‹ Sonnets capricieuxChapitre 246 sur 259 · NOIR SUR BLANC · texte numérisé non relu

NOIR SUR BLANC

La chambre est pleine d'ombre, et le mourant sommeille. Venus au point du jour et revenus le soir, Les médecins n'ont pas entretenu l'espoir. Et, seule auprès du lit, la jeune épouse veille.

Au muet abandon déjà toute pareille, Elle songe à demain, jour cruel à prévoir. Elle entend comme un bruit de glas à son oreille. Et de ses yeux noyés sent les larmes pleuvoir.

D'avance elle aperçoit, dans je ne sais quel rêve, Les prêtres, les flambeaux, le cercueil qu'on enlève, Chacun de ces tableaux où s'accroît la douleur.

Elle se voit enfin toute en deuil, toute noire. (i Oh! ce noir, pensc-t-elle, odieuse couleur... Mais qui va pourtant bien sur une peau d'ivoire! »

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