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sur les œuvres admirables qui nous entourent, contemplons les institutions scientifiques et charitables qui parsèment le sol béni de notre chère patrie. Oh! non, la sollicitude de l'Eglise n’a point dégénéré, elle s'est transformée et agrandie avec les circonstances, car elle s'adapte à toutes les situations et fait face à toutes les éventualités. Peut-on citer une douleur qu’elle n'ait soulagée,une ignorance qu’elle n’ait éclairée de ses enseignements ? Le monde, dans son froid égoïsme, repousse les petits et les pauvres, l'Eglise les recueille et les presse sur son sein ; elle suscite en leur faveur d’héroïques dévouements, elle envoie pour les instruire des légions d'hommes dévoués et des essaims de vierges. Quel est donc le secret de cette inépuisable tendresse, de cette sollicitude universelle qui embrasse à la fois toutes les générations, tous les peuples et tous les individus ? Ce miracle s'explique par un seul mot : l'Eglise est notre mère !.…
Et qui donc oserait douter du tendre intérêt que l'Eglise porte à l’éducation, quand on voit l’illustre représentant du Saint- Siège quitter les graves soucis d’une importante et délicate mission pour venir nous apporter la royale aumône de ses conseils ? Ah ! Monseigneur, soyez mille fois remercié, car, comme le divin Maître, comme l'Eglise, notre sainte mère, vous laissez venir à vous les petits enfants pour les encourager et les bénir.
Vous venez de voir, dans ce court exposé, la synthèse très incomplète des bienfaits que l'Eglise a répandus sur l'humanité. Ne semble-t-il pas qu'un concert universel d'actions de grâces devrait s'élever pour exalter un dévouement si sublime et des services tant de fois séculaires ? Et pourtant, le croirait-on ? Nulle part l'Eglise n’a été attaquée avec plus d’acharnement que sur le terrain de l'éducation ! Les persécutions ont ensanglanté sa robe, les hérésies ont nié ses dogmes, les schismes ont déchiré son.unité, d’ingrats usurpateurs lui ont enlevé son domaine temporel, et elle a continué sa route, calme dans sa foi, inébranlable dans son espérance, sublime dans sa charité ; mais hélas ! une douleür suprême était réservée à son cœur de mère ! L’impiété en délire a arraché de son sein les enfants qu’elle nourrissait et
les a livrés en pâture à l’athéisme ! Elle a vu disperser les con-
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grégations auxquelles elle avait confié l'éducation de la jeunesse ; elle a vu enlever le crucifix des écoles ; elle a vu ses fils arrachés du sanctuaire pour être jetés dans les camps et dans les casernes ; on l’a spoliée des biens qu’elle avait acquis par de longs siècles de travaux et de sueurs, et pour mettre le comble à tant de rapines et d’injustices, on lui ravit jusqu’à l’âme de ses enfants |! Ah ! l'Eglise ne résiste à de si terribles coups que parce qu’elle est immortelle et que son existence repose sur le roc inébranlable de la parole de Dieu.
Monseigneur, pour terminer la tâche que nous avons entreprise, il nous faut maintenant parler de l'Etat, c’est-à dire de ce César anonyme, de ce despote sans entrailles qui prétend tout absorber à son profit. Examinons ses titres à la lueur des principes. A-t-il, en matière d'enseignement, des droits équivalents à ceux de la famille et de l'Eglise ? Nullement, car il ne possède aucune des conditions requises pour enseigner. Et d’abord, il n’a pas de doctrine. Que dis-je ? il se glorifie de n’en pas avoir. L'Etat centralisateur et omnipotent, tel qu’on le conçoit de nos jours, a répudié toutes les traditions spiritualistes, il se proclame neutre, ce qui veut dire qu’il érige l’athéisme en système de gouvernement. Totalement dépourvu de doctrine, il n’a pas non plus de mission. Ce n’est ni la nature ni Dieu qui lui en ont donné une ; il se l’est tout simplement attribuée à lui-même ou plutôt il l'a reçue des sociétés secrètes auxquelles il sert d’instrument et de levier.
Cette mission, on la connaît, c’est la destruction de la famille ; c’est la guerre à l'Eglise ; c’est la promulgation des odieuses lois qui décrètent l'instruction obligatoire et athée ; c’est la persécution légale et savante à la façon de Julien l’Apostat ; c’est en un mot l’annihilation de tous les droits au profit exclusif de ce tyran insatiable qu’on appelle le Dieu-Etat.
Nous ne prétendons pas qu’il faille toujours et partout exclure l'Etat de l'éducation. La saine raison lui assigne un rôle
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secondaire mais utile ; sa coopération peut être jusqu’à un certain point nécessaire parfois, pour protéger et soutenir les efforts combinés de la famille et de l'Eglise. Mais là se borne sa tâche ; un pas plus loin commence l’usurpation ; or la douloureuse expérience des temps présents nous a appris avec quelle facilité ce pas est tous les jours franchi,
Une secte, audacieuse entre toutes, s’est levée, arborant l’'étendard de la révolte et jurant la ruine de l'Eglise ; cette secte infernale veut détrôner Jésus-Christ et faire mentir l’oracle divin qui donna les nations en héritage au Verbe de Dieu, la franc-maçonnerie dispose d’une armée nombreuse et aguerrie, et, dans presque tous les pays du monde, elle peut s’écrier, comme Louis XIV dans l'enivrement de sa puissance : Z’'Ætat cest moi. De là viennent toutes les lois liberticides qui font trembler pour l'avenir ; de là viennent toutes les entraves et les tracasseries que la bureaucratie officielle ne cesse de susciter. L'Ftat moderne nous inspire une insurmontable défiance ; la neutralité dont il se targue est un mensonge et un leurre, le masque dont il s’affuble dissimule mal son impiété et sa haine. (C’est pourquoi nous sommes forcés de voir en lui un ennemi, et nous nous déclarons partisans de l’idée qui a surgi sur la terre chrétienne de Belgique et qui se résume dans cette formule : Z’Æfaf hors de l'école /
Que l'Etat construise des chemins de fer, qu’il creuse des canaux, qu’il veille aux différents services publics, il y a là un champ assez vaste pour son activité ; mais qu'il ne pénètre pas dans le sanctuaire de l’école, car c’est une terre sainte qu’il profanerait |
Si nous avons osé, nous jeunes débutants, traiter devant Votre Excellence le sujet si controversé de l'éducation, c’est que notre faiblesse s’appuyait sur la puissance intrinsèque et victorieuse des principes, Nous n’avons fait qu’un simple exposé des principes qui régissent cette matière, et nous n’hésitons pas à conclure que les droits de la famille et de l'Eglise sont primordiaux et supérieurs à ceux de l'Etat. Il nous semble que cette conclusion est légitime, elle s'impose à tous des esprits droits et impartiaux; mais depuis que les passions antireligieuses se sont empa-
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rées de cette question, elle a été complètement détournée de son véritable point de vue.
L'école, qui doit être un sanctuaire de paix où les facultés de l'enfant se développent avec la calme le.teur des années, l'école est devenue une arène fiévreuse dont on se dispute la conquête, un terrain brûlant où se rencontrent les enfants de Dieu et les fils de Bélial.
Sur les champs de bataille, c’est autour du drapeau que se concentre l’action et que se portent les plus terribles coups, car la patrie succombe ou triomphe avec lui. Dans la guerre scolaire, l'enjeu de la victoire est mille fois plus précieux, cet étendard qu’on veut conquérir ou garder, c’est l’âme innocente de l'enfant ; or si le drapeau est le symbole de la patrie, l'âme est l’image de Dieu.
Oui, c’est au nom des âmes ‘* leurs enfants que la famille et l'Eglise continueront à défendre les droits qu'ils tiennent du Ciel, et elles triompheront, nous osons le prédire, car l'astuce, la violence et la haine ne sauraient prévaloir contre le droit qui est immuable et éternel.
Dans cette lutte ardente, à laquelle;nous aurons à participer un jour, notre place est assignée d'avance : nous serons au premier rang des défenseurs de l'Eglise ; c’est en l'auguste présence du Représentant de Léon XIII que nous prenons cet engagement d'honneur. L'Etat oppresseur des consciences, l'Etat neutre, foulant aux pieds les droits de la famille et de l'Eglise, trouvera en nous des adversaires convaincus et irréconciliables, car, comme . nous avons eu l’honneur de le dire en commençant : à l'erreur totale, ii faut opposer la vérité totale.