LA DOUBLE ENCHERE
C'est un coin de forêt, une verte lisière Qu'illumine au couchant le chaud rayon du soir : Trois chênes, deux bouleaux, caressés de lumière, Et qu'une onde reflète en son étroit miroir.
Le site est un de ceux qu'on ne remarque guère. Allez en Normandie et vous pourrez le voir. Un peintre, cependant, le prit à sa manière; Il en fit un tableau que le temps pousse au noir.
A grand bruit, l'autre jour, on avait mis en vente
La forêt copiée et la forêt vivante.
Entre mille amateurs deux se sont présentés.
Le premier a donné, pour la vieille peinture, Quatre-vingt mille francs en billets bien comptés. Et l'autre cent écus pour le site en nature!
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