PANTRUCHE
NUTTS DE PANTRUCHE
A l’heure où le Guerluchon
Qui Guerluche.
Intérim
A côté de sa Guenon
Qui gueunuche Chez Maxim
Boit ou joue, ou bâille, ou truche, Aux carrefours de Pantruche, Qui, dans son sommeil de ruche, Ronfle, sourd comme une bûche, Le pauvre bourgeois traqueur D’un œil interrogateur Fouille dans l’ombre par peur Qu’un Apache ne l’épluche.
NUITS DE PANTRUCHE
Minuit, propice à la pègre, Sous le crêpe d’un ciel nègre, La Môme, d’un pas allègre, Piste le comptable intègre.
Intègre !... Entendons-nous bien :
Gomme il ne possède rien,
Sitôt que le rut le tient,
L’argent du patron est sien...
Du patron véreux, qui plume L’actionnaire, qu’allume Le prospectus de coutume.
Ainsi, par le Vice aidé.
Du bon gogo, trucidé,
Le bas de laine est vidé !
NUITS DE PANTRUCHE
Médecine Légale
Or, on avait trouvé, non loin du Parc Monceaux, Paquet nauséabond, au pied d’un candélabre,
Un cadavre inconnu, méli-mélo macabre Découpé proprement, en plus de vingt morceaux.
Si ça fit du potin’... Tout Paris fut en l’air Préfecture, Parquet, Garde municipale, Journaliste, concierge — avides de scandale ; En ce seul matin-là, six fois tira l’Eclair.
Le médecin légiste apparut, impavide,
Tripota ce hachis sale, exangue et livide.
Sa science allait dire enfin comment le mort
Se trouve en cet état. Son oracle décide De ce qui s’en suivra. Solennel son Rapport Fut bâclé prestement. Il conclut au suicide.
NUITS DE PANTRUCHE
Vicieuse
La fillette a douze ans, fervente de l’alcool Pour temple elle a le bar, l’argot pour catéchisme. Pour les blêmes voyous, pleine de fétichisme,
Elle avive ses yeux déjà flambants de Kohl.
Gosier d’enfer, de punch elle boirait un bol Sans souffler, d’un trait, comme un simple gargarisme Pubère dès longtemps, canaille avec cynisme Allant en souriant du lupanar au vol.
Méprisant l’atelier et les travaux diurnes,
Il lui faut le piment des attaques nocturnes, Des surins, frappant dur, le sinistre déclic;
Et puis, pour occuper les heures taciturnes Par le cambriolage elle meuble les turnes Où l’attend son amant dit « la Terreur du Flic ».
NUITS de PANTRUCHE
V Agonisant
Doux l:eurcs du matin-
Dans le haut de la rue de Charonne — vers le Père Lachaise — un corps est affalé sur le trottoir, bras en croix , jambes écartées. Un filet de sang, lavé par l'averse, gigle encore d'une blessure que la victime a reçue mais que Von ne peut voir : un couteau planté entre les deux épaules.
Plus de voix, le bonhomme , désastreusement aphone ; il va entrer en agonie. Plus de voix , un râle. La cervelle, cependant est lucide. A défaut de conscience , pas de remords, une souvenance ,
Je pho no graphie :
l’agonisant
Bit !... Qu’il fait froid, humide et noir Sur ce nom de Dieu de trottoir.
Vais-je y tourner de l'œil... Bonsoir ?
Sûr, le frangin qui m'a salé, M’a pris pour un gonze calé ; Son coup fait, il s’est cavalé ;
Cavalé en prenant la sente Qui mène droit à la « Descente Des Zigs , » boire l’argent du pante.
De Pant* c’est moi ! mine!... ma fortune Dans ma profonde un’ pauvre thune Barboltée au clair de la lune.