‹ Sonnets capricieuxChapitre 160 sur 259 · LOMBARDIE · texte numérisé non relu

LOMBARDIE

La plaine est magnifique et l'horizon recule. Il est doux de la voir par le meilleur des mois, Le soir d'un jour de mai, lorsque le crépuscule Charge d'un feston d'or chaque rameau des bois.

Partout l'herbe fleurit et partout l'eau circule. C'est divin. Ce serait le paradis, je crois. Si, d'étape en étape, un sombre monticule Ne dominait la plaine avec sa triste croix.

Le soir d'une bataille, après un travail rude. C'est là que l'on vous mit, c'est là qu'on vous jeta, Morts de Solférino, Français de Magenta !

Puis le sol fourmilla, plus vert que d'habitude; Mais, des vastes moissons que la terre porta. Pas une n'a poussé mieux que l'ingratitude!

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