‹ Sonnets capricieuxChapitre 145 sur 259 · A UNE ABSENTE · texte numérisé non relu

A UNE ABSENTE

Tandis que vous errez de Florence à Venise, Savez-vous où je suis, madame, ce matin? Je suis chez vous : j'ai fait cette belle entreprise De revoir vos coteaux de lavande et de thym.

Le soleil brille. Usant de la faveur permise, J'ai franchi le portail, malgré son air hautain. J'habite le salon, et j'écoute la brise Qui réveille en mon cœur plus d'un écho lointain.

Chaque chose est encore où vous l'avez laissée. Un livre est devant moi, dont la page est plissée Au chapitre où vos yeux s'arrêtèrent un soir.

Tout s'ennuie à plaisir dans ce lieu qui vous aime; Et je vois sur le mur votre portrait lui-même Qui me semble fâché de ne plus vous revoir !

promenadilS et voyages. l'J.

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