt des cartes et plans de la marine et le corps des ingénieurs-hydrographes rendent des services indispensables à cette science par leurs pubhcations (tables nautiques annuelles, cartes).

Géodésie. ~ C'est la science des opérations nécessaires pour lever la carte d'un pays, mesurer un arc de méridien et le Globe entier lui-même. Liée dès lors à la géographie, à l'hydrographie, etc., la géodésie est en même temps vine branche des mathématiques 2.

1099. — Géographie. — Considérée comme simple description de la terre ou topographie, la géographie se ramène à l'histoire de la nature : elle succède à la géologie, qui en est le fondement. Mais, dès que la description de la terre est raisonnée et scientifique, elle intéresse et comprend de quelque manière les sciences mathématiques et physiques, la politique, l'histoire, etc. La géographie ramène ainsi à elle toutes les connaissances. On peut donc distinguer : la géographie mathématique et astronomique, qui traite du globe et de ses rapports avec le reste du ciel ; — la géographie physique, qui décrit le relief terrestre et la distribution des eaux ; elle comprend la géographie physique proprement dite et la géographie biologique, qui se subdiviseen botanique et zoologique : celles-ci étudient les distributions géographiques des animaux et des plantes ; — la géographie politique, c'est-à-dire celle des Etats, des langues, des religions, des races ; et ici nous rencontrons de nouveau l'ethnographie et les sciences sociales ; — la géographie historique, qui n'omet jamais les rapports des pays ou des lieux qu'elle

1 V. pilotage, navigation, 12' vol. — * V. géométrie, triangulation 1078.

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