DANS LE CIMETIÈRE DE MON VILLAGE
ou REPOSE MARIE AMIC L'IIOMAKA
L'enclos est solitaire et la pierre est brunie. A côté du village aux petites maisons, Le vent dans les cyprès jette son harmonie Sur les morts inconnus couchés sous les gazons.
Là repose pourtant, fille de l'Hellénie, Une aïeule, qui vit les larges horizons, Et qui devait transmettre un éclair du génie A l'un de ces enfants qui n'ont pas de blasons.
0 Grèce ! ô vieux foyer des lumières lointaines, Berceau de Périclès, berceau de Démosthènes, Tout se relie à loi par un secret lien ;
Et c'est à ce tombeau, caché sur ma colline, Que ma pensée en deuil rattache l'origine De notre plus grand citoyen !
:jis sonni;ts (:ai>ricii:ux.
DEUNIER BOUQUET
Chaque fois que j'allais, à la saison nouvelle, Dans le jardin des morts m'égarer lentement. Je voyais sur sa tombe, humble et doux monument, Une gerbe de fleurs qui reposait sur elle.
« C'est bien, pensais-je alors, il est toujours fidèle; 11 entretient encor son souvenir d'amant. Dans ce bouquet de fleurs où la douleur se mêle. Je vois de son amour comme un nouveau serment, »
Un jour vint cependant où la tombe déserte N'avait plus sur sa dalle aucune offrande verte ; Ue marbre au clair soleil s'étalait triste et nu;
Et, cueillant à l'entour une rose pâlie :
« Tiens, lui dis-je en rêvant, s'il est vrai qu'il t'oublie.
Reçois au moins ce don d'un passant inconnu ! »
CYPr.ts iCT scABii;usi:s. 310