A UN POETE NAPOLITAIN
Si loin de ton soleil et de la mer qui t'aime, De tes palais de marbre et de tes jardins verts, Que viens-tu faire, ami, sjus ce ciel trisle et blême, Qui jusqu'en plein avril prolonge ses hivers?
Tu croyais que Paris, te donnant le baptême. Avec sa grande voix répéterait tes vers, Et ferait à ton nom l'auréole suprême Qui frappe de si haut les yeux de l'univers.
Hélas! ne compta; pas sur pareille fortune :
Paris reçut le Tasse en obscur étranger.
Pour tes rimes, d'ailleurs, dût-il se déranger, .
Dùl-il t' apercevoir dans la foule commune. Son laurier ne vaut pas une fleur d'oranger. Pas plus que son soleil, dit-on, ne vaut ta lune'!