L'YEUSE
Je ne repusse pas aux confins de ma terre, Sans aimer à te voir sur le bord du chemin, Sombre yeuse ! grand arbre auguste et solitaire, Digne d'être planté sur l'iiorizon romain.
Quelquefois un berger, sa houlette à la main, Garde son troupeau noir sous ton feuillage austère. On s'arrêterait là, rêvant jusqu'à demain De co tableau paisible et voilé de mystère.
Je songe à mon Virgile, aini des chênes verts ; Je jette au vent du soir quelques-uns de ses vers, Je les grave au couteau sur ton écorce antique ;
Et je me dis enfin que l'endroit serait beau Pour y dresser l'autel de la Muse rustique : Trois pierres dont, plus tard, on ferait mon tombeau!