‹ Sonnets capricieuxChapitre 161 sur 259 · VENISE · texte numérisé non relu

VENISE

On arrive, on descend dans la gondole agile. Elle part, et l'on va, d'un glissement léger, Sur l'eau de ce canal qui traverse la ville, Et dans un rêve étrange on sent l'esquif nager.

Le ciel est d'un bleu clair, l'onde rose et tranquille ; On n'ose plus parler, on n'ose plus bouger. Et l'on voit seulement les palais à la file Qui semblent de la rive en silence émerger.

J'ai senti ce bonheur, j'ai connu cette extase! J'ai vu tous ces palais dont l'eau mouille la base. Ces portiques de marbre aux airs mystérieux!

J'ai vu le vieux lion, le pont noirci, le dôme, Et devant ce passé qui flotte sous les cieux. Moi-même, je croyais n'être plus qu'un fantôme!

210 SONXLTS CAPRICIKCX.

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