LE FROID ET LE CHALD
On rencontre des gens à mine renfrognée Qui consultent toujours le vent et l'horizon. Et, si clément que soit le moment de l'année, Ne se montrent jamais contents de la saison.
C'est une engeance triste, à souffrir condamnée. A tout événement, toi, soumets ta raison; Et, pour garder ton âme à jamais résignée, Demande le remède à la comparaison.
As-tu chaud? souffres-tu de l'été qui te pèse? Songe à ces malheureux qui sont dans la fournaise, Inclinés sur le fer que le marteau pétrit.
As-tu froid ? songe à ceux qui, traqués par décembre. Sous la neige des toits sont sans feu dans leur chambre, Et, pour se réchauffer, traduisent du sanscrit!