‹ Sonnets capricieuxChapitre 124 sur 259 · LE PASSE-PORT · texte numérisé non relu

LE PASSE-PORT

La chose se passait vers l'an trois, en brumaire, A Marseille. — Un garçon, déjà mûr pour l'hymen, Venait solliciter, son bonnet à la main. Un bout de passe-port chez le citoyen maire.

Il est interrogé d'une façon sommaire : Où va-t-il, et pourquoi se met-il en chemin? « A Brignoles, dit-il ; c'est là que vit ma mère, Et je vais de ce pas m'y marier demain. »

Le maire n'était pas riche en littérature.

« Brignoles! pensait-il, c'est roide à l'écriture!

Brigo, Brijo, Brino... cela vient toujours mal. »

Enfin, trouvant le mot d'accès trop difficile. Il releva la têlc et lui dit : « Imbécile! Pourquoi ne vas-tu pas te marier au Val? »

HISTOIUKS l.T COMUS. 107

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